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Standing Rock: POUR SAUVER L’EAU, NOUS DEVONS BRISER LE CYCLE DU TRAUMATISME COLONIAL

Le 12/02/2017

http://www.chrisp.lautre.net/wpblog/ Christine Prat

aussi sur http://www.ujfp.org/spip.php?article5400

 

http://www.chrisp.lautre.net/wpblog/?p=3949

 

Standing Rock: POUR SAUVER L’EAU, NOUS DEVONS BRISER LE CYCLE DU TRAUMATISME COLONIAL

On February 7, 2017, in Droits sur l'eau, Lakotas, Standing Rock, Résistance, by Chris P

Photo Red Hawk

 

Par Ladonna Brave Bull Allard
Sur le site de Sacred Stone Camp

(http://sacredstonecamp.org/blog/2017/2/4/to-save-the-water-we-must-break-the-cycle-of-colonial-trauma)


Egalement publié sur Censored News
(http://bsnorrell.blogspot.fr/2017/02/to-save-water-we-must-break-cycle-of.html)


 

4 février 2017
Traduction Christine Prat

 

La police est venue au Camp Last Child en plein jour, avec des blindés et des fusils dégainés, pour arracher les gens à notre terre. Beaucoup de protecteurs de l’eau étaient en train d’effectuer des marches de prières et des cérémonies. Nous regardions du haut de la colline le Camp Oceti Oyate alors que les troupes marchaient sur eux. Nous avons envoyé nos prières à ces innocents et aux braves guerriers venus pour résister avec les gens de Standing Rock, et protéger les eaux sacrées d’Unci Maka (Notre Mère la Terre).

Puis ils sont venus à notre Camp de Sacred Stone, le camp spirituel d’origine, que nous avions construit pour y offrir nos prières et protéger notre eau de l’oléoduc Dakota Access. Mais cette fois-ci, ils étaient accompagnés par le Conseil Tribal Sioux de Standing Rock. Ils n’avaient pas de mandat, mais ils ont forcé l’entrée de mon terrain privé, le terrain de ma famille, où j’ai grandi sur les rives de la Rivière Cannonball. C’était les membres de notre propre Conseil, avec le Service des Poissons et de la Vie Sauvage de Standing Rock, le Bureau des Affaires Indiennes (BIA), le Bureau de l’Alcool, du Tabac, des Armes à feu et des Explosifs (ATF), et le Corps de l’Armée des Etats-Unis, tous venus pour me chasser de ma terre natale.

Le monde veut soutenir Standing Rock, mais Standing Rock se dresse contre nous. Le Président Dave Archambault a jeté nos gens aux chiens quand il a dit que les actions des camps « …ne représentent ni la tribu, ni les intentions initiales des protecteurs de l’eau. » Il oublie que nous, au Camp de Sacred Camp, avons été les premiers à résister pour l’eau, et que nous sommes avec tous les camps qui ont rejoint notre lutte.

Ce mouvement a été initié par les gens, et conduit par nos jeunes. La décision de la Tribu Sioux de Standing Rock de négocier avec l’état et de disqualifier les gens venus combattre pour notre eau, est ce qui pourrait finalement mener à notre chute. Nous avons eu des milliers de gens, prêts à résister ensemble devant ces machines. Les Nations Autochtones de Turtle Island n’avaient jamais été aussi unies auparavant. Mais maintenant que la division s’accroît, c’est très difficile de voir comment avancer.

Je n’ai pas pu dormir la nuit dernière, je suis restée assise et fait du tabac. Ça a quelque chose de calmant de travailler avec du saule rouge, assise en pensant aux temps passés avec ma Grand-mère, à laquelle je pense beaucoup. C’est l’hiver ; c’est supposé être le temps de raconter des histoires et de transmettre notre histoire aux jeunes.

C’était à cette époque de l’année, il y a un siècle et demi, que les ‘Longs Couteaux’ des forts militaires et les agents [des affaires] Indiennes ont dit aux gens qu’ils devaient partir pour les réserves ou mourir (Loi du 28 février 1877, connue comme Vendre ou Mourir de Faim).

Historiquement, la résistance de notre peuple a été réprimée par des batailles sanglantes et des massacres – aussi de la main de collaborateurs Indiens. Nos parents ne voyaient pas qui était l’ennemi, parce que c’était leurs propres parents qui se retournaient contre eux, permettant le même genre de mensonges par le même genre de médias dominants.

Nos dirigeants traditionnels ont été mis de côté de force, par la Loi de Réorganisation Indienne de 1936, par laquelle les autorités fédérales ont imposé la création de conseils tribaux dans les réserves. C’est un système de gouvernement colonial, qui n’a aucune base dans la culture ou les enseignements Lakota/Dakota/Nakota. C’est la même tactique que celle qu’ils ont utilisé avec les agents Indiens et les trahisons de ceux qui traînaient autour du Fort [the Hangs Around the Fort]. Ils fabriquent un dirigeant qui leur permettra de nous prendre tout ce qu’ils veulent. La soif de pouvoir peut diviser un peuple.

Comme chacun sait, il y a beaucoup de dirigeants dans ce mouvement, et pourtant il n’y en a aucun. C’est un mouvement populaire ; c’est un mouvement pour l’eau, ni possédé ni contrôlé par qui que ce soit.

Comme Red Cloud et Spotted Tail, et autres Lakota « des services » qui ont livré si vite nos terres et nos modes de vie pendant que des milliers de gens se défendaient avec Sitting Bull et Crazy Horse, aujourd’hui, notre conseil tribal n’a pas bien compris ce qui est vraiment en jeu.

Photo Red Hawk

 

Ce mouvement ne concerne pas seulement un oléoduc. Nous combattons pour un changement de direction, ou pour une meilleure procédure dans les tribunaux de l’homme Blanc. Nous nous battons pour nos droits en tant qu’Autochtones de ce pays ; nous nous battons pour notre libération et la libération d’Unci Maka, Notre Mère la Terre. Nous voulons que tous les oléoducs et gazoducs jusqu’au dernier soient retirés de son corps. Nous voulons la guérison. Nous voulons de l’eau saine. Nous voulons déterminer notre propre futur.

Chacun de nous combat pour nos petits-enfants et leurs petits-enfants, et pour nos parents qui ne peuvent ni parler ni se défendre. Imaginez que nous ayons résisté tous ensemble le 27 octobre, le jour où ils nous ont repoussés du Camp du Traité que nous avions construit en travers du trajet du Serpent Noir – notre position la plus forte au cours de toute cette lutte. Si nos gens n’avaient pas négocié la renonciation à notre pouvoir ? Si nos gens n’avaient pas ouvert les routes et ne s’étaient pas retournés pour marcher contre nous les bras tendus, alignés sur la police anti-émeute et les blindés ? Pourquoi adopter des résolutions appelant les agents fédéraux à attaquer notre peuple et supprimer les camps tandis que la foreuse creuse sous notre eau sacrée ? Quelle puissance aurions-nous si nous décidions de tenir sur notre territoire des traités où nous avons déposé des milliers de prières ?

Nos ancêtres n’ont pas abandonné Pȟežísla Wakpá (la Rivière Little Bighorn), lorsque nous avons uni pour la dernière fois Oceti Sakowin pour défendre notre terre du Septième de Cavalerie ; nous non plus, ne devons pas abandonner Mni Sose (le Fleuve Missouri). Nous ne devons pas vendre le sang, la terre et l’eau de notre peuple pour maintenir le disfonctionnement sous lequel nous vivons maintenant. Nous n’avons pas le choix, nous devons briser le cycle du traumatisme afin que nos générations futures puissent avoir une meilleure vie. Je crois que ça commence par l’eau et finit par l’eau. L’eau c’est la vie. Serez-vous avec nous ?

 

 

 

Front Anti-CFA : Onde de désobéissance monétaire et financière

Le 12/02/2017

http://frantzfanonfoundation-fondationfrantzfanon.com/article2377.html
 

Front Anti-CFA : Onde de désobéissance monétaire et financière
mercredi 8 février 2017

La Fondation Frantz Fanon soutient le Front Anti CFA dans une perspective décoloniale. L’adossement de la monnaie CFA à l’euro et sa gestion imposée par l’ancienne puissance coloniale, qu’est la France, obère le processus de souveraineté des 14 pays encore maintenus sous cette servitude. Cela remet en cause l’un des principes fondateurs de la Charte des Nations unies, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il est temps que la colonialité du pouvoir qui s’exprime ainsi cesse, de façon à ce que ces pays deviennent pleinement indépendants et les peuples libérés de ce poids inique.

Samedi 11 février 2017, 15h, 34 Avenue Vieux Chemin de St-Denis 92390 Villeneuve-La-Garenne (À 5 minutes à pieds du Centre commercial Qwartz)
Sous l’impulsion du Front Anti-CFA en Afrique aura lieu le 11 février prochain une série d’activités coordonnées dans 25 pays et 3 continents pour dénoncer le colonialisme financier et monétaire et avancer des alternatives. Vers un front intercontinental pour un nouveau système financier et monétaire

http://observatorio-riqueza.org/communique-de-presse-front-anti-cfa-mobilisation-30-villes-monde-11-fevrier/?lang=fr

Le monde est en pleine convulsion et ne cesse d’exhiber presque tous les maillons de son archaïque architecture politique et économique. L’économie n’y échappe pas et le séisme financier de 2007-2008 nous a révélé à quel point la logique néolibérale continue profondément à hégémoniser les agendas politiques et à évacuer ses contradictions sous forme de projets réactionnaires, néocoloniaux et excluants. Les chiffres portant sur les inégalités mondiales1 fournis par le dernier rapport d’OXFAM reflètent en grande partie cette réalité.

Pourtant, la transition vers un monde multipolaire et les contradictions du capitalisme elles-mêmes provoquent un retour du politique dans le domaine du système financier et monétaire. Ces systèmes ont suivi un encastrement continu dans la mondialisation à partir de l’ordre économique scellé à Bretton Woods en 1945 et au cours des quarante dernières années de globalisation néolibérale. Une vague de désobéissance citoyenne, depuis les bases sociales, mais aussi au niveau national et régional se développe et promeut une re-signification des systèmes monétaires en les réorientant vers de nouveaux horizons sociaux et géostratégiques.

Un exemple inspirant de ce mouvement voit le jour depuis fin 2016 dans un ensemble de pays de la zone centrale et occidentale de l’Afrique, zone dans laquelle régit une sorte de système monétaire « fossilisé » depuis l’époque coloniale. Différents groupes d’activistes et secteurs de la diaspora africaine ont décidé de reprendre le débat autour de la « Coopération Financière en Afrique » actuellement configurée par trois blocs économiques2. Quinze pays ont intégré cette architecture monétaire à partir de 1945, avec la promesse de parvenir à une stabilité monétaire et une transition accélérée vers le développement économique. Deux mécanismes, bien connus sous d’autres latitudes, sont à la base de ce colonialisme économique : l’endettement – en lien avec main mise sur les budgets nationaux par le FMI et la Banque mondiale, et la « servitude » monétaire, toutes deux légitimées par un subtil dispositif d’influence communicationnelle et institutionnelle, dispositif que l’économiste africain Nicolas Agbohou3 n’hésite pas à comparer à un « nazisme » monétaire.

Les faits montrent que le mécanisme de contrôle qui a été mis en œuvre dans cette zone de coopération financière au cours des 70 dernières années est semblable à celui que le régime nazi a imposé au cours de la 2e guerre mondiale dans les pays européens occupés. En quoi cela se traduit-il aujourd’hui dans ces blocs économiques en Afrique ? En substance, il s’agit d’une architecture de contrôle technique, institutionnel et juridique, qui lie d’un côté l’émission monétaire effectuée en dehors de la juridiction des pays africains sous la manne de la diplomatie française ; et de l’autre, la maîtrise des flux monétaires sur la base de quatre mécanismes : la parité fixe entre l’euro et le franc CFA (qui agit comme levier d’austérité et dévaluation programmée) ; la centralisation des changes et les comptes d’opération placés sous tutelle du Trésor français (permettant de capter les devises africaines) ; la libre convertibilité du Franc CFA en euro (pour neutraliser la capacité d’émission monétaire sans qu’il y ait de convertibilité interne du franc CFA entre les trois blocs économiques africains) ; et enfin la libre transférabilité des capitaux africains en Europe (qui en définitive normalise la fugue de capitaux sur le plan institutionnel).

Sans aller dans les détails de cette ingénierie, les résultats sont éloquents et contrastent de toute évidence avec les questions de fond auxquelles sont confrontés les peuples d’Afrique subsaharienne : à savoir sortir de la marginalité économique et intégrer le monde multipolaire avec un projet africain et donner un avenir à un continent dont la population double tous les 25 ans et qui se compose à 70% de jeunes de moins de 35 ans. Beaucoup de ces quinze pays figurent aujourd’hui en bas de l’échelle de l’indice mondial de développement humain et sont pris dans la toile d’une spirale d’appauvrissement, ou plus exactement d’une spirale sophistiquée d’extraction de richesse et de subventions aux économies des pays développés. Rappelons que dans les années 60, le PIB par habitant de ces pays était au même niveau que celui de la Corée du Sud, du Cambodge ou du Vietnam. On estime que 50 milliards de dollars sont extraits de l’Afrique chaque année (l’équivalent de 3% du PIB du Mali, 1% du Sénégal, 6% de la Côte-d’Ivoire)4, dépassant le volume de l’aide publique au développement fournie par les pays industriels.

Par ailleurs, les économies de l’Afrique subsaharienne sont fortement « primarisées » et balkanisées, prisonnières du dogme orthodoxe préconisant le contrôle de l’inflation, peu aptes à consolider des relations commerciales intra-régionales (15% des transactions économiques se font régionalement) et à donner une plus grande cohérence au projet naissant de bloc continental esquissé par l’Union Africaine. En fin de compte, comme le rappelle les activistes de ce mouvement citoyen africain, le troc d’une souveraineté politique pour une soumission économique au moment des indépendances a fini par saboter la base même de la souveraineté nationale. Le cycle actuel de la déflation mondiale et de la dévalorisation des matières premières ouvre d’ailleurs de nouvelles brèches dans ce schéma économique.

Comment cette servitude monétaire ait-elle pu perdurer au cours du temps alors que d’autres pays africains ont su emprunter d’autres voies ? La stabilité monétaire établie sur l’euro a été un facteur important. Le poids de la realpolitik postcoloniale et du pacte d’allégeance en échange de protection diplomatique est également une variable significative. Mais rappelons que bien que plusieurs pays soient temporairement sortis de l’union monétaire – comme le Mali, le Togo, la Guinée Conakry et la Mauritanie (cette dernière l’ayant quitté définitivement), les dirigeants africains qui se sont rebellés contre l’ordre colonial ont été renversés par la force militaire ou des pressions de tout ordre. Les derniers exemples en date sont ceux de l’ancien président Mouammar Kadhafi en Libye, promoteur d’une monnaie et d’un projet panafricain, et Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, moteur d’une nationalisation du système financier dans un pays qui participe à hauteur de 40% de la masse monétaire du bloc sous-régional.

Mais il faut aussi reprendre l’analyse des économistes Nicolas Agbohou et Bernard Lietaer lorsqu’ils soulignent que les systèmes monétaires avaient été conçus le siècle dernier dans la claire conscience de constituer un facteur d’homogénéisation et de création de monopoles au service du pouvoir central, conscience qui aujourd’hui semble avoir été fortement diluée au cours du temps pour différents acteurs sociaux et pour la citoyenneté en général. La monnaie est bel et bien un « fait social total », relationnel, économique, politique, spirituel, comme le suggère l’anthropologue Marcel Mauss. Pourtant, elle est construite aujourd’hui comme un « objet institutionnel non identifié » dans les sociétés africaines, c’est dire comme un élément abstrait, privatisé et autoréférentiel, très éloigné de la sphère civique et politique.

Cette question n’est pas vraiment nouvelle dans la vie politique africaine. Depuis la conférence de Bandung avec les pays non-alignés jusqu’aux processus d’indépendance et de libération nationale, la souveraineté monétaire a toujours été mise à l’ordre du jour et s’est heurtée aux rapports de force du moment. Mais la jeunesse africaine, mobile et transnationale, apparaît aujourd’hui porteuse d’un nouvel imaginaire. Beaucoup de jeunes Africains formés en Europe ou en Asie, de la même façon que les protagonistes du printemps arabe en 2011, ont appris à relativiser les dogmes, à ne pas se conformer de la fatalité des jeux géopolitiques et tentent d’explorer les failles d’un système confiscateur de futur et de richesse.

Ce panorama africain nous offre une matrice féconde pour comprendre les réalités d’autres zones centrales ou périphériques de l’économie mondiale. Dans le cas de l’Amérique latine, un profond phénomène d’exclusion monétaire, d’instabilité financière et d’abus de position dominante du dollar sur les monnaies nationales est en vigueur, phénomène qui paradoxalement n’a pas pénétré plus profondément dans l’agenda des projets politiques progressistes de la dernière décennie, en dépit des multiples crises qui ont secoué la région dans les années 1990 et 2000.

Les pays latino-américains disposent dans leur majorité d’un droit constitutionnel à l’émission monétaire à travers leurs banques centrales et l’approbation par les Parlements des décisions budgétaires. Les blocs d’intégration politique et économique comme le MERCOSUR se sont consolidés et avec eux les échanges intra-régionaux. Mais le nœud du problème se pose en termes de dépendance à l’égard du dollar comme monnaie étrangère pour les transactions et l’accès au marché mondial (en l’absence d’une alternative monétaire régionale), et de perméabilité des structures financières vis-à-vis des monopoles productifs, commerciaux et communicationnels.

Concrètement, ces monopoles ont le pouvoir de définir et légitimer les prix de l’économie dans les principaux secteurs économiques, de convertir leurs bénéfices en devises étrangères et de les fuguer à l’étranger dans un réseau de 52 paradis fiscaux. Ils peuvent mettre en œuvre tout cela avec la complicité ou la résistance de l’Etat, en fonction de la nature des forces politiques, de certaines nuances formelles et du niveau de politisation de la question financière. Mais en fin de compte, une trame systémique d’extraction économique et d’érosion de justice sociale opère sur le plan factuel et formel, sur un mode similaire à celui que nous avons vu dans le cas africain.

Historiquement, les économies latino-américaines ont connu des cycles de crise bancaire qui ont affaibli les devises nationales et ont engendré une concentration en monnaie étrangère, avec un net impact sur la dé-bancarisation, la perte d’épargne nationale, la difficulté d’accès au crédit et la spéculation financière. Ces écueils ont amené à consolider les monopoles économiques. Là aussi, le volume de fugue des capitaux au niveau régional défie les limites de l’imaginaire : près de 430 000 millions de dollars quittent chaque année le continent5. A titre de comparaison, durant l’année 2015 environ 158 000 millions de dollars entraient en investissement étranger. Ramené à une période de 40 ans en Argentine, champion régional de ce bi-monétarisme néocolonial, il s’agit d’une somme équivalente à 900 milliards de dollars qui a quitté le territoire national (réduisant d’un facteur 12 le montant des recettes fiscales de l’Etat6).

Alors que les gouvernements populaires étaient parvenus à confronter dans une certaine mesure les monopoles financiers et économiques après la rupture de l’Accord de libre-échange des Amériques (ALCA) en 2005, l’extraction systémique de capitaux a continué à opérer comme un profond facteur profond d’érosion de l’Etat et du dynamisme économique. Quand la « prospérité des commodities » a décru avec la chute du cour des matières premières, les pouvoirs économiques concentrés ont relancé un plan de déstabilisation des trois pays de l’axe Caracas-Brasilia-Buenos Aires et tentent à présent de réinstaller de vieux schémas néolibéraux. Dans la pratique, les monnaies régionales ont été dévaluées de plus de 30% en moyenne en 2014 et maintiennent un rythme soutenu de dépréciation par rapport au dollar. De grandes masses d’endettement extérieur ont été souscrits et l’appel aux investissements étrangers reconfigurent un contexte de dépendance économique.

C’est dans ce sens que l’onde de monnaies locales et complémentaires émergentes dans différentes régions et amplifiées par la crise financière de 2007-2008, devient un mouvement significatif pour contester l’ordre unimonétaire dominant. Des milliers de monnaies locales et de systèmes d’échange prospèrent actuellement en Europe et dans le monde, occultées par les médias hégémoniques et s’opposant à l’unitarisme monétaire en vigueur dans les cadres nationaux. Une récente étude publiée dans la revue Alternatives Economiques portant sur environ 40 expériences de monnaies locales en Europe nous montre comment se redéfinissent ici et maintenant les imaginaires assignés à la monnaie. Cette étude montre que celles-ci s’orientent vers la reconstruction et la réparation territoriale (78% des expériences), la consolidation des liens sociaux (61%), la consommation responsable et la transition productive (51%), la démocratisation de la monnaie (49 %) et la stabilisation de la finance (49%).

Les communautés d’échange qui sont créées autour de ces monnaies sont relativement délimitées, localisées et parfois fragiles dans leur capacité à conduire dans le temps un projet monétaire. Bien que les volumes économiques en circulation soient à des années lumières de ceux brassés dans la finance internationale, le saut qualitatif qu’elles proposent est fondamental. Elles confrontent les monopoles de l’imaginaire, du sens commun et les fonctions classiques de la monnaie. L’un de leurs défis est clairement de renforcer la capacité de mobilisation populaire et de construire des articulations institutionnelles (notamment de payer des impôts ou des services dans la monnaie locale). Ce mouvement micro-monétaire n’a pas de leadership centralisé, mais il possède déjà des formes flexibles d’interconnexion (théoriques, sociales, territoriales).

D’autres mouvements liés à cette désobéissance citoyenne prennent forme avec des initiatives d’occupation des banques (Occupy Wall Street ou les « Faucheurs de chaises »), dans le boycott de certains groupes financiers impliqués dans des scandales fiscaux ou dans l’économie noire des énergies fossiles, ainsi qu’à travers la filtration des secrets financiers (LuxLeaks, Swissleaks, Panama Papers) et la résistance aux accords de libre-échange. Ces initiatives sont nécessairement voués à se développer dans l’avenir. Ce que nous observons à la lumière des luttes des mouvement pour une autre économie qui se sont développés au cours des 30 dernières années, est que la somme d’une multitude d’expériences alternatives est loin de produire un changement systémique. Dans la transition géo-économique actuelle, où la dé-dollarisation de l’économie mondiale constitue l’un des épiphénomènes de cette transition, les réseaux civils et les mouvements sociaux sont appelés à promouvoir un nouvel horizon de débat sur la production et la circulation des richesses.

La situation actuelle est celle d’une capture du système financier par les groupes concentrés et les puissances coloniales qui organisent tant légalement qu’illégalement le transfert de volumes faramineux d’une richesse mondiale qui n’a jamais cessé de s’accroître au fil des années. Ce système opère en particulier sur la population du Sud global où se distribue environ 80% des ressources naturelles de la planète et sur la classe moyenne transnationale plongée depuis plusieurs décennies dans un cycle de récession. Rappelons à ce titre que 42 millions de personnes sont sorties de la classe moyenne dans les pays industrialisés depuis la fin de la Guerre Froide et qu’en 30 ans, la part des salaires dans le PIB de tous les pays occidentaux s’est réduite en moyenne de 10%. Outre l’accumulation de niveaux sans précédent de concentration de la richesse, le colonialisme financier fait en sorte que les peuples supportent 98% de la charge totale des impôts alors que le capital n’y contribue qu’à hauteur de 2%.

Toutes les sociétés sont physiquement dotées de plus en plus de richesse et simultanément appauvries par un système monétaire fondé sur le dollar et géré par 8 banques étrangères et 200 sociétés transnationales. Comme l’a à nouveau affirmé avec audace le Pape Francisco et la diaspora africaine dans sa désobéissance monétaire contre le Franc CFA, la monnaie est un instrument central de souveraineté et de justice sociale. Il est temps de remettre à l’ordre du jour la construction d’un nouvel ordre monétaire et financier mondial, en mettant au centre le débat sur les principaux outils de répartition des richesses : les budgets nationaux, les impôts et l’émission monétaire.

Auteurs : François Soulard – Forum mondial démocratique ; Guillermo Robledo, Eduardo Murua, Clelia Isasmendi – Observatoire de la Richesse Pedro Arrupe.

(1) Rapport Une économie des 99% https://www.oxfam.org/es/infor mes/una-economia-para-el-99 , janvier 2017.
(2) L’Union Economique et Monétaire d’Afrique de l’Ouest (UEMOA), la Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC) et l’Union des Comores (UC).
(3) Le Franc CFA et l’Euro contre l’Afrique, Nicolas Agbohou. Editions Solidarité mondiale, 1999.
(4 ) Selon le rapport Thabo Mbeki, présenté et adopté lors du 24e sommet de l’Union africaine les 30 et31 janvier 2015 à Addis-Abeba, l’Afrique a perdu au cours des cinquante dernières années, plus d’un milliard de dollars à travers les flux financiers illicites. http://www.francophonie.org/IM G/pdf/fluxfinanciersillicites_ rapport_francais.pdf
(5) Le montant de l’évasion fiscale s’élève à 350 000 millions de dollars par an selon les études de la Commission Économique de l’Amérique Latine (CEPAL), auxquels s’ajoute 180 000 millions de dollars de transfert pour les balances de paiement par voie légale.
(6) Selon le calcul de la Commission économique pour l’Amérique latine – CEPAL.

Blog de la liste Discriminations (groupe Démocratie réelle)

Pad :
https://pad.attac.org/p/democr atie-reelle

 

La Forêt de Yablokov

Le 11/01/2017

 

https://blogs.mediapart.fr/yves-lenoir/blog/110117/alexey-yablokov-pionnier-russe-de-la-protection-de-lenvironnement-nest-plus-1

Alexey Yablokov, pionnier russe de la protection de l'environnement, n'est plus.


 

L'académicien russe Alexey V. Yablokov est décédé le 10 janvier 2017, à l'âge de 83 ans, au terme d'une longue et douloureuse maladie. A. Yablokov impressionnait : bienveillance, rigueur morale, intransigeance intellectuelle, patriotisme, engagement pour le bien commun et infatigable activité au service de la défense des conditions de la vie sur Terre.

 

Charles Digges, au nom de la célèbre organisation écologiste russo-norvégienne Bellona, avec laquelle il avait collaboré durant de longues années, lui a rendu un bel hommage, sous un titre qui résume en quelques mots l'importance historique de la carrière de l'homme que le Président Boris Eltsine avait pris à ses côtés entre 1989 et 1992 comme conseiller pour les questions d'écologie et d'environnement :

Alexei Yablokov, grandfather of Russian environmentalism, dies at 83

Alexey Yablokov a mené de front mille combats. Il a dénoncé le maquillage du décompte des prises des navires baleiniers russes en violation des accords internationaux (1997). Il a coordonné le dénombrement et la localisation des navires et sous-marins atomiques soviétiques, mais aussi des 17 000 conteneurs de déchets radioactifs immergés dans l'Océan glacial arctique. Son livre blanc sur ces questions a apporté à la Russie une aide de plus 3 Md $ pour le démantèlement de 200 sous-marins et pour assurer la sécurité de dizaines de stocks de déchets radioactifs militaires.

Il joua un rôle majeur de conseil et de témoin dans la procédure conclue par l'acquittement en 2000 par la Cour suprême de la Russie de l'écologiste russe Alexander Nikitin, poursuivi par l'Etat russe depuis 1995 pour la publication du rapport “The Russian Northern Fleet: Source of Radioactive Contamination”.

Sans compter son énergie, il lutta pour amener les séquelles de Tchernobyl au rang de désastre majeur et durable. Il avait coutume de dire : "Tchernobyl est un arbre qui pousse…". Avec le physicien Vassily Nesterenko, un des plus éminents "anciens combattants" de Tchernobyl (le mot "liquidateur" est un euphémisme politique puisque rien n'est liquidé, sinon des vies humaines et des territoires abandonnés), et son fils Alexey, il a rédigé la somme “Chernobyl: Consequences of the Catastrophe for People and the Environment”, publié par Naouka à Moscou en 2006, puis par l'Académie des Sciences de New-York en 2009 et disponible en français dans une version augmentée (Tchernobyl : Conséquences de la catastrophe sur la population et l’environnement, <http://ur1.ca/q7gtw>).

Bien qu'en proie aux douloureux développements de sa maladie il a poursuivi ses travaux jusqu'à l'extrême limite de ses forces. L'une de ses dernières publications – "A Review and Critical Analysis of the Effective Dose of Radiation Concept. J Health Pollution, Part I, June 2013 etPart II: An Approach to an Objective Assessment of Human Radiation Risk, October 2014 – devrait inciter tous les radio-biologistes indépendants à se pencher sur le fossé entre la présentation des effets des radiations par les instances internationales – OMS, Commission internationale de protection radiologique et United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation – chargées historiquement en 1957 de favoriser le développement de l'énergie atomique en appui à la toute jeune AIEA et ce qu'ont révélé tous les accidents majeurs, notamment Tchernobyl.

Alexey Yablokov a été et reste un exemple irremplaçable. Nous avons eu l'honneur mais surtout la chance inestimable de l'avoir rejoint dans sa lutte pour la reconnaissance des dégâts de Tchernobyl, et pour que la chape de l'oubli et de l'indifférence ne scelle le destin des populations touchées par les retombées radioactives de l'accident. La poursuite de son œuvre est désormais notre affaire, celle de tous ceux qui restent solidaires des victimes de Tchernobyl et de Fukushima.

Alexey Yablokov était membre du Parti vert de Russie.

A ses proches et à ses amis nous exprimons nos plus sincères condoléances et partageons la peine de sa perte.

Yves Lenoir

président d'Enfants de Tchernobyl Belarus

auteur de La Comédie atomique, La Découverte, 2016

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autres liens et hommages :

- http://greenbelarus.info/articles/11-01-2017/nastoyashchiy-russkiy-uchyonyy-ushyol-iz-zhizni-aleksey-yablokov

- http://www.yabloko.ru/actually/2017/01/11 

- http://www.ecmo.ru/news/umer-ekolog-yablokov

- http://activatica.org/blogs/view/id/3031/title/skonchalsya-vydayushchiysya-rossiyskiy-jekolog-aleksey-yablokov 

- https://www.facebook.com/profile.php?id=100001795638927  (page facebook de Yablokov)


 

 

sourire à Emanuela Forum Genève 2012


Avec ses amis le Pr Fernex OMS Geneve 2008


Avec Prs Nesterenko et Fernex Genève Bastion2008


Avec Pr Goncharova et Nesterenko OMS Genève 2008




 

 

Le professeur Alexei Yablokov faisait parti des trois scientifiques slaves venus participer à la manifestation contre l'étouffement des conséquences sanitaires et écologique de la radioactivité à Genève le 26 avril 2008.

En 2012 il participa au forum sur la radioprotection http://independentwho.org/en/2013/06/22/proceedings-forum-mai2012/

http://independentwho.org/fr/2012/06/21/forum-enregistrements-mai2012/

sur :

http://independentwho.org/fr/audios-videos/

« Controverses Nucléaire » de Emanuela Andreoli et Wladimir Tchertkoff

http://www.dailymotion.com/video/xr56pr_controverses-nucleaires_news#.UYEl28x6lXg

et sur http://www.alerte-verte.com/

On le voit s'indigner fortement avec d'autres devant l’establishment des nucléocrates lors de la conférence Forum-Tchernobyl à Kiev en 2001 dont les actes ne furent jamais publiés car trop accablants pour l’establishment nucléaire.


 

- Pr Yablokov au Symposium de New-York les 12 et 12 Mars 2013 :

http://www.dailymotion.com/video/xysygr_les-lecons-de-tchernobyl-alexei-yablokov-au-symposium-de-new-york-en-mars-2013_news#.UX-cNsx6lXg

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De la somme que Yablokov avait rassemblé avec les autres scientifiques, Wladimir Tchertkoff en rappelle « un extrait du beau texte placé en liminaire de la première édition de 2007 du Livre Tchernobyl, Conséquences de la catastrophe sur la population et l’environnement de A.V. Yablokov, V.B.Nesterenko et A.V. Nesterenko. » :


 

… « D’année en année on assiste à une hausse de la morbidité des maladies non cancéreuses d’étiologie diverse. L’analyse des courbes de la morbidité générale des enfants vivant dans les territoires contaminés par Tchernobyl est particulièrement désespérante. D’année en année on voit diminuer le nombre d’enfants pratiquement en bonne santé. A Kiev, par exemple, où il y avait 90% d’enfants en bonne santé avant l’accident, leur pourcentage a diminué au cours des années qui ont suivi pour ne plus constituer aujourd’hui que 20%. Dans certaines régions du Polessié il n’y a plus un seul enfant en bonne santé. La morbidité chez l’adulte augmente aussi sensiblement dans tous les groupes d’âge : au cours des 20 ans qui ont suivi l’accident son taux s’est vu multiplié par divers facteurs selon les maladies. On observe avec netteté l’augmentation des cas de maladie cardio-vasculaire, la hausse de la fréquence des attaques cérébrales, des infarctus, de l’ischémie du muscle cardiaque. La durée moyenne de vie s’abrège en conséquence.

On observe une situation nettement inquiétante concernant les maladies du système nerveux chez l’enfant comme chez l’adulte. La fréquence des maladies de l’oeil, en particulier des cataractes, est en hausse brutale.

Les diverses formes de pathologie de la grossesse et l’état de santé des nouveaux-nés dans les familles des liquidateurs de l’accident ou de ceux qui ont été évacués des zones de forte contamination ne manquent pas d’inquiéter.

Les actions des défenseurs de l’énergie atomique qui nient les effets nocifs de l’irradiation sur la santé des populations paraissent particulièrement cyniques sur cette toile de fond tragique. Leurs paroles s’accompagnent malheureusement d’actes correspondants : refus presque total du financement de la recherche médico-biologique, suppression des institutions chargées « des affaires de Tchernobyl », détournement des équipes de scientifiques de l’étude des problèmes engendrés par la catastrophe de Tchernobyl. De plus il reste parmi nous de moins en moins de spécialistes qui sont allés à l’école de l’accident, qui ont pu pénétrer au plus profond des véritables causes des effets radiologiques et ont appris à contrecarrer le développement des conséquences néfastes de l’irradiation. Très bientôt il ne restera plus personne de ceux qui ont appris par leur propre expérience comment il faut agir dans le cas d’une catastrophe radiologique de l’ampleur de celle de Tchernobyl. Pourtant l’expérience acquise est utile non seulement aux pays touchés par cette catastrophe mais aussi à l’avenir de notre planète tout entière qui doit s’attendre à divers accidents à grande échelle vu la direction que suit actuellement le développement des technologies.

Sommes-nous donc à tel point myopes qu’à cause de l’entêtement de quelques favoris du nucléaire privés d’humanité et de morale, nous sommes prêts à perdre l’expérience de la protection de l’homme des conséquences des éventuelles catastrophes technologiques à grande échelle, expérience que nous avons acquise avec tant d’abnégation et de sincère désintéressement ? Le progrès rapide que l’on observe en biologie et en médecine nous permet d’espérer qu’il n’est pas vain de chercher les moyens de supprimer les risques de nombre des maladies provoquées par une irradiation chronique. Il serait tout à fait insensé de négliger ces possibilités.

Il faut espérer malgré tout que l’objectivité dans l’évaluation des conséquences sanitaires de Tchernobyl finira par prendre le dessus, que la diversité biologique et une attitude morale de la société en général à l’égard du progrès technique futur finiront par triompher.

On voudrait tant y croire.

Ce livre représente vraisemblablement la tentative la plus complète à ce jour de généraliser un très grand nombre de données concernant les effets nocifs de la catastrophe de Tchernobyl sur la santé des populations et de l’environnement. Les matériaux du livre montrent avec évidence que les conséquences de la Catastrophe augmentent au lieu de diminuer et continueront à augmenter dans l’avenir. »

D.M. Grodzinski, Docteur en biologie Président du Département de biologie générale, Académie nationale des Sciences d’Ukraine, Président de la Commission nationale d’Ukraine sur la protection contre les radiations. (http://independentwho.org/fr/2015/04/17/livre-tchernobyl-consequences/)


 

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introduction par Yablokov du même livre en version française :

Aux lecteurs français

Ce livre est l’étude la plus complète des publications scientifiques présentant des faits relatifs aux conséquences de la plus grande catastrophe d'origine humaine dans l'histoire de l'humanité.

Chacune des éditions consécutives à la première publication de Saint-Pétersbourg en 2007 – celle de New York en 2009*, de Kiev en 2011, de Tokyo en 2013 – est de plus en plus volumineuse en rai-son de nouvelles données, confirmant l’importance énorme des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl pour la santé humaine et pour l’environnement. Nous n'avons pas eu le temps d'inclure, dans cette nouvelle édition, les dizaines de nouvelles données qui ont été publiées en 2013 et 2014. Par exemple :

• dans les territoires les plus contaminés d'Ukraine et de Russie, les malformations congénitales chez les nourrissons sont sensiblement plus nombreuses [1, 2] ;

• l’analyse des statistiques démographiques officielles a révélé (en plus des données décrites précédemment pour de nombreux pays européens) une variation statistiquement significative de la proportion entre garçons et filles, parmi les nouveau-nés, en Russie et à Cuba, en 1987, en corrélation apparemment avec l'utilisation intensive des produits contaminés par les radionucléides de Tchernobyl [3] ;

• dans les territoires de Russie, contaminés par les radionucléides de Tchernobyl, on note une augmentation des maladies cancéreuses [4].

Les critiques pro-nucléaires accuseront à nouveau les auteurs de ce livre (comme ils nous ont accusés après la première publication de cette monographie) de ne pas se référer aux seules données « publiées dans des revues scientifiques à comité de lecture ». Mais est-ce que, même sans analyse scientifique, les données statistiques officielles ne parlent pas d’elles-mêmes, lorsque un sanglier sur trois, abattu dans la région de la Saxe – et cela 28 ans après la catastrophe de Tchernobyl – est dangereuse-ment radioactif [5] ou que les rennes de la Norvège septentrionale sont devenus, en l’été 2014, 5,5 fois plus radioactifs qu’en 2012 en raison du fait qu'il y avait une pousse abondante de leurs champignons préférés qui concentrent le césium 137 contenu dans le sol [6] ?

Malheureusement, les leçons de Tchernobyl ne sont pas suffisamment intégrées. Pendant la «

liquidation » des conséquences de l’autre catastrophe atomique mondiale de Fukushima en 2011, les mêmes erreurs ont été commises en évacuant les habitants des sites contaminés dans d'autres sites également contaminés. Il y eut les mêmes mensonges de la part des fonctionnaires gouvernementaux et des mêmes organisations pro-nucléaires internationales – l'AIEA et l'OMS – au sujet des niveaux de la contamination radioactive. L’occultation immorale des données sur les maladies causées par les radiations a été également répétée.

Les pertes économiques liées à Tchernobyl ont aujourd’hui nettement dépassé 500 milliards de dollars. Les pertes liées à Fukushima ont atteint, suivant les évaluations, 200 milliards de dollars et continuent à augmenter. Mais malheureusement le fardeau de ces coûts ne pèse aucunement sur les entre-prises nucléaires. Cette irresponsabilité économique et sociale des atomistes constitue une injustice criante, qui permet à l’industrie atomique de se développer au détriment des États.

Toutes les données présentées dans ce livre montrent que les conséquences sur la santé et l’environnement de la catastrophe de Tchernobyl sont beaucoup plus graves que celles qui résultent des modèles officiels de la radioprotection. Elles témoignent du fait que les niveaux de risque radiologique adoptés sont sérieusement sous-estimés et doivent être révisés (voir détails [7].). Si ces règles officielles prenaient correctement en compte l'effet cumulatif des faibles doses, l'industrie de l'énergie atomique, dans sa forme actuelle, n’aurait pas de place dans une société civilisée.

Après Tchernobyl, la construction de nouvelles centrales nucléaires à travers le monde avait quasi-ment cessé. Mais 25 ans après, l'industrie nucléaire s’est remise du choc et s’est mise à parler de la « renaissance nucléaire ». Fukushima semblait avoir mis fin à cette « renaissance », conduisant l'Allemagne et une série d'autres pays à l’arrêt du développement de l'énergie nucléaire. Une série, mais pas tous… Notre incapacité à régler une vie internationale sans armes nucléaires confère un attrait sinistre à la création d'armes nucléaires sous le couvert du développement légal de l'énergie nucléaire « pacifique ». En plus de cela, certains pays sont toujours tentés par l’apparente facilité de résoudre les problèmes de l'énergie en utilisant l'énergie de la fission atomique. À la fameuse question que pose le héraut de l’industrie nucléaire, Vladimir Vernadsky, en 1922 [8] : « L’humanité saura-t-elle se servir de cette force pour le bien et non pour l'autodestruction ? », nous pouvons répondre avec certitude, 92 ans après, qu’ELLE N’A PAS SU.

Les radionucléides rejetés par l'explosion du réacteur de Tchernobyl dans le lointain 1986 empoisonneront la planète encore pendant des centaines et des milliers d'années. L'irresponsabilité et la cupidité des scientifiques atomiques, notre indifférence et la mémoire courte déterminent le caractère inévitable de nouvelles catastrophes nucléaires. Pour reprendre les mots du célèbre journaliste tchèque, Julius Fucik,

« HOMMES, SOYEZ VIGILANTS ! ».

Nous espérons que les connaissances contenues dans ce livre viendront éclairer cette vigilance.


 

Alexey V. YABLOKOV,

15 Janvier 2015


 

* Chernobyl, Consequences of the Catastrophe for People and the Environment – Volume 1181 des Annales de l’Académie des Sciences de New-York http://independentwho.org/media/Documents_Autres/Chernobyl_Consequences_of_the_catastrophe_for_people_and_the_environment_Reduit.pdf


 

[1]. Wertelecki W., Yevtushok L., Zymak-Zakutnia N. et al. 2014. Blastopathies and microcephaly in a Chorno-byl impacted region of Ukraine. Congenital Anomalies, vol. 54, pp. 125–149.

[2]. Корсаков А., Яблоков А., Трошин и др. 2014. Сравнительная оценка частоты врожденных пороков развития у детского населения Брянчской области, проживающего на террит ориях, пострадавших вследствии Чернобыльской катаст рофы (1991 – 2012). Весник Моск. Универ., серия XXIII (Антропология), # 2. cc. 122 -128. / Korsakov A, Yablokov A, Torchine (Torshin) et al. 2014. Évaluation comparative de l'incidence des malformations congénitales dans la population infantile du district de Briansk, vivant dans les territoires affectés par la catastrophe de Tchernobyl (1991 - 2012).

[3]. Scherb H., Kusmierz R., and K. Voigt. 2013. Increased sex ratio in Russia and Cuba after Chernobyl: a radi-ological hypothesis. Environ. Health. Vol. 12: # 63 (Published online Aug 15, 2013. doi: 10.1186/1476-069X-12-63).

[4]. Корсаков А., Михалёв В., Трошин В. 2013. Комплексная эколого-гигиеническая оценка изменений состава среды как фактора риска для здоровья населения. Palmarium Academic Publ., 404 c. / Korsakov A, Mikhaliov V. Torchine v. (Torshin)

[5]. Radioactive wild boar roaming the forests of Germany. 2014. The Telegraph, September 01 (http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/germany/11068298/Radioactive-wild-boar-roaming-the-forests-of-Germany.html).

[6]. Norway’s radioactive reindeer. 2014. BarentsObserver. October 7 (http://barentsobserver.com/en/nature/2014/10/norways-radioactive-reindeer-08-10).

[7]. Yablokov A. 2013. A Review and Critical Analysis of the “Effective Dose of Radiation” Concept. Jour. Health & Pollution, vol. 3, # 5, pp. 14 – 28. Cf. Actes du Forum Scientifique et Citoyen sur la Radioprotection, de Tchernobyl à Fukushima, Genève, 12-13 mai 2012, http://independentwho.org/fr/2013/03/13/actes-du-forum/

[8]. Вернадский В. 1922. Очерки и речи. Издательство "НХТИ", Москва, вып.1, стр. 8. / Vernadsky V. 1922. Essais et discours. Édition "НХТИ", Moscou, fascicule 1, p.8.

 

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Extraits (1996 « Tchernobyl- conséquences sur l'environnement, la santé, et les droits de la personne - Tribunal Permanent des Peuples » Ed. Ecodif ).

« Tribunal permanent des Peuples » qui a donné sa sentence (en italien sur http://www.internazionaleleliobasso.it/?p=80 ) et dont le déroulement a été retranscrit dans un livre du même nom. http://www.dissident-media.org/infonucleaire/solange_fernex.html

disponible sur http://libre-infos.eklablog.com/-a46203294

 

« Au total depuis les débuts ...c'est 32 millions de victimes que l'on peut attribuer à la radio-activité » (Dr Bertell p15)

« sorte de dégénérescence de la science et des technologies...car la science est devenue une profession asservie aux intérêts politiques et commerciaux...plus graves à l'avenir si nous ne changeons pas notre comportement. » (Pr Andreev p32)

« accusation des opérateurs (idem pour les accidents aériens) qui l'avaient signalé a leurs supérieurs... »

« ce dysfonctionnement existe dans toute grande installation industrielle, chaque fois que des considérations commerciales priment sur la sécurité. » (Pr Andreev p36)

« Nous devons former des spécialistes ayant une formation très pointue sans être étroite. Les scientifiques et techniciens n'ont pas conscience du fait que leur travail détruit l'environnement... plus le problème du langage avec le public. » (Dr Kromp p37)

« On laisse les gangsters ( AIEA ) faire la police » (Pr Hesketh p40)

«  Il s'agit d'un grave problème structurel de société. Une société qui déclare: « je veux un scientifique qui ne me dise que ce que je veux entendre », est une société dans laquelle quelque chose est fondamentalement biaisé. » (Pr Hesketh p43)

« nous voyons que beaucoup de gens, dans notre monde industrialisé, sont des esclaves du système. Mais nous ne devrions pas les excuser pour cela...Chacun doit prendre sa part de responsabilités. Personne ne doit être excusé s'il refuse de le faire. ...Il est en conséquence très important de créer un climat de transparence, de souligner la responsabilité de chaque individu. Plus les gens sont conscients du problème, plus leur responsabilité est grande. » (Pr Weish p69-70)

 

« Que représente le droit fondamental à la vie, que signifie le droit à la vie lorsque des mères mettent au monde des bébé méduses ...?»... « le langage de la souffrance récuse le problème de l'expertise » (Juge Koumar p76 )

 

« l'industrie nucléaire d'un pays doit être soumise à des obligations par rapport à la société. Les gens qui vivent à proximité d'une centrale sont les victimes de la radioactivité, il faut respecter leur droit. » (Pr Sharma p83)

 

« Le Pr Lazjouk gère un registre des malformations depuis 1982, il a noté une augmentation significative de quatre malformations majeures: spina bifida, anencephalie, amelie, polydactylie » (sage-femme de Sitomir p90)

 

«  ...mort-nés, mort périnatales, avortement » ...« Depuis les travaux de Muller en 1927, on connaît parfaitement les effets mutagènes des radiations sur les foetus animaux et humains » (Dr Gadekar p95)

« il a reçu le prix Nobel pour ses résultats. Il a trouvé que les isotopes radioactifs produisaient en un mois les mêmes mutations que des substances chimiques pendant plusieurs années » « étant donné que nous sommes exposés à la radioactivité naturelle que cela nous plaise ou non, nous subissons des mutations identiques à celles qui sont provoquées par des radiations artificielles. En augmentant la radioactivité dans l'environnement, nous augmentons simplement le taux des mutations » (Dr Bertell p99)

 

« Nos données montrent qu'en augmentant les doses à partir de très faibles doses, nous notons d'abord un accroissement puis une décroissance puis à nouveau une croissance »... « Cette courbe démontre ainsi que les effets des faibles doses sont plus importants que ceux de doses plus élevées. » « Lorsque nous étudions l'évolution du status antioxydant et du status immunologique sous l'effet de doses croissantes, nous trouvons deux courbes similaires. Nous trouvons une corrélation des aberrations chromosomiques avec la dose, et des modifications correspondantes du status antioxydant. Dans les deux cas , ce sont de très faibles doses qui ont induit les différences les plus grandes par rapport au groupe contrôle » (effet Petkau) (Pr Bourlakova p110)

 

« Tous les troubles de l'immunogénèse et du système hématopoïétique sont accélérés dans les conditions extrêmes: les radiations,la pollution des sols, de l'eau, de l'alimentation, etc. nous avons une augmentation de 18% de maladies lympho-prolifératives. » (Pr Kogarko p113)

 

« Nous constatons que les cellules qui posent problème ne sont pas celles qui ont été fortement irradiées, mais celles qui ont été touchées par les effets précoces des radiations et qui sont soumisent à un effet prolongé de faible doses » (Pr Pelevina p121)... « dépression du système immunitaire... déformation des globules rouges...perte de mémoire (asthénie)

« affection gastro intestinales, respiratoires, cardio-vasculaire, cancer, etc....troubles mentaux: asthénie, cérébrasthénie, diminution des capacités mentales et physiques, saute d'humeur, baisse de la concentration et trouble de la mémoire ...27 à 30% d'adultes et d'enfants en bonne santé... » (Pr Kryshanovskaya p127)

« La seule manière de résoudre le problème des faibles doses de radiation est d'arrêter au plus vite chaque réacteur nucléaire dans le monde » (Pr Gould p139)

 

« Les pro-nucléaires refusent d'admettre qu'il s'agisse des conséquences des radiations, afin de ne pas avoir à indemniser les victimes » (Dr Furitsu p161)

 

« La communauté scientifique sait et nous savons que toute radioactivité est dangereuse, qu'elle produit des lésions très graves. Elle sévit depuis très longtemps et nous avons accumulé suffisamment de données sur ses atteintes aux êtres humains: Nous connaissons les atteintes biochimiques, cellulaires, et si nous n'entreprenons pas quelque chose maintenant; il sera trop tard. » (Dr Gadekar p166)

 

« Les expériences de Hiroshima, Nagasaki et Tchernobyl nous enseignent que les atteintes des radiations ne sont ni un problème local, ni un problème national. Il s'agit d'un problème global de vie ou de mort qu'il nous faut résoudre si nous voulons permettre la survie de la vie sur notre planète »... « nous réclamons en conséquence le fermeture de toutes les centrales atomiques et la reconversion des politiques énergétiques pour pouvoir nous passer du nucléaire »... « souhaitant poursuivre leur politique nucléaire, ils traitent les victimes de Tchernobyl comme des « cobayes ». Nous ne pourrons jamais tolérer cela. » ( Dr Sadamori p166-169)

 

« En fonctionnement normale d'une centrale atomique, tous les gaz radioactifs et tous les liquides radioactifs de la réaction atomique sont rejetés sauf les solides » (Dr Bertell p170)

« les physiciens s'arrangent avec les ingénieurs. Ils fixent des normes puis affirment rester en deçà des « normes ». Lorsque l'on parle aux médecins, ils admettent que les normes ne protègent personne »... « ramener ce qui est légale à ce qui est sans danger » (Dr Lakimets p171)

 

« Ces millions de dollars dépensés pour des études répétitives servent davantage aux carrières des chercheurs qu'à la santé des victimes »... « 28% des liquidateurs morts de diabètes sucrés, à Gomel 50% de cas de diabète sucré chez l'enfant » ( Dr Fernex p183)

« cela prouve que les centrales en fonctionnement normal sont tératogène, ceci est une raison majeure pour arrêter l'industrie atomique. De tels effets justifieraient le retrait immédiat d'un médicament ou d'un insecticide. Les mêmes règles ne devraient-elles pas s'appliquer à l'énergie nucléaire? »( Dr Fernex p192)

« les isotopes radioactifs absorbés comme l'iode, le strontium et autres n'existaient pas dans la nature avant l'ère nucléaire » (Pr Gould p196)

« Ils sont prisonniers d'un piège économique » ( Mme Ahern p199)

« La France et la Chine qui ont récemment procédé à des essais nucléaires (1996) contre l'opinion internationale , doivent comprendre que non seulement elles ont commis une grave erreur politique, dans la période qui a suivi la Guerre Froide où la dissuasion a pratiquement perdu toute crédibilité, mais surtout qu'elles ont encouragé certains pays à se doter d'une capacité d'armes nucléaire » (p223)


 

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C'était le 26 Avril 2008 à Genève

Le Pr Yablokov s'adresse aux vigies devant l'OMS (www.independentwho.org). Il est traduit par Wladimir Tchertkoff:

« Pr Alexei YABLOKOV écologue : – Au moment d’évaluer les conséquences de Tchernobyl, nous nous sommes heurtés à la falsification gouvernementale des données. Gouvernementale et internationale. L’Organisation mondiale de la santé ne nous dit pas la vérité, parce qu’elle est liée à l’AIEA par le scandaleux accord de 1959. – C’est une situation extraordinaire, qui nécessite des mesures extraordinaires pour y mettre fin. Je suis enthousiasmé par ce que vous faites. Votre vigie permanente est une action très inhabituelle, très forte… elle est tout à fait fantastique, il faut absolument la continuer. Nous devons obliger l’Organisation mondiale de la santé de dire la vérité, c’est-à-dire de rompre cet accord. – Il y a un deuxième sens à votre action, dont vous n’êtes peut-être même pas conscients. C’est l’importance de votre vigie pour les pays victimes, pour la Biélorussie, pour la Russie, pour l’Ukraine. Pour nous qui combattons pour la vérité dans ces pays, c’est très important, - cela nous donne une force énorme, une force nouvelle : le fait de savoir que vous êtes là, que chaque jour, ne serait-ce qu’une seule personne est présente ici. Cela nous dit que nous ne sommes pas seuls avec ce malheur. Que le monde nous entend, qu’il nous voit, qu’une nouvelle humanité se lève." http://bellaciao.org/fr/spip.php?article134995 (mort pour l'Europe)


 

"Le physique de Yablokov est impressionnant ; c’est un géant, ses sourcils sont aussi épais qu’une forêt."

En 2014, un autre forum sur les conséquences génétiques sur le vivant avait eu lieu en même place à quelques encablures de l'OMS.http://independentwho.org/fr/2014/09/21/forum-effets-genetiques/

Le scientifique Timothy Mousseau y exposa ses travaux, il faisait remarquer les dommages sur l'ADN et sur le ralentissement de la croissance de tout organisme vivant, son propos portait sur les modifications sur les animaux et les arbres.

Extrait des Actes du forum sur les effets génétiques des rayonnements ionisants :

p88 « Les arbres montrent continuellement les effets étranges de leur développement. Ce sont des pins sylvestres, ils devraient être grands et droits, mais dans les zones très contaminées on voit toutes sortes de modèles de croissance vraiment inhabituelles causées soit par la toxicité directe soit par l'effet mutagène du rayonnement.

On voit également une différence dans la qualité[densité etc] et la couleur du bois. »[...]

et quand nous avons prélevé des échantillons de 300 arbres et examiné les modèles de croissance, voilà de nouveau les effets négatifs dramatiques sur la croissance suite au désastre de Tchernobyl, qui ont tendance à ressurgir dans les années de sécheresse.[...]

p89 « Dans la forêt rousse...Ces troncs d'arbres, qui étaient là depuis plus de 15 ans déjà, ne s'était pas du tout décomposés, ils étaient plutôt intacts »[...]

« nous avons constaté que le taux de décomposition, la vitesse à laquelle la matière avait été décomposée par les bactéries, était bien plus basse dans les zones à forte contamination. »

« le rayonnement avait une incidence sur l'activité microbienne. C'est très grave puisque cette décomposition naturelle permet le recyclage des nutriments dans l'écosystème [régénération de l'humus etc] et donc cela a potentiellement une conséquence sur tout l'écosystème et peut-être en partie responsable de la croissance plus lente des arbres que nous voyons aussi dans certaines zones. ».[...]

p92"...le résultat principal, contrairement aux rapports rapports gouvernementaux comme celui du forum Tchernobyl ou de l'UNSCEAR, c'est qu'il y a une énorme quantité d'informations démontrant les conséquences, les dommages à tous les niveaux de l'organisation biologique, de l'ADN aux individus, aux espèce, aux populations, à l'écosystème. [prouvés de longue date Cf Jean Rostand etc]. Maintenant il y a beaucoup de données qui démontrent ces effets, et il faut leur accorder plus d'attention, les prendre avec considération lorsqu'on commence à réfléchir aux effets des rayonnements."

La radioactivité est toujours là et grandie, parmi ses conséquences il y a le fait que les risques d'incendie se multiplient dans les zones contaminées et il y a à nouveau une redistribution « automatique  » de pollution radioactive dans l'atmosphère :

« Depuis l'accident de 1986, les forêts alentour sont fortement contaminées au césium 137. Cet élément radioactif est particulièrement concentré dans la litière, c'est-à-dire les aiguilles et le feuilles agglomérées au sol, mais le bois en contient également. Lorsque la forêt brûle, cette radioactivité se retrouve en suspension dans l'air et peut alors voyager au gré du vent et des pluies. Si la chaleur de l'incendie est particulièrement forte, alors même la litière, d'ordinaire plus humide, peut s'embraser et libérer de la radioactivité.

L'IRSN s'est déjà intéressé à ce sujet parce que les incendies sont fréquents dans cette région de l'Ukraine. D'ordinaire, les plus gros épisodes surviennent entre août et septembre. Il sont d'ailleurs de plus en plus communs car les bois sont de moins en moins bien entretenus. En 2002, 2008 et 2010, nous avons assisté à des incendies spectaculaires dans la même zone, avec des surfaces considérables et de nombreux foyers. Dans les semaines qui ont suivi, nous avons alors pu constater un niveau de radiation dans l'air français, trois fois supérieur à la normale avec 1,5 microbecquerel par mètre cube, contre 0,5 habituellement. »

« Pourtant, comme à son habitude, l’IRSN se veut rassurant, déclarant que malgré le risque de triplement de la radioactivité mesuré dans l’air : « on ne peut pas parler d’impact sur la santé publique »

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http://www.sortirdunucleaire.org/Incendies-a-Tchernobyl-la-radioactivite-remise-en

Incendies à Tchernobyl : la radioactivité remise en circulation

Le 28 avril 2015, quasi 29 ans après l’explosion du réacteur n°4 de Tchernobyl, un important feu de forêt s’est déclenché autour de la centrale. Cet incendie comportait un risque de redistribution d’une partie de la radioactivité contenue dans les sols sur de larges zones.

Un incendie gigantesque

Il ne s’agit pas du premier incendie en zone contaminée ; d’autres sont déjà survenus en 1992, 2002, 2008 et 2010. Mais celui-ci est le plus important depuis 1992. Selon le Ministre de l’Intérieur Arsen Avakov, 400 hectares seraient concernés mais la situation serait sous contrôle. Mais selon Greenpeace Russie, le feu s’étalerait en réalité dans un rayon de 30 km autour de la centrale et les images satellites laisseraient supposer qu’il touche en réalité 10 000 hectares.

Quels risques ?

Le feu n’a pas atteint la centrale accidentée elle-même, qui contient encore 97 % des éléments radioactifs présents dans le combustible nucléaire. Mais ces incendies, en eux-mêmes, constituent déjà une menace.

En effet, une partie importante des radioéléments expulsés lors de l’explosion du réacteur sont toujours présents dans les sols et les végétaux (il faut 300 ans pour que la radioactivité du césium 137 et du strontium 90, les radio isotopes les plus répandus, soit divisée par mille)[on trouve aussi du Plutonium et de l’Américium 241, relâchés à l’époque de l’accident, ce qui est susceptible d’aggraver la situation.http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/ca-chauffe-a-tchernobyl-166831

Or cet élément radioactif est fortement concentré dans les aiguilles et les feuilles agglomérées au sol, mais aussi dans le bois des arbres des forêts avoisinantes, et lorsqu’un incendie important s’y déclare, la radioactivité s’échappe, et, portée par les vents, les pluies, peut se déplacer assez loin, comme on l’avait constaté lors de la catastrophe de 1986, contaminant les plantes au moins jusqu’en Corse.]

. Ces incendies, en réduisant la végétation et l’humus en fumées ensuite emportées par les vents, remettent en circulation une partie des éléments radioactifs qu’elles contiennent.

Ainsi, selon les travaux d’une équipe de chercheur du Norwegian Institute for Air Research [1], les trois feux de forêt précédents ont déjà relâché de 2 % à 8 % du seul césium 137 présent dans les sols… soit 500 000 milliards de becquerels répandus sur une vaste zone s’étendant jusqu’à la Turquie et la Scandinavie !

Certes, la dose moyenne de radioactivité reçue à Kiev suite à ces trois incendies est très faible. Mais cette moyenne cache des disparités importantes. Il se peut que certaines personnes, suite à ces incendies, aient inhalé ou ingéré des micro-particules radioactives dont l’action à l’intérieur de l’organisme est suffisante pour provoquer à terme des cancers et autres pathologies.

Concernant l’incendie de fin avril 2015, il n’y a cependant pas lieu de craindre une contamination semblable à celle du panache radioactif qui s’est répandu sur l’Europe en 1986 : le risque concerne avant tout les régions les plus proches des zones contaminées. La CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité) a ainsi souligné dans un communiqué que l’Europe occidentale n’était pas concernée, les vents étant dirigés vers le Nord et l’Est. Elle indique également que les réseaux officiels de balises de mesure de la radioactivité situés en Ukraine, en Finlande, dans les Pays Baltes et en Russie ne montraient pas de valeurs moyennes plus élevées que d’habitude. Toutefois, elle déplore l’absence de mesures spécifiques dans les régions susceptibles d’être les plus impactées. Par ailleurs, aucune mesure n’est mise à disposition pour le Belarus, pays le plus contaminé par Tchernobyl et voisin immédiat de la centrale [2] .

Un risque croissant

Quel que soit leur impact, la fréquence de ces feux de forêts risque malheureusement de s’accroître. En effet, selon les chercheurs Tim Mousseau et Anders Møller, la décomposition de l’humus et du bois mort est ralentie en zone contaminée [3], laissant s’accumuler des quantités plus importantes de bois sec. Ce phénomène pourrait être imputé à la vulnérabilité des insectes et micro-organismes à la radioactivité.

Par ailleurs, le changement climatique laisse craindre une multiplication des épisodes de forte chaleur et de sécheresse propices aux incendies. Lors des incendies de 2010 – qui avaient par ailleurs menacé le site nucléaire de Mayak [4], la sécheresse était déjà en cause.

Ces phénomènes viennent rappeler que la catastrophe n’est toujours pas terminée et qu’elle continuera de sévir encore longtemps…

Notes

[1] http://www.newscientist.com/article/dn26933-rise-in-wildfires-may-resurrect-chernobyls-radiation.html#.VUCgIWbhVz1

[2] Lire le communiqué de la CRIIRAD

[3] http://www.livescience.com/44318-chernobyl-trees-barely-decomposed.html

[4] http://www.sortirdunucleaire.org/Incendies-et-contamination

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Voir sur UNSCAER et autres lobbies :http://www.pierredubochet.ch/radioprotection-mondiale,-copinage-et-serment-de-secret.html

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http://blog.mondediplo.net/2011-04-29-Tchernobyl-en-Bielorussie

Tchernobyl en Biélorussie...

 

 

 

 

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Les forces manquantes

Un des buts était de faire un troisième forum avec les victimes (toutes catégories (professionnels du nucléaire) de la santé -accident-guerre etc (voir aussi des rayonnements non ionisants) à reprendre par d'autres groupes citoyens car stratégique pour compléter les autres forum citoyen et faire prendre conscience de faire stopper toute activité nucléaire rapidement sous menace de désastres encore plus grands que ceux existants.

 

Avis aux amateurs...

et professionnels..."J’interviendrai pour protéger les personnes si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité"

 

La lutte à mort contre l'Etat Nucléaire

Le 28/11/2016

la liberté guidant le peuple contaminé

 

Au nom du peuple français !?

« Vivre libre ou mourir contaminé »
 

Dans nos sociétés prétendument démocratiques, tout fonctionne à la majorité. Par exemple, les médias indépendants existent et ne se font pas tuer comme dans d'autres pays. Mais ils sont quasiment invisibles par rapport à l'immense médiacratie détenue par les autorités assujetties aux intérêts de l'économie reine.

La société de marché est du bluff mais un bluff qui a fonctionné depuis longtemps grâce à ce contrôle de « la majorité », il a subit quelques péripéties mais il s'est toujours remarquablement retrouvé sur ses pattes. Mais là, maintenant, on arrive au bout du chemin.

Il s'agit d'essayer de percer la muraille qui nous sépare de la masse critique de la population, nécessaire à son engagement, pour changer la situation actuelle. Car les enjeux : la vie sur terre et en bonne santé, et les priorités pour la maintenir, ne sont toujours pas compris, même par ceux qui se réclament opposants au système capitaliste actuel basé sur le dogme de l'argent roi.

« L'explication » ancestrale par le mythe n'a pas pris une ride pour tenter de faire cohésion des différences, ils ont bien sûr de tout temps été dévié ou construit pour servir des intérêts particuliers, mais aussi quelquefois créé sans penser à mal. Mais la nature de l'homme et son histoire ont fait émerger le prométhéen ou le galiléen comme les plus importants.

Ici, en local, et en sous traitance du prométhéen , on a le républicain ; vieille sacoche plutôt lourdingue et ripoux depuis déjà un certain temps. Et comme on voit que ses principes qui ont tenté de faire cohésion à son origine sont superbement bafoués de nos jours, il est tentant de les renvoyer dans la figure de l'Etat nucléaire actuel (accompagnés de quelques cailloux pour bien marquer le coup...).

Pour les plus « costauds », si ils veulent, ils pourront créer d'autres mythes ou réécrire sur ceux existants (Palimpseste).

Mais pour le cas raconté plus bas, ce n'est qu'une modeste tentative spontanée (et donc sans concertation ;excusez-moi) faite sous l'emprise de la colère car aujourd’hui plus qu'hier, il faut être en colère...

 

« Or l'examen du monde montre que la conscience écologique a grandi ces dernières années dans le monde entier.»[...] « Ce processus a été facilité par la déconstruction de la modernité.»[...] « L'authenticité est notre possibilité la plus propre.»[...] « Que notre engagement ne produise pas tout de suite les effets macroscopiques espérés est un état normal du changement social, car tout changement commence par des minorités. Face à elle, la majorité n'a souvent d'autre unité que négative, comme indifférence et « inertie ». La minorité peut alors pousser de nouvelles normes, elle peut innover. Elle peut aussi chercher le conflit, dans ce but. En provoquant des tensions, elle va fracturer l'unité de la majorité. »[...] « Les membres de la majorité ne souhaitent pas afficher publiquement l’intérêt qu'ils portent à ces nouvelles normes, pour différentes raisons. L'effet ne se voit donc pas directement, on continue de nommer les choses de la même manière, alors qu'elles ont changé, discrètement, par un travail sourd et souterrain. Et puis un beau jour la majorité a changé. D'où la devise  : « Il n'est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer.». » Fabrice Flipo «Légitimité d'un renouveau de l'utopie »

 

Retourner ses propres mythes contre l'Etat nucléaire

 

- Mythe prométhéen

p335« Renaissance de l'homme épiméthéen »

« Notre société ressemble à cette machine implacable que je vis une fois dans un magasin de jouets à New York. C'était un coffret métallique ; il vous suffisait d'appuyer sur un bouton et le couvercle s'ouvrait avec un claquement sec ; une main métallique apparaissait alors . Ses doigts chromés se dépliaient, venaient saisir le bord du couvercle. Ils tiraient et le couvercle se refermait. Comme c'était une boite, vous vous attendiez à pouvoir y trouver quelque chose...Elle ne contenait qu'un mécanisme de fermeture automatique. Cette petite machine semblait être tout le contraire de la célèbre boite de Pandore. »

[…]

p338 « L'initiation primitive, par l'entreprise de la terre maternelle, à la vie mythique s'était changée en éducation (paideia) du citoyen qui, sur le forum, se sentait à l'aise.

Le monde des primitifs est gouverné par le destin, les faits et la nécessité. En dérobant le feu céleste, Prométhée changea cela, les faits contraignants se muèrent en problème à résoudre, il mit en doute la nécessité et défia le destin. L'homme pouvait alors prendre le monde au piège du réseau de ses routes, de ses canaux, de ses ponts, créer un décor à sa mesure. Il prenait conscience de pouvoir affronter le destin, de changer la nature et de façonner le milieu où il vivrait, bien que ce fût encore à ses risques et périls. L'homme contemporain veut aller plus loin : il s’efforce de créer le monde entier à son image. Il construit, planifie son environnement, puis il découvre que pour y parvenir il lui faut se refaire constamment , afin de s'insérer dans sa propre création. Et, de nos jours , nous voilà placés devant un fait inéluctable : l'enjeu de la partie, c'est la disparition de l'homme.

[…]

p342 « Cependant, sans s'en apercevoir, on prit peu à peu l'habitude de faire d'abord confiance au mécanisme institutionnel plutôt qu'à la bonne volonté de l'homme. Ainsi le monde commença de perdre sa dimension humaine, jusqu'à notre temps où se retrouve la contrainte des faits et de la fatalité, comme aux époques dites « primitives » . »

[...]

« L'épuisement et la pollution des ressources de la terre sont surtout le résultat d'une corruption de l'image qu'il [Prométhée] se fait de lui-même, d'une régression de sa conscience. »[...]

p347

« Une conscience nouvelle des limites terrestres et d'une nostalgie [Cf P.Guzman « ...de la Luz »] également nouvelle peuvent ouvrir les yeux de l'homme et lui faire voir pourquoi son frère Épiméthée, en épousant Pandore, choisit d'épouser la terre. » [...]

[L'inversion ]: « p474 « Le prix de cette inversion »[...] « L'homme retrouvera la joie de la sobriété et de l'austérité en réapprenant à dépendre de l'autre, au lieu de se faire esclave de l'énergie et de la bureaucratie toute puissante. » [...]p476 « Une société équipée du roulement à billes et qui vivrait au rythme de l'homme serait incomparablement plus efficace que toutes les rudes sociétés du passé, et incomparablement plus autonome que toutes les sociétés programmées du présent. »[...]p478 « Il n'y a qu'une façon de liquider les dirigeants, c'est de briser la machinerie qui les rend nécessaires _et par là même la demande massive qui assure leur empire_. »

[...] « L'inverse, c'est un milieu propice à la production qui est l'oeuvre d'un peuple anarchique. Mais le politicien qui a conquis le pouvoir est le dernier à comprendre le pouvoir du renoncement. »

(Ivan Illich « Oeuvres ».

 

- Mythe galiléen : « ...Comme dans toute société, certains principes fondateurs sont contradictoires car issus de compromis et de rapports de force difficilement maîtrisables : la science peut tout, mais elle n’est responsable de rien et n’a de comptes à rendre à personne. Que la réalité soit bien moins tranchée que ces déclarations de principe ne le laissent entendre est une évidence qu’il serait absurde de nier. Pourtant, cette conception contradictoire de la science, qui fonde à la fois l’ordre et la liberté, le progrès et les Droits de l’homme, s’impose peu à peu à l’ensemble du corps social sans susciter la moindre réaction vis-à-vis des propriétés irrationnelles qu’on lui prête, alors même que de nombreux penseurs font profession de réfléchir sur sa nature. L’anthropologie nous apprend que l’ « irrationalité » des « primitifs » se fonde sur des mythes. De la même manière, Galilée et l’ensemble des martyrs de la science apparaissent comme une dimension structurant le social au point de rendre cohérent un ensemble en apparence disparate de croyances : le mythe galiléen possède désormais une fonction cosmologique. Tout comme le Christ a expié les péchés du monde sur la Croix, Galilée s’est sacrifié pour montrer que la Terre tourne, et ce à I’encontre de l’opinion la plus puissante et la plus répandue en son temps: désormais, fût-il Empereur ou Pape, nul ne peut dicter ses désirs à la science, qui se situe dans un au-delà suprasensible, et que seul ses grands prêtres – les experts – peuvent sonder et interroger afin d’y trouver les réponses destinées au monde profane.

 

Les centaines de statues érigées par la IIIe République, les soixante-douze noms de savants gravés sur le frontispice de la Tour Eiffel, l’héroïsation des scientifiques, la canonisation pastorienne, tous ces éléments disparates convergent pour former une mythologie cohérente ayant pour principale conséquence d’exclure la science du champ politique. Cette exclusion n’est pas la résultante d’un renoncement, car plus que jamais, tous s’accordent pour considérer que la science est la première puissance de transformation du réel, soit une force politique de premier ordre. Pourtant, exceptés certains savants et industriels en mesure de jouer sur les deux tableaux – la politique profane et la planification technologique –, nul ne peut plus intervenir directement dans les affaires de la science sans avoir été au préalable intronisé en son sein.

 

L’histoire permet de mettre au jour ce hold-up intellectuel et politique effectué au profit de l’industrialisation du monde. L’idéologie scientiste prétend que lorsque l’expert (ès pollution, ès OGM, ès nucléaire, ès croissance, etc.) parle, plus personne ne doit rien objecter. Savoir que ce langage de dupe a précisément été forgé dans le but de pacifier le social autorise à lutter contre cette technologisation, qui s’avère in fine être la principale force de destruction des sociétés contemporaines. » Guillaume Carnino (Entropia N°15 « La victoire par la science » sur : https://sniadecki.wordpress.com/2016/12/01/carnino-victoire/)

 

- Mythe républicain

« Soldats de l'an 2, création d'un mythe républicain: » http://ahrf.revues.org/

 

 

 

Lettre aux français au sujet du monde de Bure, des aéroports, de la guerre etc

 

Lettre contre le développement c'est à dire contre la société industrielle, capitaliste etc qui ne fait vraiment pas société, c'est à dire qu'on est « contre » ou « anti » parce que « pour » la vie.

Il y a des jours où les enjeux ne sont pas bien compris, les "écologistes" comme autres prétendants aux trônes sont dans une logique de pouvoir et doivent donc faire des compromis; mais avec ces compromis ils perdent la confiance de la base qui les a vu naître. Le parlement européen est un paravent et n'a aucun pouvoir vis à vis de la Commission qui elle a été faite par des banquiers et industriels. Il n'y a aucun rapport entre leurs intérêts et les intérêts des populations à vivre simplement et en bonne santé. Devant le parlement de Strasbourg un stagiaire m'avait bien expliqué cela en novembre 2010.

Même topo pour « l'assemblée nationale » le sénat, Elysée, les « régions » etc, tout ce système de représentation n'est qu'une vieille imposture. « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels », il y a tout intérêt donc à faire se massacrer entre eux des paysans-ouvriers dans les tranchées de Verdun ou ailleurs, car outre les profits de la guerre (liquider le surplus industriel des marchandises et reconstruire après, relancer l'industrie et ainsi de suite) , il y a aussi l'intérêt d'éradiquer la paysannerie ou tout autre groupe humain vivant en autonomie ou semi autonomie et de diriger les « survivants » corvéables à merci, sur les villes devenues mégapoles industrielles artificielles. On ne peut pas dégager de profit d'un paysan, on peut dégager du profit seulement en l'aliénant ; pour qu'il ait honte d'être paysan et qu'il devienne un « petit chef d'exploitation en industrie agroalimentaire ». Plouc, péouze, pécares, péquenos, cul-terreux, bouseux etc.. le vocabulaire est aussi « fleuri » que pour le « racisme classique » et la même méthode est employée pour l'éliminer et s'accaparer son lieu de vie. Il est aussi « l'indien dans nos têtes ».

En toute logique, il est urgent d’arrêter un système qui n'est pas viable en raison de tas de facteurs comme l'entropie, l'empoissonnement et autres ravages qualifiés par les économistes « d'externalités sociales et environnementales ». Il n'est pas viable de « marchandiser » l'univers, le vivant, les semences, l'eau l'air la terre et le feu. Et de plus, eux-mêmes les plus puissants pourtant grassement rétribués, « tenants du système » « ne sont qu' à la traîne du système qu'ils ont crée sans le savoir et qu'ils doivent alimenter chaque jour, même à leur propre dépens, sous peine de leur ruine »... cite Marx :« fétichisme de la marchandise »... « renonciation de l'homme à ses pouvoirs »... « ne sont que les sous-officiers du capital » (Anselm Jappe-Serge Latouche « Pour en finir avec l'économie ».) 

Vivre libre ou mourir contaminé

(panneaux téléchargeables et extraits de http://independentwho.org/fr/tracts-et-expositions/)

 

A/ Message de Bure du 23 Novembre 2016 :

« Le couperet est tombé, avant hier le 21 Novembre 2016 , le CGEDD (une « autorité environnementale » ne juge pas nécessaire de prescrire une étude d'impact pour les défrichements déjà réalisés pour la "caractérisation" de CIGEO.

La décision est ici :

http://www.cgedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/161121_decision_ae_kpark--operations_caracterisation__sites_cigeo_52-55_cle6acc4c.pdf

=> ça leur donne un blanc-seing pour faire les travaux préparatoires sans aucune études d'impact environnemental... . »

« Vous savez bien comment vont ces occupations la plupart du temps : les méchant-es commencent à détruire l’environnement, les gentil-les interviennent, et à fin les méchant-es reçoivent un papier les autorisant à démarrer les bulldozers encore une fois. C’est pour ça qu’on a besoin de vous. Que vous veniez. Ici. Pour résister... » http://vmc.camp/2016/11/25/appel-durgence-depuis-et-pour-loccupation-du-bois-lejuc-a-bure/

 

 

Comme à NDDL, à Sivens et ailleurs ils ont tous les copinages et moyens administratifs, juridiques, médiatiques- propagandistes etc pour faire passer leur dogme : le développement, la croissance, l'industrialisation, bref le capitalisme remaquillé en ultra-libéralisme, vert de surcroît , (La société de marché est du bluff dénoncé de longue date) , leurs moyens financiers aussi sont illimités, qu'ils viennent des impôts ou des firmes ou autres institutions financières. Il n'y a rien d'étonnant à cela. L’État nucléaire a besoin d'une « dictature » comme on le voit ici mais plus développée est-elle au Japon.

Comme le colonialisme, le capitalisme, le productivisme ont besoin du racisme pour s’accaparer les richesses et désigner des boucs émissaires pour justifier l'abaissement de l'autre et ainsi dévier la « majorité » en dehors des sources du problème : Dieu l'Economie, l'OMPI est son Eglise car « Dieu » est mort à Hiroshima, il s'était déjà fait tailler les veines à Auschwitz et casser la figure à Wounded Knee.

 

Un bel exemple de l'aliénation dominante est le témoignage d'un camarade (vigie) qui a travaillé dans une ONG à Calais ce printemps 2016 lorsque les réfugiés avoisinaient le nombre de 5000, plus tard ils furent de 7000 à 10000. Le camarade, lors d'échauffourées, dut faire la circulation des voitures avoisinantes un moment,et c'est alors qu'un des conducteurs lui sortit un grand « laissez les crever! ». Voilà un exemple très parlant de la crétinisation réussie de pays entiers. Comme les cadavres de Lampédusa jusqu'aux plages du détroit de Gibraltar ne peuvent plus être cachés comme ils l'ont été depuis des lustres. Et Comme les USA le font par rapport au Mexique et ses murs de la honte , la forteresse Europe continue d'injecter des millions d'euros à des dictateurs pour qu'ils renforcent la répression sur place en plus des millions injectés dans FRONTEX, elle laisse monter le leurre xénophobe.

 

Alors que la cause de ces émigrations massives qui ne datent pas d'hier sont connues mais savamment refoulées. Ces migrants n'ont pas le choix, après avoir enduré les plus grands risques, pour arriver en occident tant vanté et avec un modèle imposé par la ruse et par la force. Les boucs émissaires du 21ème siècle tentent d'échapper aux guerres et leurs chaos provoqués, à la pauvreté et aux dégradations environnementales, à l'accaparement des terres etc « entraînées par les politiques post-coloniales et marchandes » instituées au départ par l'occident lui-même et étendues au monde entier.

 

De Calais à Vintimille et partout dans le monde, des camps de concentration grossissent à former un continent entier « invisible » pour ceux qui ne veulent pas voir et ceux qui profiteront de cet univers concentrationnaire et corvéable à merci pour une énième récupération par leur dieu économie. Comme il y a de longue date aussi des zones de « libre exploitation de non droit » (http://elianguesard.l.e.f.unblog.fr/files/2014/12/etsicestunefemme.pdf) les grandes firmes commerciales y viennent s'engraisser chaque jour.

C'est une folie pure de vouloir contenir le flot des déshérités, c'est juste impossible et encore plus fou de ne pas s'en prendre à l'origine des conséquences d'une politique désastreuse montée de toute pièce sur le bluff du développement.

 

Nous régressons vers le pire :p166 « Celle ci était calculée en fonction des « capacités d’absorption » des diverses installations de mise à mort, et aussi des demandes de travailleurs esclaves émanant des nombreuses entreprises industrielles qui avaient découvert tout le profit qu'on pouvait tirer de l'installation de filiales aux alentours des camps de la mort »[ IG Farben, Krupp, Siemens – Schuckert implantés à Auschwitz et aux environs du camp de Lublin 25000 morts à IG Farben sur 35000]

( Hannah Arendt "Eichmann à Jérusalem")

(http://elianguesard.l.e.f.unblog.fr/files/2014/12/ranazbouc.pdf)

 

Un autre exemple de la crétinisation imposée est le fait que les camps de Calais aient été nommé « Jungle » montre bien la connotation raciste et colonialiste dominante d'un pays qui a grandi avec cette mentalité inculquée pour animaliser l'autre, pour le détruire et s'accaparer les richesses de son pays. (Voir les « Zoos humain », les fameuses expositions coloniales auxquelles répondent superbement la semaine anti-coloniale chaque année http://www.anticolonial.net/ ou les nombreux écrits de Cheikh Anta Diop, Césaire, Fanon, ou «  L’Afrique répond à Sarkozy » sous la direction de Makhily Gassama, « Petit précis de l'histoire africaine à l'intention de... » sous la direction d'Adame Ba Konaré, « le viol de l'imaginaire » d'Aminata Traoré.

 

p41 "En réalité, les nations qui entreprennent une guerre coloniale ne se préoccupent pas de confronter des cultures. La guerre est une gigantesque affaire commerciale et toute perspective doit être ramenée à cette donnée. L'asservissement , au sens le plus rigoureux, de la population autochtone est la première nécessité. Pour cela il faut briser ses systèmes de référence." "[...]"p208 "Il est clair toutefois que cette explication psychologique, qui fait appel à un hypothétique besoin de défoulement de l'agressivité ne nous satisfait pas. Il nous faut encore une fois revenir aux schémas marxistes. Les bourgeoisies triomphantes sont les plus impétueuses, les plus entreprenantes, les plus annexionnistes qui soient (Ce n'est pas pour rien que la bourgeoisie française de 1789 mit l'Europe à feu et à sang. » Frantz Fanon « Pour la révolution africaine »)

 

On pourrait parler aussi du recyclage des officiers de l'OAS en « FrançAfrique » (Cf L'éternelle FrançAfrique http://survie.org/, voir aussi « Kameroun » http://www.kamerun-lesite.com/ ou au Nigeria par exemple, tout un chapitre est dédié à ce pays dans « La haine de l'occident » de Jean Ziegler. Un des pays où règne le chaos et le terrorisme parallèlement au fait que toutes les compagnies pétrolières du monde y sont présentes, à sucer le sang de l'Afrique, de la terre, jusqu'à la dernière goutte, jusqu'à la nausée. Le terrorisme et les guerres comme au Moyen Orient sont la plupart du temps une construction de l'occident ; on les laisse jouer sur l'échiquier juste le temps de rafler la mise et semer le chaos. Je me souviens du terme employé par Albert Einstein pour désigner la société capitaliste dans son texte « pourquoi le socialisme » (qui aurait besoin de mise à jour) : « La rapine », c'est exactement cela ; la rapine.

 

Toutes les richesses des grandes familles bourgeoises qui occupent tous les postes clefs du pays ont des liens avec ce passé encore occulté à ce jour . Voir par exemple la proposition de loi promouvant les « bons côtés du colonialisme », ou la tentation de faire un « quiz raciste français » des meilleurs déclarations publiques dans les médias, ou ce dernier exemple : que la torture pratiquée en Algérie par les officiers français n'est toujours pas reconnue par le gouvernement pseudo socialiste actuel. Alors que les USA ont reconnu la torture dans leurs prisons de Guantánamo. Sans aucune sanction il est vrai, mais c'est déjà un pas, alors qu'en France, « ce silence est malsain et coupable » (Michel Terestchenko « L'ère des ténèbres).

 

On pourrait parler de toutes ces multinationales enrichies aussi par la guerre et l'argent publique de leur propre pays et par d'incessantes magouilles publiques-privées.

On pourrait parler de la dictature de la dette : http://cadtm.org/

On pourrait parler des caractéristiques historiques de la création des Etats pour s'accaparer l'argent nécessaire aux guerres devenues de plus en plus technologiques et coûteuses au sortir du moyen-age « Historiquement, l'Etat naît et se fonde sur le monopole de la violence. » ... « L'Etat fonctionne parce qu'il a de l'argent ...des levées d’impôts ...parce qu'il y a une production capitaliste de valeur...L'Etat sans croissance se délite »... « Ainsi la forme capitaliste de l'Etat moderne nous montre qu'une société post-capitaliste est nécessairement une société post-étatique, ce qui évidemment ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de structures publiques ou communes. » (Anselm Jappe-Serge Latouche « Pour en finir avec l'économie ».)

 

Mais revenons à ces belles et nobles familles caractéristiques de l'atrophie de la pensée française actuelle.

 

Un exemple très significatif est sans doute la famille qui nous ramène le plus à l'ineptie nucléaire imposée, celle de Valéry Giscard d'Estaing, meilleur exemple de la prévarication française et représentative des grandes familles hexagonales qui se sont enrichies depuis des lustres grâce à « la Coloniale ».

A noter que le grand-père Giscard était un simple quincaillier qui a fait fortune avec le « commerce » du bois d'Afrique. Le « libre échange » existait bel et bien avant papy Giscard, depuis l'esclavagisme, on échangeait de la verroterie avec de l'or. Les autochtones à qui cela ne convenait pas n'avaient pas les moyens de résister face à des canons et des fusils à baïonnette. Comme les amazones béninoises qui faisaient des roulé-boulé dans les jambes des soldats colonialistes français, ces « conquérants »...

Papy, avec ses relations et ses bénéfices a pu s'acheter une particule et un lointain ancêtre par le lit d'un roi, ce fut son D'estaing...http://elianguesard.unblog.fr/files/2013/04/giscard1.pdf

 

En lien avec la forfaiture de Bure on peut citer aussi le cas Gérard Longuet ; recordman de France des kilomètres de casseroles ex æquo avec Balkany sans aucune réelle sanction. Ce n'est pas un hasard si ces personnes sont quasiment blanchis par les décisions finales de la justice peu indépendante, car c'est surtout pour service rendu au nucléaire. Ils couvrent aussi tout le trafic d'arme et sont les porteurs de valise de la FrançAfrique. Et ailleurs. Comme un Gaston Flosse en Polynésie qui peut faire assassiner tous les journalistes Couraud qu'il voudra. Ou comme sûrement, au temps de Pasqua, le journaliste Jacquemin a failli y passer.

 

Voir aussi

- sur Longuet :

http://www.villesurterre.eu/index.php?option=com_content&view=article&id=557

 

- la tentaculaire nommée « le réseau Vulcanus » :

http://mcca-ain.org/index.php/lelobby-et-ses-hommes-de-main

http://owni.fr/2012/10/26/lapplication-facenuke-atomisee-de-linterieur/

http://ecologie.blog.lemonde.fr/2012/04/16/facenuke-la-cartographie-du-lobby-nucleaire-francais/

 

- L'escroquerie nucléaire selon Charlie http://kna-blog.blogspot.fr/2015/05/lescroquerie-nucleaire-selon-charlie.html

 

- Une Brève histoire de la « France nucléaire » ou « l'Etat nucléaire », de Eurodif : http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2016/11/24/Histoire-%3A-l-Iran-entre-dans-le-capital-d-Eurodif-Areva-et-devient-propri%C3%A8taire-de-10-de-l-uranium

à Uramin : http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2016/11/22/Les-peuples-autochtones-du-Canada-se-soul%C3%A8vent-contre-le-colonialisme-et-Areva )

On pourrait parler...etc mais seule la lutte sur le terrain...Il faudra s'y résoudre; c'est une lutte à mort contre l'Etat nucléaire.

 

 

 

B/ Compte-rendu procès 15/11/2016 Elian – Notes non exhaustives et commentaires

 

Elian comparait pour violences volontaires sans ITT sur 4 gendarmes.

 

Il a choisi de ne pas se faire assister par un avocat et de ne pas solliciter de soutien.

Les gendarmes ne sont pas présents dans la salle, pas d'avocat, ils ne sont pas constitués partie civile (si j'ai bien compris ?).

Le président n'est pas celui que nous avons habituellement : c'est un JAP, plus jeune.

Le procureur est le même que nous avons habituellement (nommé récemment en septembre).

 

Elian précise d'emblée qu'il est malvoyant et malentendant. Le président dit qu'il va parler fort, ce qu'il fera effectivement tout au long de l'audience contrairement au procureur qui n'utilise pas le micro comme à son habitude.

 

Le président rappelle rapidement les « faits qui se sont déroulés dans la zone de Bure où des opposant-es au projet Cigeo faisaient une manifestation pour tenter de rentrer sur le chantier dans le bois Lejuc. Elian a essayé de rentrer dans le bois malgré la demande des gendarmes de quitter les lieux. Il a alors tenté de forcer le passage par deux fois. Mais il n'a pas reconnu ce fait ».

 

Elian prend la parole :

« J'étais à une manifestation le samedi 17 juillet et le dimanche pour réoccuper le bois Lejuc et empêcher le début des travaux de CIGEO. Dès le samedi, il y a eu des échanges de grenades et de cailloux

Je dois préciser que j'étais à Sivens quand le jeune Rémi Fraisse s'est fait tuer. Alors je ne voulais pas que ça recommence. Je suis allé voir les forces de l'ordre pour leur dire qu'il fallait se retirer et qu'il pouvait m'interpeller pour arrêter tout ça. Tout l'après-midi, j'ai vu des jeunes qui n'avaient que des pierres face à des gendarmes sur-équipés.

Dès le samedi après-midi, j ' étais devant [dans le cortège] le Commandant Dubois et lui ai demandé à être arrêté pour éviter un accident à Bure aussi mais les gendarmes n'ont pas voulu m'arrêter cela les décontenançait.

J'ai agit sans concertation avec les jeunes de Bure quand j'ai décidé de provoquer mon arrestation sans réelle violence [le lundi matin], ce sont les gendarmes qui m'ont blessé. Je voulais dénoncer l’État nucléaire… »

 

Le Président le coupe et le ramène aux fais : « Vous avez provoqué votre arrestation en forçant le passage pour rentrer sur le chantier ? »

- Non j'ai fait mine de passer pour provoquer mon arrestation.

- Mais les gendarmes disent qu'ils ont été chargés.

- Non j'ai avancé et poussé lentement comme dans une mêlée. [rugby, je leur ai dit d'ailleurs] Y'a pas d'autres moyens car tous les accès politiques sont verrouillés . [ils nous forcent à nous entre-tuer ces c...]

- Vous ne reconnaissez pas les faits de violence ? Je vous lis la déclaration du 1er gendarme qui explique que vous avez tenté de passer une première fois, puis une 2ème fois avec plus d'insistance.

- Non il n'y a pas eu plusieurs étapes, ils m'ont arrêté tout de suite, il n'y a pas eu de discussion. Je me suis tout de suite retrouvé allongé sur le ventre et ils m'ont ligoté .[avec un collier d'électricien... qu'ils ont du couper après, car faisant garrot cela commençait à « brûler » je m’exclamai :« ça chauffe ça brûle ! » Ils me disaient que c'est une entrave légale, je leur répondais que c'est comme un nœud coulant qui n'a pas de retour possible en arrière, et que ce n'est pas fait pour ça (serrer les câbles dans les chemins de câbles) ils pourront avoir des ennuis avec cela]

- Je vous lis le témoignage du 2ème gendarme qui vous a demandé de faire demi-tour, qui précise que vous avez expliqué votre geste sans insulte mais que vous étiez très insistant.

- Non j'ai poussé comme dans une mêlée au rugby, pas plus.

- Mais on n'est pas au rugby ! Ce sont des gendarmes et c'est quand même des violences, même petites.

- Je n'ai pas voulu les blesser, je les ai juste poussés.[et c'est eux qui m'ont blessé (entaille au crane, les gendarmes m'ont emmené la faire soigner à l’hôpital de Commercy, l'infirmière roumaine était sympa et les a fait sortir, puis m'a demandé si je voulais faire passer un message...]

 

Le Président lit le 3ème et 4ème témoignage : idem. Et il ajoute que les gendarmes disent tous à peu près la même chose.

- Trouvez-vous que c'est une attitude normale ?

- L'attitude pas normale, c'est de vouloir empoisonner un territoire, je fais parti des manifestants qui sont devant l'OMS depuis 10 ans pour dénoncer l’étouffement des effets sanitaires de la radioactivité dans les zones contaminées…

- Ce ne sont pas les faits, je vous ai laissé vous exprimer sur vos revendications mais recentrons-nous sur les violences faites aux gendarmes.

 

Il demande au procureur s'il a des questions. Non.

Il énonce que Elian a une condamnation inscrite à son casier judiciaire pour occupation (?) mais qu'il a eu une dispense de peine. [je fais parti des faucheurs de Colmar très long procès, avons gagné en appel mais le jugement a été cassé, on est en attente d'un jugement à Nancy mais rien de sûr...]

Il procède à l'enquête de personnalité : « Vous êtes titulaire d'un DUT thermique (BacF3electrotechnique...les colliers...), sans emploi, ressources actuelles 3 000€ par an. »

 

- Vous avez démissionné en 2008 ?

- Oui j''avais de problèmes de santé. [et plus capable moralement de faire ce travail, avais fini de payer la maison etc +...]

- C'est les raisons de votre démission ?

- Oui j'ai des problèmes de cécité visuelle (il fournit le certificat médical [Rétinite pigmentaire reconnu travailleur handicapé]

- Vous avez des indemnités ?

- Non puisque j'ai démissionné, je n'ai rien demandé.

- Comment vivez-vous ?

- Pendant 20 ans, j'ai fait des économies pour réhabiliter une maison.

 

Il donne la parole au procureur :

«  Monsieur Guésard est dans la galaxie Bure que le tribunal connaît trop bien ».

Il rappel les faits. Puis ajoute :

« Son but affirmé était de se livrer. Je préférerais ne voir que des « Monsieur Guésard » plutôt que ce qu'on l'on voit à Bure où des individus jettent des boules de pétanques, des cocktails Molotov sur les forces de l'ordre. Monsieur Guésard devrait en prendre conscience et les amener à plus de modération. On peut voir sur internet des vidéos concernant cette zone qui est quasiment en voie d'être à défendre... Les gendarmes ont donc connu pire sur cette zone que M. Guésard. Ils n'ont pas eu le choix de l'arrêter car il les a « embêté », il n'y a pas d'autre mot.

Le tribunal pourrait trouver une qualification alternative plutôt que violence. Pris dans la finalité de sa conduite idéologique, M. Guésard n'a pas entendu les conseils des gendarmes. Je ne suis pas sûr que la raison soit toujours présente dans cette zone. »

 

Il requiert 600 d'amende dont 300 avec sursis.

Le président demande à Elian s'il a quelque chose à ajouter :

« J'agis pour des principes que j'ai appris dans ce pays. Quand c'est révoltant, c'est tout à fait normal qu' on se révolte.[c'est même notre devoir; Cf déclaration 1793]. Chaque année depuis 2007 il y a un rassemblement sur le plateau des Glières , on viens à la rencontre des Résistants, des anciens [Hessel, Aubrac, Landini etc] et des nouveaux résistants comme Denis Robert, Irène Frachon... ».[se recharger les batteries voir http://www.citoyens-resistants.fr]

 

Le Président lui demande de faire court.

« Il y a un lien entre résistants du passé et du présent, si je ne fais rien, c'est comme si je crachais à la figure de ces résistants. [les anciens comme les nouveaux, les anciens disparaissent un peu chaque année comme ceux que je côtoie depuis 10ans devant l'OMS www.independentwho.org]

 

Le Président le coupe et lui demande de terminer en une seule phrase.

Alors je reprends la devise des soldats de l'An 02 [1790] reprise sur les Glières [en 1944 rajouté d'un seul mot ]:« Vivre libre ou mourir contaminé ! ».

 

Le président le condamne à 250€ d'amende et précise qu'il a 10 jours pour faire appel et bénéficiera de 20 % s'il s'en acquitte dans le délai d'un mois, tout comme pour les frais de procédures dont le montant est de 127€.

 

Nous sortons de la salle d'audience. » [...] 

« Le groupe lui avait alors reproché de prendre une décision individuelle qui avait entraîné des risques pour tous-tes.

Pourtant, durant son procès, encore une fois, l'évidence m'est apparue qu'il nous faut ne pas rester seul-es face à cette justice.

Préparer ensemble notre défense est un bouclier face à l'arme judiciaire. Et notre solidarité est une force qui résiste à leur stratégie de domination, d'écrasement, d'isolement. Cette intelligence collective dépasse l'entendement servile et aride des caricatures de procureurs et de juges que nous avons habituellement en face de nous.»

B– ARR Bure – 20/11/2016

Commentaires d'Elian :

 

Il y aurait à dire sur l'intervention du procureur que je n'ai pas entendu. Le fait qu'il n'utilise pas le micro et ne regarde pas ses interlocuteurs est déjà un manque de respect. On sent toujours le mépris (rien de pire que le mépris) déjà vu lors d'autres procès. C'est « la galaxie Bure » dans « l'univers du procès », ce grand théâtre et sa mise en scène pour impressionner le gogo. Mais on peut les toucher derrière leurs carapaces.

Sur « Je ne suis pas sûr que la raison soit toujours présente dans cette zone. » il faut répondre qu'au contraire c'est la raison qui prévaut dans ces territoires en lutte, ils-elles, ces jeunes, sont les seuls opposant-es politiques réels de ce pays, la seule résistance concrète. Et ils-elles s'inscrivent dans les autres luttes d'autonomie dans le reste du monde. (voir à ce sujet :

p155 « On assiste à la multiplication des luttes des peuples autochtones [Cf Lutte d'autonomie], des paysans, des habitants du monde rural qui s'insurgent contre la dévastation de leurs territoires. Des associations dénoncent au niveau régional comme à l'échelle mondiale les « grands projets inutiles imposés ». www.reporterre.net/Dossier-GPII-Grands-projets

Les luttes de ceux que l'on appelle les « zadistes », s'inscrivent dans une défense des territoires à défaut, pour l'instant, d'être une reconquête.

Même si les zones concernées sont moins étendues que les forêts équatoriales et les enjeux moins vitaux, les problématiques en jeu sont proches. Les « zones à défendre » se multiplient. Elles donnent lieu à des occupations, des installations, des projets de vie différents. Généralement l'agriculture y occupe une place importante. Ce sont souvent des terres agricoles ou des territoires ayant un intérêt écologique qui font l'objet de luttes. Pour certains peuples ce sont aussi des zones ayant un caractère sacré qui sont menacées. Des gens risquent leur vie pour défendre ces territoires, ce ne sont plus seulement des paysans, et la multiplication de ces conflits territoriaux à travers le monde commence à faire sens. »

(Silvia Pérez-Vitoria « Manifeste pour un 21ème siècle paysan »)

 

(Voir aussi « les indiens dans nos têtes » https://nantes.indymedia.org/articles/36158

http://www.bastamag.net/Les-Quebecois-entrent-en-guerre-contre-un-nouveau-projet-d-oleoduc-geant)

 

et sur les « boules de pétanques, des cocktails Molotov » qu'ils s'estiment heureux, ce pourrait être pire, c'est pour cela aussi qu'il faut agir avant la catastrophe (Belbéoch (1)).

 

Merci à B. de m'avoir conseillé avant le procès car j'aurais facilement glissé à utiliser le mot non pas « fascisme » mais « tous pourris » ou « corruption-prévarication » par exemple, qui m'aurait valut plus de répression. Par exemple tous ce que j'ai crié aux flics le samedi (ils doivent avoir les enregistrements...)

« Gérard Longuet je te vois » « Vichy Nucléaire »....

 

Bien sûr ce geste peut être vu comme inutile ou ridicule alors que c'est la situation générale qui est absurde, mais je le prend encore pour un enseignement, pour la prochaine fois, à d'autres endroits. Parmi toutes les corporations de ces administrations, il y a au moins un pourcentage même faible voir très faible qui ont un jugement juste et il faut tabler sur ceux là pour percer la muraille, au moins essayer.

Comme le commandant Dubois me rembarrait à plusieurs reprises pour me dissuader, jusqu'à la dernière fois quand j'étais menotté, je répétais à chaque fois « Si on essaye rien on a rien ». Je voulais les avoir en face ces hommes de justice (et comme on en a parlé avec B. avant l'audition, les prendre à leur propre mythe : la Nation. Ces principes qui, pour la plupart, sont largement bafoués.

Car c'est une honte et ces types ne veulent pas voir et se ferment dans un bocal mental (Cf Laborit, Cyrulnik (2)) pour ne pas admettre qu'ils se font dessus. Je voulais les voir en face encore une fois pour essayer de placer quelques mots qui fâchent, en vain. Par exemple, pour leur dire que l'axe, la colonne vertébrale de toutes nos sociétés c'est la justice, c'est en leur pouvoir, ils s'affichent comme leur représentants, et s'ils le veulent vraiment, ils peuvent faire que les choses se passent sans violence, car il y a du changement dans l'air. Ou nous nous entre-tuerons.

Tous les principes, absolument tous les principes qui ont fait ce pays sont reniés, bafoués par ceux-là mêmes qui prétendent les représenter. Comment ne pas être révolté ?

Quand c'est l'Etat qui ment qui vole et qui tue, il ouvre la porte à tous le monde pour mentir voler et tuer. A ceux qui veulent une justice indépendante, il leur faut embaucher d'autres juges Van Ruymbeke et réembaucher des juges Bertella Geffroy à tour de bras et ressusciter des juges Michel des Juges Borrel etc. Leur dire que l’indépendance est fille de la liberté (cette femme, ce mythe qui peut rassembler), elle ne se demande pas elle s'arrache...

Leur dire d'une façon plus générale qu'il faut que la France par une justice indépendante se lave de tout ce sang versé « au nom du peuple français ». Cette dernière phrase aussi encartée sur les actes de justice que l'on reçoit, m'a toujours interpellé (ils sont gonflés les types) . Il y a beaucoup à dire là-dessus aussi.

 

Maintenant je vais tâcher d'expliquer mon geste un peu « surprenant » comme me l'a dit un jeune après que je sois rentré de la garde à vue. Un autre m'a dit que c'est dommage on aurait pu m'utiliser...je reste à disposition...

 

Comme dit plus haut je fais parti des vigies devant l'OMS depuis dix ans tous les jours ouvrés à l'initiative d'un paysan breton bien engagé depuis longtemps contre le nucléaire et l’aéroport. Je suis moi-même fils de paysan au milieu d'une fratrie de cinq ; l'entente n'y est plus fraternelle, on fait le minimum syndicale pour ne pas se fâcher définitivement. Celui qui a repris la ferme est productiviste. comme mon père l'était. Et en tant que faucheur, cela me parle ce risque de « lutte fratricide », car au bout du champ, il se peut toujours qu'on rencontre un jour un frère ou un cousin...

 

J'étais à Sivens, on est resté tout l'après midi devant cette fameuse grille avec les flics en face. Mes camarades les interpellaient, pour leur dire qu'ils n'avaient rien à faire ici que c'était de la provocation. On parlait de leur suréquipement, et qu'un jour ou l'autre cela tuerait (encore) . J'ai du quitter les lieux à la tombée de la nuit comme je ne vois rien dans le sombre, j'entendais les explosions la nuit. Le lendemain en voyant une des faucheuses en larmes en me regardant , j'ai compris que ce dont on avait parlé la veille était arrivé.

Des choses comme cela ne s'oublient jamais.

J'ai regretté, car tout l'après midi du drame, pendant que mes collègues interpellaient les flics, moi je pensais (et rêvait) que je pouvais en pousser quelques uns dans la tranchée d'à côté (comme ils sont équipés comme des tortues Ninja...) cela n'aurait servi à rien mais j'aurais fait « ma B.A »... le rugby.... Pourquoi ? Parce qu' au départ du cortège avec le troupeau de moutons contre le puçage, en partant de la barricade, un « animateur » avait lancé la phrase classique que l'on lance à chaque départ d'action (Weterren, Colmar etc) « Chacun est responsable de ce qu'il fait puis nous sommes tous responsables » .

Et supporter une telle impuissance après les événements m'est difficile. C'est un besoin de s'opposer physiquement en plus de l'esprit ou du mental (l'un n'est rien sans l'autre).

 

C'est comme devant l'OMS ; on met le corps en opposition face à ce qui nous révolte, on brave la pluie le froid le temps et quelques moqueries (rares depuis le 11 mars 2011). On sait qu'on est pas « efficace » pas même « rentable » dans un monde de l'argent roi. Mais c'est là qu'intervient la question du sens. La connexion avec ceux qui luttent et qui souffrent quelque-part sur la terre. On s'adresse bien à la population, c'est de l'éducation populaire, on sait très bien qu'on a rien à attendre de ces institutions, ces Etats criminels.

 

La vigie va s’arrêter le 26 Avril prochain, nous avons fait le tour de la question, et nous vieillissons. La lutte non violente s'inscrit dans la durée, certes, mais elle s'étale sur plusieurs vies... Faute de force aussi, je n'ai pas pu boucher tous les trous ni ramener du monde, j'ai essayé dans quelques manifs ; « semi irradieux » et « 100 et 200mille pas » etc ou comme à l'AG SDN à Angers en février 2016 ; mais comme j'ai vu faire, il aurait fallu prendre le micro de force...Le problème est que les gens qui prennent le micro de force ne se rendent pas compte que plus personne ne les écoute...

 

Lorsqu'elle a apprise l'arrêt, une vigie a dit que « ce qui est fait n'est plus à faire » « Une chose meurt et quelque chose d'autre naît ailleurs ». C'est vrai, tout le travail qui a été fait est remarquable, la lutte continue ailleurs. Mais j'ai tellement reçu des autres dans ces rencontres que je suis redevable (« don et contre don » Marcel Mauss) pour des autres et ainsi de suite. Dernièrement un ancien de Taverny est décédé, c'est à dire quelqu'un qui a connu Solange Fernex, Théodore Monnod. Peut-être Lanza del Vasto, général De La Bollardière.... Un autre avait assisté (ou connaissait) au discours de Jean Rostand à la Mutualité Paris en 1966 déjà très vigoureux (il m'a donné le CD d'enregistrement), d'autres ont fait Plogoff, Erdeven, Le Carnet, Le Pellerin... des victoires, Golfech, Creys-Malville des emmerdes...

Il y a même un guide de haute montagne qui a fait sauter avec son camarade (spécialiste des charges creuses au sortir de la guerre) un pylône de téléphérique en construction il y a longtemps ... le téléphérique du Mont Blanc ne va pas plus haut que celui actuel , c'est à eux que l'on doit cela. Le sabotage et la menace par téléphone étaient plus faciles à l'époque...

Sur cette question qui revient souvent du sabotage, on a rencontré ceux qui ont tiré au lance roquette sur le réacteur de Malville en construction. Pour la petite histoire, s'ils avaient atteint la cible du réacteur ouvert à ce moment, ils auraient pu retarder les travaux de plusieurs mois, le problème est qu'ils ont raté leur coup parce qu'ils s'étaient entraînés plusieurs fois sur les lieux du tir, mais ce lieu était au bord du Rhône, et le jour du tir prévu, ils ont du se déplacer car le Rhône était en crue... Pas de bol. N'empêche que les petits suisses...

 

Le fait que j'ai passé des heures et des heures devant ce bâtiment de glace plus que les autres n'est pas en pure perte, mais ce n’était alors déjà plus une œuvre collective. J'ai trop reçu des autres et me suis nourri de leur histoire, d'ailleurs une vigie est la petite nièce de Marc Bloch, et faisait parti du groupe MAUSS (CNRS) cela créer du sens et des liens. Le guide de haute montagne était le fils d'un membre du réseau Uranus-Kléber dénoncé comme Bloch par des français et disparus dans les camps.

Ainsi cela n'est pas dit dans la chansonnette : « Ami si tu tombes un ami sort de l'ombre à ta place » On devrait dire « Ami si tu tombes, c'est que tu t'es pris une balle dans le dos par un soldat français ! » ou une grenade comme à Creys Malville ou à Sivens ou que tu t'es fait couler comme le Rainbow Warrior ou le Guilvinec Bugaled Breizh !!!!

 

Si on cherche on trouve facilement pour ceux qui veulent enfin ouvrir les yeux. Qu'il y a la haine du français parce qu'il y a la honte du français, comme il y a « la haine de l'occident » parce qu'il y a la honte de l'occident.

 

Il est temps que la France se lavent les mains de tout ce sang versé « au nom du peuple français »

 

Il est aussi à rappeler que le professeur Nesterenko est venu lui aussi en vigie nous exprimer son soutien avec les scientifiques slaves. Il était lui même dans l'intelligentsia nucléaire bélarusse et avait conçu une centrale portable ( PAMIR) avant l'explosion de Tchernobyl, mais comme Sakharov et avec lui, ils s'étaient rendu compte du crime contre l'humanité du nucléaire par ses conséquences démesurées lors de l'explosion, et avaient fondé Belrad un institut qui mesure et soigne les enfants contaminés et malades qui ne sont toujours pas reconnus . http://enfants-tchernobyl-belarus.org/

Il est remarquable aussi d'ajouter que dans leurs pays, on a utilisé et abusé du culte du héros pour la propagande ; les « stakhanovistes ». Alors qu'encore de nos jours, les liquidateurs de Tchernobyl ne sont pas reconnus pour les dommages subit à leurs corps et à leur descendance. Ils ont sauvé l'Europe et l'Europe les nie. Le Pr Nesterenko, à sa venue à Genève en 2008, nous avait laissé un message que nous a traduit W. Tchertkoff, il nous souhaitait longue vie jusqu'à la victoire (Poka né pobedim).

Cela ne peut s'oublier non plus.

J'insiste souvent sur l'exemple de Nesterenko car avec Sakharov, du camp des « pro-atome » ils ont basculé dans l'opposition au nucléaire et ses méfaits comme d'autres scientifiques de pointure : Goffman Tamplin, Sternglass, Stewart, Einstein etc. Ce qui montre que l'homme peut changer s'il prend conscience. Eux ont basculé après les drames mais ils auraient pu se saborder avant comme Alexandre Grothendieck (qui lui aussi a eu sa famille disparue dans les camps). (Voir « Survivre & Vivre » Céline Pessis http://science.societe.free.fr/documents/pdf/Survivre/Pessis_M2_Survivre.pdf )

 

Ce point de s'adresser à tous est capital car les conséquences touchent tous le monde. Les lobbies et autres gouvernements ne peuvent pas se protéger efficacement non plus. Malgré leur « principe d'irresponsabilité » il doivent et peuvent réfléchir à cela.

 

On doit finir ce travail...d’ailleurs on n'a pas le choix (la devise...) à cause de la honte du français. Ce sont des français qui étouffent le plus les conséquences sanitaires désastreuses de la contamination radioactive (Cf Ethos CORE EPICE Lochard- Dubreuil etc à Tchernobyl, Fukushima et ailleurs) voir aussi le communiqué de la CRIIRAD sur Euratom en cas d'accident, la honte de l'acceptabilité sociale et du leurre des seuils:

« Le chiffre réel [des cancers] dépendra de l’étendue de la contamination, des caractéristiques de la population, des voies d’exposition et de la nature des radionucléides mais ces estimations donnent une idée du niveau de risque que les autorités considèrent comme « acceptable » pour la gestion des territoires contaminés. Et il faut ajouter à cela les anomalies génétiques dans la descendance des personnes exposées, les malformations et toutes les pathologiques non cancéreuses identifiées chez les habitants des territoires contaminés, en particulier chez les enfants : problèmes cardiaques, endocriniens, gastro-intestinaux, maladies auto-immunes, maladies infectieuses rendues très virulentes du fait de l’altération du système immunitaire, développement du diabète sucré insulino-dépendant, etc.

Si ces dispositions sont adoptées, elles ne devraient pas être présentées comme des mesures de protection sanitaire des populations mais plutôt comme des mesures de protection des intérêts de l’industrie nucléaire. »

http://www.criirad.org/euratom/euratom2013-59-niveaux-exposition.html

 

 

Cela a aussi étonné les jeunes que je discute avec les flics ou les vigiles-miliciens ; c'est parce qu'on a toujours parlé avec tout le monde devant l'OMS, même des coriaces (le devoir de rester courtois...pour rester dans les clous) et que c'est surtout ces personnes là, qui viennent du même milieu social que nous, qui peuvent être amenés à devenir des tueurs comme les policiers réservistes de Hambourg décris dans le livre de Michel Terestchenko (Un si fragile vernis d'humanité), et j'ai toujours en tête la phrase de Charbonneau quand je les vois (au grand stade de lyon, NoTAV. NDDL Sivens bure et ailleurs ) :

« Le crime capital, la responsabilité qui les englobe toutes, c'est le vœu d'obéissance absolue à la société, l'abdication de sa responsabilité. Les monstres d'Oradour n'étaient que des soldats tenus d’exécuter les ordres, ils n'étaient pas responsables. Mais là fut précisément leur culpabilité qu'ils partagent avec tous les hommes qui acceptent la discipline de l'Armée, dont le culte stupide et sanglant de la Nation. En devenant de purs instruments ils avaient commis leur crime par avance. Mais tout le monde n'a pas la malchance d'être envoyé à Oradour. » Bernard Charbonneau (je fus-essai sur la liberté).

 

Et aussi en tête cette chanson et cette histoire, qu'un référant de la conf d’Alsace d'origine bretonne fredonne sur la plupart des actions auxquelles j'ai participé depuis 2003 : « Gloire au 17ème ».

Oui, gloire au 17ème, crosse en l'air ceci n'est pas un ordre, je répète, ceci n'est pas un ordre !

 

En tête résonne encore l'intervention de Sohal Bechara sur les Glières en Mai 2015

http://www.citoyens-resistants.fr/spip.php?article429

https://vimeo.com/136286942

Sur l'enregistrement, le son de la voix est aussi clair mais la montagne répondait en échos beaucoup plus forts que ce que laisse percevoir l’enregistrement et Sohal n'avait pas besoin de micro... On ne peut pas oublier cette voix et cet écho comme imprimé dans la montagne et dans sa mémoire par une incroyable vibration. Toujours elle...La liberté ; cette femme, ce mythe.

Elle disparaît quelque part, quelquefois lâchement assassinée comme Berta Càcéres au Honduras, mais elle renaît ailleurs, en nombre de plus en plus important « et sera des millions »http://elianguesard.unblog.fr/files/2016/11/bertacacereshonduras.pdf contre le colonialisme vert.

. Ils-Elles sont « du type exemplaire de l'homme » http://www.monde-solidaire.org/spip/spip.php?article6076

.

Et cela fait du bien de les soutenir et voir se multiplier et ainsi montrer ce qui est humain en nous.

Elle-ils sont « la mémoire » décrite par Eduardo Galéano, ici la mémoire du bien mais toujours enchevêtrée avec la « mal-mémoire ».

« Pour que l'histoire ne se répète pas, il faut sans cesse la remémorer: l'impunité qui récompense le délit encourage le délinquant. Et lorsque le délinquant c'est l'État, qui viole, vole, torture et tue sans rendre de compte à personne, alors il donne lui même le feu vert à la société entière pour violer, voler, torturer et tuer. Et la démocratie en paie, à longue ou courte échéance, les conséquences.

L'impunité du pouvoir, fille de la mal-mémoire, est une des maîtresses de l'école du crime. Et le nombre d'élève augmente chaque jour.

Lorsqu'elle est vraiment vivante, la mémoire ne contemple pas l'histoire, mais elle incite à la faire. Davantage que dans les musées où la malheureuse s'ennuie, la mémoire est dans l'air que nous respirons. Et dans l'air elle nous respire. Elle est contradictoire, comme nous. Elle n'est jamais au repos. Elle change, avec nous. » (Eduardo Galeano « Mémoires et mal-mémoire »)

 

Voilà encore pourquoi il faut tenter de parler à ces personnes et de l'écrire après, pour transmettre. Nous ne sommes que des passeurs, des voyageurs. Tout cela pour tenter de percer leur bulle de sauvegarde, comme devant l'OMS, en les interpellant sur leurs proches et les domaines qui les touchent personnellement, au plus profond, comme la santé et le sens. Les méfaits de la société industrielle ; la « société nucléaire » (Belbéoch (1)) les concernent aussi ; ils ne peuvent pas s'en échapper, même s'ils pensent être « de l'autre côté de la barrière. »

 

Le lundi, pour retrouver du monde pour informer les jeunes de ma décision, et donner mes clefs de voiture, j'ai remonté la lisière jusqu'à après la barricade sud, il y avait trois vigiles, dont un plus loquace que les autres, et affublé un peu comme un rambo avec des grenades lacrymaux attachées sur le buste. Je lui disais : « vous vous en foutez si cette terre est contaminée vous pourrez vous barrer ailleurs mais ceux qui vivent ici seront malades ». Je leur disais les mêmes arguments utilisés devant l'OMS il me répondit qu'il avait été à Falloujah https://www.vivre-apres-fukushima.fr/10-ans-apres-la-guerre-dirak-dinnocents-nouveaux-nes-souffrent-et-meurent/

et à Mururoa faire des « missions en free-lance » et qu'il n'y avait pas vu de problème de santé. Je lui répondais que c'est normal ils sont « cachés » dans les hôpitaux etc. et « tu te caches derrière ce mot anglais mais en français, on dit mercenaire » il voulait se rattraper après, en parlant de « mission de protection rapprochée de personne ou de bien »...

Je fini de dire « vous êtes dans votre job et nous le notre mais c'est au dessus que l'on veut accéder car c'est au dessus que cela se passe ».

Je parti sans autre, il m'avait demandé auparavant si j'avais été militaire ...

 

Ensuite ; la bourrade pour se faire arrêter, le collier serflex (ou Colson, Riselan selon la marque) puis les menottes, les propos d'un grand à lunettes d'une trentaine d'années lorsque je parlais « de ne plus rater le processus de la rencontre (A.Jacquard) et de régler cela à l'africaine ; la palabre ». Il me sortit qu'en « Afrique c'est « coupe-coupe », que sans nous ils s'entre-tueraient comme au Rwanda...  » Voilà le milieu social dans lequel il a évolué et cette réaction symbolise bien le racisme général dans ces corps d'armée et dans ce pays . J'avais beau lui dire qu'ils savent très bien se débrouiller seuls et que pour les gouvernements, il y a le bon et le mauvais dictateur, souvent mis en place par l'occident, et que le mauvais dictateur c'est celui avec lequel l'occident ne peut plus faire d'affaire, alors on le fait flinguer (Kadaf), les autres ont des châteaux et des comptes en France ou en Suisse...

 

Il me rappelait un autre jeune de 30ans qui venait m'interpeller devant l'OMS en répétant et affirmant sans broncher que « Tchernobyl était un accident soviétique »...

 

 

Ensuite les deux gendarmes de Gondrecourt  sont arrivés. Dans la voiture, j'ai gardé les menottes derrière le dos, ils me proposaient de les mettre devant et je n'ai pas accepté, jusqu'à l’hôpital St Charles. (Je n'ai pas voulu boire ni manger) .Je me souviens qu'à la gendarmerie de Commercy il y avait sur le tableau d'affichage un badge « je suis Charlie » avec le sigle de la police. Entre ces longs interrogatoires (trois séries de dépositions) qui ramenaient toujours au fait de violence etc, je leur parlais des vétérans des essais nucléaires, il y a avait aussi des militaires qui ne sont pas contents de ce qui s'est passé (cela me rappelle aussi celui d'Avigolfe, Christian Prudhomme, qui a fini par se suicider à Riquewihr) et que si les gens sont vraiment « Charlie », ils seraient antinucléaires, il auraient lu le hors série remarquablement intitulé « l'escroquerie nucléaire » coordonné je crois par un des survivants du massacre, Fabrice Nicolino qui pourrait les informer sur cette imposture, et aussi sur tous ses travaux dénonçant tous les autres crimes chimiques, transnationales etc. Ces gendarmes ne pouvaient pas répondre bien sûr (devoir de réserve...) mais ce sont des hommes avant d'être des soldats obéissants aux ordres, n'importe quel ordre. Ce sont eux qui nous tueront ou nous arrêteront, blesseront. Jamais on aura « ceux d'en haut » en face de nous. « Nous nous tuons entre pauvres ». Voilà toute l'importance de s'interposer maintenant contre cette guerre entre pauvre, et il y a une histoire dans ce pays qui ne peut s’effacer.

 

Les battre avec leur propre mythe ; ceux de l'An02, la Nation , le peuple français, La liberté, l'égalité, la fraternité, vivre libre ou mourir... etc pour rassembler, contre l'absurdité du mythe prométhéen, du progrès, du développement, la religion de l'économie, le dogme de la valeur marchande, de l'illimité, de la démesure, d'un ordre mondial ou supranational, et bien sûr contre le capitalisme ou devrait-on dire du productivisme puisque des partis, des pays, prétendument socialistes, communistes en ont croqué aussi.

 

Dans la voiture qui me ramenait, ils avançaient les mêmes arguments que les vigiles et autres CRS ; les pierres lancées qui blessent et peuvent tuer etc, je répondais que ,oui, sans doute, ils blessent aussi mais ils répondent à la violence de l'Etat et leurs façons d'y répondre est dérisoire par rapport au suréquipement d'en face, et de plus, les jeunes s'auto limitaient car s'ils voulaient, ils pourraient très bien dans la forêt tailler des pieux etc pour tuer, il se cantonnent aux jets de pierres, c'est l'arme de David. (je me souviens très bien de cette dernière phrase, il n'y a pas eu de réponse non plus.)

 

Voilà, je garde encore en souvenir ces paysages superbes vallonnés, ponctués de forêts et de champs cultivés, de cet été 2016, et cette odeur caractéristique du blé mûr. Et en face, au sommet d'une colline, cet immonde blockhaus. La Meuse, la Haute-Marne doivent rester le jardin de la France et non pas sa poubelle. La terre est la seule nourricière de l'homme, rien d'autre.

En souvenir aussi, ce point symbolique que l'on vient aussi chercher de très loin parfois : la barricade sud qui a été rehaussé le dimanche-midi, après la brève escarmouche des flics, pendant une assemblée se passant au nord. On était quatre ou cinq à rester en guet dont une petite jeune aux pieds nus et à une voix d'oiseau qui « connaissait la musique ». Elle avait « ordonné » le retrait momentané, abandonnant le matériel trop lourd.

Je me souviens de ces gestes symboliques, toutes ces personnes d'horizon différents, qui ne venaient que la journée, et qui donnaient la main pour tirer les branches enchevêtrées de barbelé jusqu'au sommet de la barricade sud. On ne peut pas oublier cela ; ceux qui accueillent, qui donnent des vivres et du matériel et qui viennent grossir les rangs jour après jour etc. Là encore étaient présents ces autres mythes : La Fraternité, l'égalité. Ils existent donc ; à certains endroits, à certain moment, et avec certaines personnes. On m'avait donné la chance de voir cela ailleurs ; en Catalogne, à Weterren, à Sivens, Notre Dame ou à Lyon Gare de Brotteaux avec les italiens de No-Tav comme à Chapareillan. Chaque personne dans le monde aurait des histoires comme celles-ci à raconter.

Kempf que j'ai reconnu ensuite aurait du décrire tout cela ; cette gosse au pied nu, c'est Gavroche ! et cette barricade comme celle de Sivens, de NDDL et partout ailleurs c'est ce mythe, cette femme...La Liberté... elle est là, elle nous crève les yeux. Et les français « regardent ailleurs »...trouvant des boucs émissaires « du bruit et de l'odeur ». La France Zebda contre Chirac, ses amis VGEValls , Sarkollande et leur monde.

 

Quelques soient nos origines, « d'ailleurs » il y a toujours eu des noms à consonance « d'ailleurs » dans les luttes de ce pays etc ; c'est là où on vit ; là où on habite, c'est notre culture et elle est toujours en mouvement, comme la mémoire, elle respire (E.Galéano) . Si on laisse faire, cette terre sera irrémédiablement contaminée. Mais déjà, au dire d'un référant de la Conf à Bure, les autres « paysans » les Jeunes Agriculteurs (FNSEA donc productivistes) ont compris l'entourloupe, on les attend donc avec leur engins devant les flics et autres représentants de l'Etat nucléaire qui trahi sa propre population . Et un autre corps est aussi en changement car il y avait au début du cortège deux jeunes avec la banderole du PCF Meuse, il reste encore quelques uns de Lutte Ouvrière et autres à venir...on voit que le monde change. Il n'est pas trop tard. Et les jeunes et moins jeunes imaginent en permanence des moyens de lutte contre l'oppression de l'argent roi au pays où on en a raccourci un d'une tête, parce qu'il était roi. Enfin tous ces privilèges, au pays de son abolition de la nuit du 4 Août, n'est-ce pas révoltant ?

 

Voilà en gros ce qu'il y a à dire autour de cette journée particulière, le tout ne peut pas être tout à fait exact, c'est simplement raconter une histoire, une interprétation, mais qui doit faire sens et porter d'autres .et ainsi de suite.

A noter qu'au départ je voulais revenir après la première garde à vue, me faire arrêter à nouveau et ainsi de suite... mais à l’issue de la première, j'ai bien vu que j'en n'étais incapable physiquement (et pécuniairement...)

 

« Vivre libre ou mourir contaminé »

Salut les camarades, ce n'est que partie remise.

« Que justice soit faite, le monde dut-il en périr »

 

 

(1) Bella et Roger Belbéoch détestaient et fuyaient les hommages et les photos, « la société du spectacle » sans doute. Mais on doit les monter à bout de bras; les montrer en exemple par l’éducation populaire, par des hommages à la hauteur de la lutte qu’ils ont mené, les rendre « populaires malgré eux » « leur histoire ne leur appartient plus ». Pour moi dans cette lutte, ils ont été au dessus du lot et justice ne leur est pas rendu. Lorsqu’un gouvernement, des partis se prétendent socialistes, il faut répondre et crier que la première définition du mot socialisme c’est tendre vers une société la plus juste possible. Donc cela n'a rien à voir avec ce que l’on voit aujourd’hui, cette hyper aliénation. Rien à voir donc avec la « société nucléaire », cet oxymore. Rien à voir avec la guerre son origine, et toutes les autres techniques privilégiées pour la guerre.

Le nucléaire comme l’aviation https://nantes.indymedia.org/system/file_upload/2016/01/02/13427/ne_sautez_pas_sur_nddl.pdf

et autres industries « lourdes » n’a été développé que pour ses capacités de destruction; c’est seulement en second lieu, pour amortir le forfait dans les deux sens du terme, que les autorités ont monté de toute pièce cette escroquerie, renchérie par la prévarication (cf Giscard et réseau Vulcanus http://elianguesard.unblog.fr/nucle-ere/)

Cette « escroquerie nucléaire» est le fruit de la combinaison de l’élitisme français (cf Marc Bloch), avec cette fameuse division ou séparation du travail et des comptes. Grâce entre autre à la malhonnêteté incommensurable des « inspectueurs » des finances, la Cours des comptes, pour alléger le budget militaire, séparé de la facture électrique, ainsi que les déchets ingérables, mais aussi toute la mobilisation d’un énorme budget pour la recherche et développement, la construction des infrastructures, la matière grise des personnels, formation etc , les guerres pour l’extraction des matières nécessaires etc , les énormes infrastructures nécessaires pour maintenir un niveau si élevé de sécurité qui n’est et ne peut être absolue, les lois scélérates pour dédouaner la responsabilité des exploitants industriels en cas d'accident ou pour tolérer des rejets radioactifs continuels, imposer des seuils, des mesures « tolérables » (alors qu'il n'y a pas de seuil de contamination en dessous de laquelle il n'y ai pas de problème de santé...), les énormes budgets alloués à la propagande depuis l’enfance; l’acceptabilité sociale, les meurtres et pressions pour étouffer, et enfin, pour finir (mais la liste n’est pas exhaustive), le scandale sanitaire, le crime contre l’humanité. L’Ordre des médecins, l’académie des sciences, celle de médecine etc portent une énorme responsabilité dans ce désastre. « l'impôt silencieux du coût social » des activités nucléaires. Roger Belbéoch dans « La société nucléaire » prévient déjà :

 

« un eugénisme généralisé...La fin de l’utopie et l’écofascisme... la disparition de l'individu...

La logique et la rationalité nucléaires semblent extrêmement fortes ; cependant « dans le monde humain, “l’inévitabilité objective absolue” n’existe pas. A tout moment, des facteurs purement humains, subjectifs, peuvent intervenir et l’emporter »(Voline). L’avenir nucléaire ne se présente pas obligatoirement sous une forme apocalyptique. Il implique une société sans moralité, sans vie, ce qui ne suppose pas la disparition biologique de notre espèce. Mais ce qu’on a l’habitude de désigner sous le nom d’humanité peut-il survivre et vivre sans un minimum de moralité, gage de sociabilité ? C’est peut-être ce danger que les hommes et les femmes redoutent le plus et qui enrayera l’évolution vers la société nucléaire totalitaire. » (Roger Belbéoch) http://infokiosques.net/lire.php?id_article=922

 

Mais revenons aux multirisques nucléaires et leurs démesures dans les conséquences complètement ingérables, cette incroyable irresponsabilité qui relève du retard mental (pathologie incluse dans les conséquences sanitaires de la contamination radioactive...). Tout cela dépasse l'entendement. Même en accumulant la prévarication et l'idéologie de cet Etat dans l'Etat, les causes ci dessus évoquées ne suffisent à expliquer encore correctement la situation ubuesque-kafkaïenne et dramatique actuelle.

 

Comme l’a relevé le couple Belbéoch, derrière le masque du CO2, la diabolisation du charbon etc, « le changement climatique » se cache la réalité de la contamination de la terre, l’empoisonnement du monde par ceux là mêmes qui prétendent la-le protéger par des tartufferies « Hulollandesque ».

 

On leur dit qu’ils en meurent et ils répondent qu’ils veulent du travail, là est l’aliénation suprême.

La France exporte la mort depuis près de 400ans et elle s’étonne de la recevoir en plein visage, tel un boomerang. Il y a la « haine du français » parce qu’il y a la « honte du Français ».

 

Et comme l’a relevé le couple Belbéoch, c’est avant la catastrophe qu’il faut agir. On peut arrêter en moins d’un an toutes les installations nucléaires civiles et militaires. Ce n’est pas un problème technique mais politique, mais aucun prétendu politicien n’en a le courage. Il faudra la conscience des opérateurs pour arrêter leur machine, qu'ils ont appris à aimer. Car pour la vraie opposition de la société civile, tous les accès politiques sont verrouillés. C'est comme si ils nous forçaient à nous entre-tuer. L’arrêt immédiat n’est pas une régression, c’est le véritable progrès car c’est un progrès humain et non pas technologique.

L’axe, la colonne vertébrale de toutes nos sociétés est la justice, elle doit gagner son indépendance pour être crédible.

 

Le visage politique actuel est une gigantesque mascarade, il n’y a rien à attendre de ces élections, les dés sont biaisés à l’avance. Que ce soient les classiques ripouxblicains, les pseudo socialistes, le parti raciste et xénophobe français, ainsi que tous les autres candidats pseudo rebelle pseudo écolo pseudo « anti-système » etc. C'est avec nos différences, et non pas malgré nos différences, que l' on peut s’entendre au moins sur ce point très précis qu'est Le sujet de la vie sur terre et en bonne santé menacée. En s’abstenant de voter, on pousse la crapulerie doublée d’œillères en dehors de ses gonds, pour les traîner sur la place publique, et ainsi prendre la parole publique, le débat, l'agora, la véritable Assemblée afin que la population « dépose le pouvoir sans le prendre » et « commande en obéissant. ». Ces formules viennent des zapatistes qui ont pris des exemples sur la Commune, comme les femmes kurdes de Rojava ; il faut répondre à cet honneur.

 

L’indépendance est fille de la liberté, comme sa mère , elle ne se demande pas; elle s’arrache.

J'irai vomir dans vos urnes.

Abstention générale

Quincy, Novembre 2016

 

Cf Horizons N°7 le magazine du commissariat aux énergies absurdes

http://vmc.camp/wp-content/uploads/2016/06/CEabsurdes.pdf

Cf L'humanité contaminée (panneaux téléchargeables et extraits de http://independentwho.org/fr/tracts-et-expositions/)

 

La véritable opposition politique attentive contre la répression préventive :

http://zad.nadir.org/

contre les répressions préventives

http://zad.nadir.org/spip.php?article4218

 

Les Belbéoch pour l'humanité

http://www.dissident-media.org/infonucleaire/sortir_du_nuc.html

http://www.dissident-media.org/infonucleaire/tcherno_une_catastrophe.html

http://www.dissident-media.org/infonucleaire/tchernoblues2.html

http://elianguesard.unblog.fr/files/2016/10/faits_deran_tchernobyl.belbeochgazette157.pdf

http://elianguesard.unblog.fr/files/2016/10/les_notions_philosophiquesbelbeoch.pdf idem Société nucléaire ibid

http://elianguesard.unblog.fr/files/2016/10/fukushimablues.pdf

http://elianguesard.unblog.fr/files/2016/10/b.belbeoch.operation_codirpa.pdf

Le Travail (Roger Belbéoch) Survivre et vivre N°16 page 13 http://science.societe.free.fr/documents/pdf/Survivre/Survivre16.pdf

 

La Science au dessus de tout soupçon Actua :

http://www.bastamag.net/Risques-toxiques-comment-les-cancers-des-ouvriers-sont-occultes-par-les

http://netoyens.info/index.php/contrib/28/12/2014/LA-SCIENCE-ASSERVIE--Sante-publique-%3A-les-collusions-mortiferes-entre-industriels-et-chercheurs

https://sniadecki.wordpress.com/

http://science-societe.fr/

http://www.lechappee.org/

http://www.non-fides.fr/

http://www.piecesetmaindoeuvre.com/

http://sciences-critiques.fr

 

 

 

(2) « Mais surtout ce qui m'a frappé, c'est la réaction des professionnels lorsque je leur apportait cette information: ils déniaient !...Lorsqu'un fait échappe à la culture, la pensée sociale doit le rejeter pour garder sa cohérence. Plutôt que de changer la théorie en assimilant le fait nouveau, la pensée sociale élimine le fait pour sauver la théorie ... Cette manière de penser, ou plutôt de théoriser, de faire le ménage dans les faits pour nous donner du monde une vision cohérente, stable, pour éviter tout changement qui provoquerait trop d'angoisse et trop de fatigue, explique la possibilité de théories totalitaires qui elles, au moins, donnent des vérités et des certitudes non changeantes. Quand Bruno Bettelheim est rentré des camps nazis et qu'il a voulu témoigner, la plupart des rédacteurs de revues américaines ont refusé ses articles en expliquant que sa douleur avait dû lui faire exagérer les faits...".... « L'œuf fécondé constitue un stock de promesses génétiques qui caractérise l'espèce, car il n'y a pas de fécondation entre espèces différentes: mais si l'on pouvait supprimer l'environnement, grâce à la baguette magique, pas une seule promesse génétique ne serait tenue, car l'environnement façonne le développement génétique dès le niveau cellulaire. »... « Penser le monde avec le mot devenir implique une politique du vivant radicalement différent du fixisme de la coupure. Les « coupeuristes » disent qui est homme et qui ne l'est pas. Alors que les « deveniristes » cherchent les indices matériels qui font le récit du monde. »... « Voilà pourquoi si l'on s’entraîne à regarder le monde avec le mot devenir, on fera des observations graduelles où l'étonnante plasticité du vivant permettra de considérer les animaux ni comme des machines, ni comme des hommes et de regarder l'homme comme le seul animal capable de s'arracher à la condition animale pour devenir homme. »... « C'est parce que nos discours sociaux ne parlent pas clairement. Devenant cafouilleux, nos rôles familiaux ne prescrivent plus de code comportementaux clairs. »... « Or c'est nous-mêmes qui devons faire la culture , car nous en sommes tous responsable: dans nos gestes quotidiens avec nos proches, dans nos rituels sociaux avec nos voisins et dans nos récits quand on prend la parole. Alors, le cafouillis des représentations n'engendrera plus le cafouillis des sentiments et des gestes qui s'y enracinent. »... « Car les images, les bruits, et même les odeurs indiquent des choses, et les mots sont aussi des objets sonores. Ce sont eux qui matérialisent le signifiant, comme la posture comme la mimique, comme les gestes, comme les vêtements, comme les objets, car chez l'homme tout peut faire signe. »

(Boris Cyrulnik « La naissance du sens »)

 

« Le paradoxe de la condition humaine, c'est qu'on ne peut devenir soi-même que sous l'influence des autres. L'homme seul n'est pas un homme.  »...

 

« Nous sommes l'espèce vivante qui a le plus accès à la manière dont l'autre se représente son monde, la violence procède alors de l'intolérance, c'est à dire de l'incapacité à sortir de son propre monde de représentations. »... « Le «Je» ne peut exister qu'à l'intérieur d'un «Nous» auquel il appartient. »... « Que les mythes soient des récits qui emblématisent le groupe ne signifie pas que cet imaginaire soit coupé du réel. »

 

« la violence est un point de vue, exprimé par des comportements qui ne tiennent pas compte de l'existence de l'autre »...comme le théoricien qui cherche à imposer ses idées en réduisant les autres au silence, enfin et surtout, d'organisme sociaux qui peuvent en détruire un autre pour conquérir son territoire ou faire triompher son économie »... « chez l'homme, la représentation d'un monde peut exister en dehors de toute perception, alors que chez l'animal les deux processus restent associés »... « C'est à coup sûr notre aptitude à vivre dans un monde de représentation qui crée notre aptitude à la violence en même temps qu'à la culture. L'animal reste soumis au réel qui contrôle sa violence, alors que l'homme travaille à se soumettre à l'idée qu'il se fait du monde, ce qui l'invite à la violence créatrice : détruire un ordre pour en inventer un nouveau (palimpseste), car (cite René Girard « Des choses cachées » : « c'est bien du désordre extrême que l'ordre surgit dans la nature humaine »... « L'absence de rituel mène au chaos, comme l'hégémonie d'un rituel mène à la destruction de l'autre, deux formes de violence qui reviennent au même.

La seule issue, c'est l'invention d'un rituel de confrontation des rituels organisant ainsi leur reconnaissance réciproque. On appelle ce rituel « conflit social » ou « débat philosophique »... « table ronde »...Son inconvénient, c'est d’instituer l'incertitude, alors que l'illusion de la vérité unique possède un grand effet tranquillisant. »... « on connaît les excès de tranquillisant : une culture qui supprimerai toute violence humaine cesserait d'être créatrice. »... « L'ennui , c'est que l'anomie, en déritualisant les groupes sociaux, les désagrège et laisse émerger toutes les violences. Comme si les grands groupes ne savaient pas créer leur évolution culturelle autrement que par la violence, alors que les petits groupes ritualisés utilisent le débat pour faire changer les mentalités et les structures sociales. »... « Les notes prises au jour le jour donnent forme à l'impression du moment que l'on vit, mais c'est la relation du moment où l'on parle qui donne forme à nos souvenirs. Voilà pourquoi le palimpseste s'oppose au récit et pourquoi « les récits sont des impostures » (P.Valéry, JP.Sartre) qui témoignent moins du réel passé que de l'intimité du narrateur »... «  ce qui compte, c'est de créer du sens pour ordonner notre perception du monde afin de pouvoir agir sur lui ».

Boris Cyrulnik « les nourritures affectives »

 

« Nous sommes les autres, c'est-à-dire que nous sommes devenus avec le temps ce que les autres - nos parents, les membres de notre famille, nos éducateurs - ont fait de nous, consciemment ou non. Nous sommes donc toujours influencés, le plus souvent à notre insu, par les divers systèmes dont nous faisons partie. »

[...]

« Quand l'action [Ndlr :pour résoudre un conflit] est impossible, l'inhibition de l'action permet encore la survie puisqu'elle évite parfois la destruction, le nivellement entropique avec l'environnement. C'est en ce sens que la "maladie" sous toutes ses formes peut être considérée comme un moindre mal, comme un sursis donné à l'organisme avant de disparaître. »

[...]

« Aussi paradoxal que cela puisse paraître, je ne suis pas opposé à ce que l'on considère cette réaction d' inhibition comportementale comme une réaction "adaptative" elle-même, bien qu'elle me parasse être la source de la pathologie réactionnelle. En effet, elle constitue un moindre mal puisqu'elle évite la destruction pure et simple de l'agressé par l'agresseur. Elle permet à l'agressé de se faire oublier, elle évite la confrontation. Ce qui fait son danger, c'est qu'elle est capable de durer si les conditions environnementales se prolongent sans changement. Capable d'assurer immédiatement la survie, elle sera capable aussi de mettre celle-ci en danger, si la solution qu'elle fournit, l'inaction, n'apporte pas une solution rapide au problème posé par l'environnement. »

 

« Tant qu’on n’aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l’utilisent et tant que l’on n’aura pas dit que jusqu’ici que cela a toujours été pour dominer l’autre, il y a peu de chance qu’il y ait quoi que ce soit qui change. » (Henri Laborit (dernière intervention dans "Mon oncle d'Amérique"))

 

 

« Pour certains, la science a pu repousser très loin les limites de l'espace et du temps où l'homme est inclus. Mais pour la plupart, ceux dont la représentation du monde ne va guère plus loin que les murs de leur bureau, de leur entreprise ou de leur HLM, l'espace s'est au contraire prodigieusement rétréci. Ils se sentent cloisonnés, aliénés, déboussolés, ne sachant plus devant leurs manettes ou leur ordinateur où se trouve le nord qu'Ulysse, dans sa recherche de la route de l'étain, savait repérer grâce à l'étoile polaire »...« Quand les sociétés fourniront à chaque individu, dès le plus jeune age, puis toute sa vie durant, autant d'informations sur ce qu'il est, sur les mécanismes qui lui permettent de penser, de désirer, de se souvenir, d'être joyeux ou triste, d'être calme ou angoissé, furieux ou débonnaire, sur les mécanismes qui lui permettent en résumé de vivre, de vivre avec les autres, quand elles lui donneront autant d'informations sur cet animal curieux qu'est l'homme qu'elles s'efforcent depuis toujours de lui en donner sur la façon la plus efficace de produire des marchandises, la vie quotidienne de cet individu aura la chance d'être transformée. »... « Quand il s'apercevra que les choses se contentent d'être et que c'est nous, pour notre intérêt personnel ou celui du groupe auquel nous appartenons, qui leur attribuons une "valeur", sa vie sera transfigurée. Il ne se sentira non plus isolé mais uni à tous à travers le temps et l'espace, semblable et différent, unique et multiple à la fois, (...) passager et éternel, propriétaire de tout sans rien posséder, et cherchant sa propre joie, il en donnera aux autres. »

(Henri Laborit « Dieu ne joue pas aux dés »)

 

p6" Chaque disciple d'une discipline particulière malgré sa conscience réfléchie, est le plus souvent inconscient du fait qu'une pulsion fort primitive inscrite fort bas dans l'organisation hiérarchique de son système nerveux, l'oblige à vouloir dominer ses contemporains et pour cela à rejeter la participation à la recherche commune des disciplines auxquelles il n'entend goutte du fait de sa formation spécialisée.[...]

"Est ce que vraiment la notion de territoire qui fait uriner les chiens le long des réverbères ne peut vraiment pas être dépassée une fois pour toute dans le comportement de l'homme contemporain?

Cela provient aussi du fait sans doute qu'une structure vivante, organisme animal ou social, admet difficilement la particule étrangère. Elle dérange ses habitudes biologiques et donc, au niveau supérieur, ses habitudes de pensée."[...]

 

 

p141 « bien que si l'on cherche « l'individu », il soit difficile de trouver autre chose que « les autres », on conçoit cependant la variété infinie qui va résulter du déterminisme génétique et de celui commandé par la « niche » socioculturelle où naît et grandit chaque individu. Cette variété est indispensable à l'évolution et condamne tout eugénisme. »[...] « La diversité est un facteur essentiel d'évolution puisque c'est elle qui permet les « mélanges » les plus variés. Le problème est le même au niveau de la biologie de l'hérédité qu'à celui de l'imagination créatrice. C'est de la diversité des concepts, de la diversité des solutions originales à un problème posé que peut naître le progrès. Toute standardisation est multiplicatrice mais aussi fixatrice. Toute planification autoritaire, tout concept imposé par la force ou par la création plus camouflée des automatismes, sont une atteinte portée aux possibilités ouvertes au progrès humain. » [...]

p142 « La diversité est un besoin biologique fondamental. Il est donc nécessaire de laisser s'exprimer la diversité. »

p172 "Il naît aussi évidemment de cette reconnaissance analogique, une structure, un ensemble de relations entre les individus qui composent le groupe. Inconscients du fait que cette "sympathie" qui les unit, résulte d'une grande affectivité mise en jeu par une "communion" d'intérêts[...] ces individus dès lors n'agiront plus qu'en vue de maintenir la structure du groupe. En cela ils s'opposeront à d'autres groupes pareillement constitués mais à partir d'une motivation différente, c'est à dire d'analogies, de niches environnementales induites par des déterminismes spatio-temporels, culturels, génétiques et sociaux différents. Il apparaîtra un antagonisme de groupe qui ne peut disparaître alors que par la désorganisation du plus faible, ce qui ne veut pas dire de celui dont l'appréhension du monde s'éloigne le plus de la réalité. La constitution des groupes étant strictement affective et intéressée et limitée forcement à un sous ensemble des connaissances humaines, le groupe victorieux sera le plus agressif et celui ayant le mieux su utiliser ses connaissances [ou celle des autres] pour agir sur son environnement matériel et humain. On comprend comment s'est établi le règne des civilisations techniques et l'appropriation privée des moyens de production."[...]

p175 "Il est bon de noter au passage que l'une des raisons d'espérer dans la poursuite de cette extraordinaire aventure qu'est l'apparition et l'évolution de l'homme sur la planète c'est que de l'emploi de la bombe atomique le capitalisme et les capitalistes ne se relèveraient pas. Ils ont toujours su utiliser les guerres à leur profit mais en cas de guerre atomique ce résultat n'est même plus à envisager."[...]

 

"Le capital comme le prolétariat sont actuellement planétaire. L'un et l'autre enjambent allégrement les frontières alors que celles-ci subsistent encore, permettant à l'un et à l'autre, par exaltation du sentiment national, de cacher ses motivations dominatrices. Celles du prolétariat semblent apparemment coïncider avec celles de l'espèce, mais en théorie seulement. Car en pratique, l'absence de connaissance scientifique concernant la biologie du comportement humain fait que même sans posséder la propriété privée des moyens de production, l'homme exploite l'homme du seul fait qu'il essaie de dominer son semblable ou du moins d'appartenir à un groupe dominant, donc exploitant. Et tant que la connaissance scientifique de lui même n'aura pas été largement répandue, il aura beau accumuler les faits scientifiques concernant son environnement, la mutation sociale attendue n'aura pas lieu. »[...]

 

p176 « Tout le malheur de l'homme vient encore de ce qu'il tourne son agressivité contre ses semblables, dans un but étonnamment puéril , puisqu'il finit toujours par les entraîner avec lui dans sa tombe. [NDLR dans les deux sens du terme] Pourquoi s'acharner à tuer les autres puisque ce sont eux qui sont en nous ? Sans doute parce que nous ne voulons reconnaître le plus souvent la dignité de l'Homme qu'à ceux dont la niche environnementale coïncide à peu près avec la nôtre. Mais il ne nous viendrait jamais à l'idée de rechercher une niche capable de contenir toutes celles présentes aujourd'hui sur la planète.[...] elle ne deviendra signifiante que lorsque que nous l'aurons « intériorisée » dans notre système nerveux. [...]

p177 « L'impossibilité de l'évitement par la fuite rendra le climat des relations inter-humaines tendu, violent et accepté comme tel sous les vains prétextes de concurrence, de compétitivité, etc. Un simple jugement de valeur suffit à transformer un automatisme primitif en une qualité nécessaire. » [...] « Dans cette description assez désolée, je ne vois pas en quoi on peut dire que l'agressivité est nécessaire. »[...]

p181 « La solution consisterait à orienter, si cela était possible, grâce à l'imagination, cette agressivité vers une forme nouvelle de lutte, la découverte de solutions neuves aux problèmes posés dans tous les domaines, à l'homme contemporain. »[...] « Et cependant l'accélération croissante de la diffusion des informations, leur planétisation, tendent, jour après jour, à généraliser les problèmes fondamentaux et à noyer les problèmes personnels dans ceux-ci. »

Henri Laborit « L'agressivité détournée ».(1970)

 

 

«Le comportement de fuite sera le seul à permettre de demeurer normal par rapport à soi-même, aussi longtemps que la majorité des hommes qui se considèrent normaux tenteront sans succès de le devenir en cherchant à établir leur dominance, individuelle, de classe, de groupe, de nation, etc.

L'expérimentation montre en effet que la mise en alerte de l'hypophyse et de la corticosurrénale, qui aboutit si elle dure à la pathologie viscérale des maladies dites "psychosomatiques", est le fait des dominés, ou de ceux qui cherchent sans succès à établir leur dominance, ou encore des dominants dont la dominance est contestée et qui tentent de la maintenir. Tous ceux-là seraient alors des anormaux, car il semble peu normal de souffrir d'un ulcère de l'estomac, d'une hypertension artérielle ou d'un de ces syndromes dépressifs si fréquents aujourd'hui.

Or comme la dominance stable et incontestée est rare, heureusement, vous voyez que pour demeurer normal il ne vous reste plus qu'à fuir loin des compétitions hiérarchiques. Attendez-moi, j'arrive! »... « L'amour déculpabilise, car pour que les groupes sociaux survivent c'est à dire maintiennent leur structures hiérarchiques, les règles de la dominance, il faut que les motivations profondes de tous les actes humains soient ignorées. Leur connaissance, leur mise à nu, conduirait à la révolte des « dominés », à la contestation des structures hiérarchiques. »... « La gratification c'est à dire l'utilisation suivant les besoins, s'obtient par l'établissement de sa dominance_ chez l'animal par sa force physique et chez l'homme c'est devenu sur la possession du capital et des moyens de production des marchandises, les machines résultant elles-même de la manipulation par le cerveau humain de l'information technique. »... « Les dominants ont toujours utilisé l'imaginaire des dominés à leur profit. Cela est d'autant plus facile que la faculté de création imaginaire que possède l'espèce humaine est la seule à lui permettre la fuite gratifiante d'une objectivité douloureuse »... « Les société libérales ont réussi à convaincre l'individu que la liberté se trouvait dans l'obéissance aux règles des hiérarchies du moment et dans l'institutionnalisation des règles qu'il faut observer pour s'élever dans ces hiérarchies. Les pays « socialistes » ont réussi à convaincre l'individu que lorsque la propriété privée des moyens de production et d'échanges étaient supprimée, libéré de l'aliénation de sa force de travail au capital, il devenait libre alors qu'il reste tout autant emprisonné dans un système hiérarchique de dominance. »... « Or nos sociétés moderne ont supprimé l'imaginaire, s'il ne s'exerce pas au profit de l'innovation technique. L'imagination au pouvoir, non pour réformer mais transformer, serait un despote trop dangereux pour ceux en place. »... « On devine la tromperie que peut constituer ce qu'il est convenu d'appeler la démocratie »... « L'assouvissement des besoins fondamentaux n'est plus la finalité du travail humain mais l'assouvissement des besoins acquis, cette finalité passe par le profit, qui permet de maintenir les différences »... « C'est aboutir à la création de monstres économiques multinationaux dont la seule règle est leur propre survie économique qui n'est réalisable que par leur dominance planétaire. »... « C'est un nouveau système de relation interindividuelles qu'il faut inventer, s'inspirant des échecs des systèmes précédents et capable de limiter les dégâts des échelles hiérarchiques de dominance. »... « Cette structure socio-économique ne deviendrait efficace que si l'ensemble des populations acquérait une connaissance de ce que nous avons appelé l'information généralisée et non plus technique. »... « Et cette transformation n'est possible que si l'ensemble des hommes prend connaissance des mécanismes qui les font penser, juger, agir. Si certain seulement sont informés, ils se heurteront toujours au mur compact du désir de dominance de ceux qui ne le sont pas et ils ne devront leur salut individuel et leur tranquillité qu'à la fuite, loin des compétitions hiérarchiques et des dominances, à moins qu'ils ne soient, malgré eux , entraînés dans les tueries intraspécifiques que ces dernières ne cessent de faire naître à travers le monde. »... « Il existe peut-être parmi les discours logiques, parmi les idéologies susceptibles d'orienter l'action, une hiérarchie de valeur. Mais en définitive, le seul critère capable de nous permettre d'établir cette hiérarchie, c'est la défense de la veuve et de l'orphelin. Don Quichotte avait raison. Sa position est la seule défendable. Toute autorité imposée par la force est à combattre. ».... « La maladie la plus dangereuse pour l'espèce humaine c'est le sens des hiérarchies, de toutes les hiérarchies. Il n'y a pas de guerre dans un organisme, car aucun organe ne veut établir sa dominance sur un autre, ne veut le commander, être supérieur à lui. »

(Henri Laborit « L'éloge de la fuite »)

 

 

 

"L'expérimentation a pour méthode essentiellement d'observer un niveau d'organisation en supprimant la commande extérieure a lui. Elle ramène le servomécanisme au rang de régulateur. Elle ferme le système à un certain niveau d'organisation. L'enzymologiste et le biochimiste isolent les éléments d'une réaction enzymatique in vitro ; le biologiste isole des structures infracellulaires pour en étudier l'activité séparée de l'ensemble cellulaire auquel elles appartiennent ; ou bien il étudie l'activité biochimique d'un tissu isolé. Le physiologiste isole un segment d'organe ou un organe pour en étudier le comportement ou focalise son attention sur un système, cardio-vasculaire ou nerveux par exemple, dont il étudie un critère d'activité privilégié. Il faut regretter que le clinicien lui-même n'agisse généralement pas autrement en soignant un "cœur", un "estomac", un "foie", etc. ce qui consiste à l'isoler du contexte familial et socio-culturel où vit l'organisme auquel il appartient."...

 

"Cette attitude, rentable expérimentalement, est évidemment une des causes de l'inefficacité fréquente des thérapeutiques s'adressant à la seule lésion organique."...

 

"Cette approche expérimentale est nécessaire car l'information qui parvient à un niveau d'organisation est multifactorielle et les variables sont trop nombreuses pour les appréhender toutes à la fois. Il est donc indispensable de placer le niveau d'organisation, objet de l'étude, dans un milieu stable dont il est facile de contrôler les principales caractéristiques et de ne faire varier à volonté qu'un seul facteur pour observer les conséquences de ses variations sur le niveau d'organisation soumis à l'expérience. Mais il serait évidemment dangereux de conclure, à partir des faits observés dans ces conditions, à ce qui se passe quant le niveau d'organisation est en place, en situation organique. Cependant, c'est la seule façon d'acquérir une connaissance progressive des mécanismes complexes qui animent la matière vivante. Elle exige, on le comprend, un va-et-vient constant de la part de l'expérimentateur d'un niveau d'organisation à l'autre. Elle exige, en d'autres termes, une "ouverture" d'esprit capable de s'adapter à " l'ouverture " des systèmes complexes que constituent les structures vivantes."

Henri Laborit « La nouvelle grille »

 

p79 «Tout se passe comme si chaque individu était entouré d'une « bulle » dont les limites sont celles de l'acuité de ses différentes activités sensorielles, bulles dans lesquelles il se déplacera et agira en vue de satisfaire au maintien de sa structure, de ce que nous avons appelé son équilibre biologique. S'il trouve un opposant à ces actes gratifiants, il deviendra agressif à son égard. Le territoire devient ainsi l'espace nécessaire à la réalisation de l'acte gratifiant, l'espace vital ».[...]

p99 »On comprend la révolte des jeunes générations contre une génération qui veut leur imposer un cadre socioculturel soi-disant fondé sur une prétendue conscience réfléchie, mais en réalité sur une agressivité nécessaire à l'obtention des dominances au sein des hiérarchies qu'elles ne comprennent plus, suivant des critères de soumission qu'elles n'acceptent plus, pour une finalité qu'elles ne conçoivent plus. »[...] p101 « Les sociétés d'abondance, pour lesquelles la croissance est un but en soi, sont non des sociétés d'épargne mais de consommation. » [...] « Ce n'est pas la recherche de sécurité qui les anime mais c'est pour satisfaire au besoin de domination des groupes sociaux et des structures hiérarchiques qui les animent. C'est moins pour tempérer l'angoisse de ce que sera demain »[...] p102 « La satiété modifiant la sensation de plaisir ou bien-être. C'est un problème identique qui est posé par l'insatisfaction qui résulte de tout assouvissement d'un besoin acquis, socioculturel, par l'appétit jamais comblé de consommation. »

[...] p103 « L'invention de la machine, s'interposant entre la main et l'objet désiré pour en faciliter la production, diminue d'autant l'énergie humaine nécessaire à cette production et en conséquence recule la limite où cette dépense énergétique devient désagréable. Mais si elle augmente l'efficacité des actions humaines sur la matière, elle rend aussi l'homme plus dépendant de la machine dans la proportion où son inadaptation au milieu non transformé accroît son dés-entraînement. Mais au fond le problème n'est pas là. Si le « bien-être » résulte de la satisfaction des besoins fondamentaux, nous avons déjà signalé que l'industrie moderne n'est pas indispensable à la réalisation de cet assouvissement. »[...] p104 « le problème consiste donc à comprendre comment le mythe de la croissance pour la croissance, et non pas seulement pour la satisfaction des besoins fondamentaux a pus s'instaurer... »[...] « la machine n'est pas la cause de la croissance. La cause ne peut être que le comportement de l'homme le poussant à produire plus. » [...] p107 « Quand on nous parle du « plein épanouissement » de l'homme, a-t-on songé que cette utopie est irréalisable dans le cadre d'une hiérarchie quelle qu'elle soit ? D'où l'explosion au sein de nos sociétés hautement hiérarchisées des maladies dites « psychosomatiques » qui ne sont que l'expression somatique de conflits au sein du système nerveux central entre pulsions instinctuelles et interdits socioculturels, conflits qui ne peuvent se résoudre dans une action efficace, « assouvissante », sur le milieu, du fait de l'institutionnalisation par les dominants des règles de la dominance. Ce sont ces règles qui nous semblent être le facteur fondamental de l'apparition des sociétés industrielles et du mythe de la croissance. » [...] p108 « 1789 aussi a institutionnalisé les règles de la dominance, règles nécessaires à respecter pour devenir bourgeois, [...] propriétés privées dont celle des moyens de production

Henri Laborit « la nouvelle grille »(1986)

 

Thanatocène; aujourd'hui le Yémen

Le 03/10/2016

 

http://www.legrandsoir.info/yemen-lettre-d-un-habitant-de-sanaa-new-orient-news.html

 

18 septembre 2015

 

Yémen : Lettre d’un habitant de Sanaa (New Orient News)

 

Parce que j’ai vécu la guerre de 1994 à Sanaa et que j’en ai rendu compte à l’époque, certains de mes amis yéménites, avec lesquels je n’ai cessé de correspondre, insistaient de temps à autre pour que j’accorde au Yémen et à l’agression qu’il subit la place qui leur revient dans mes articles.

 

Bien que la guerre qui se déroule contre notre région, en Syrie, et celle qui frappe le Yémen ont pour dénominateur commun les mêmes agresseurs, je progressais lentement dans mes recherches pour finaliser mon article sur ce sujet, la situation au Liban et en Syrie prenant le plus gros de mon temps. C’est alors que j’ai reçu cette lettre de Sanaa.

 

Je l’ai faite mienne et la publie telle que reçue, sans autre commentaire.

 

Souraya Assi,

journaliste Libanaise.

 

Chère Souraya,

 

Te souviens-tu du Yémen ? Il a eu sa part des « révolutions » arabes, la révolution du 11 février 2011 ayant accouché d’un pouvoir qui s’est chargé de soumettre le pays à la famille des Al-Saoud. Notre révolution n’a donc pas dévié des normes préétablies, puisque comme toutes les autres révolutions arabes, elle est passée par le baptême obligé et nécessaire pour entrer dans l’ère des « cheikheries » [*] du Golfe.

 

Je ne sais pas ce qui se passe en Libye ! Et, il est probable que la « révolution » des Al-Saoud en Syrie est contrecarrée par des difficultés et des obstacles ayant conduit à faire de nouveau appel aux forces de l’OTAN, mais sans recourir au Conseil de sécurité de l’ONU cette fois-ci, ni exploiter un mandat truqué du Secrétaire général de la Ligue arabe. Quant à l’Égypte et à la Tunisie, il est bien connu que les circonstances particulières dans ces deux pays ont nécessité une révolution contre « la révolution golfiste » [*] ou, plus précisément, ont amené les gens à préférer le pouvoir déchu au pouvoir des Frères Musulmans.

 

Cette expérience s’est répétée au Yémen, la guerre en cours ayant ses racines dans la révolution contre « la révolution des golfeux et des frérots » [*] dans le but de débarrasser le pays de la domination de la famille Al-Saoud. Cependant, il semble que l’OTAN en tant qu’organisation policière et répressive mondialisée, interdit la « révolution » aux pauvres et aux nécessiteux. Autrement dit et en toute franchise, l’OTAN mène une guerre afin de rétablir la loi de la famille Al-Saoud et réinstaller sa mainmise sur le Yémen.

 

Il est aussi notoirement connu que des navires de la flotte américaine ont procédé, sous pavillon de l’armée des Émirats arabes unis, à une opération de débarquement à Aden et que c’était là l’annonce du début de la guerre terrestre, suite aux frappes aériennes ininterrompues depuis mars 2015, lesquelles frappes ont obligé les adversaires des Al-Saoud à se retirer de certaines positions qu’ils contrôlaient jusqu’ici.

 

À l’heure actuelle, nous pouvons dire que le plan d’annexion du Yémen en est au stade préparatoire du siège de Sanaa, soumise quotidiennement à des vagues successives de raids aériens. Il est possible que les hordes militaires « golfistes » [*] s’y dirigent selon trois axes :

 

Le premier, à partir du port d’Al-Hudaydah sur la mer Rouge.

Le deuxième, à partir de la ville de Ta’izz au sud.

Le troisième, supposé être emprunté par les forces qui tentent de se rassembler dans la ville de Marib à l’est où, d’après les dernières nouvelles, 15 000 soldats seraient déjà sur place, rejoints par les équipements et les véhicules militaires d’un pays dont le nombre d’avions et de chars dépasse celui de sa population… Je veux parler du Qatar, l’État de ce prince penseur et résistant Al-Qaradawi !

Quoi qu’il en soit, l’accès par voie terrestre à Sanaa ne sera sans doute pas facile, étant donné que les routes ne sont pas sécurisées ou bien sont toujours sous le contrôle des Houthis.

 

Dans ce contexte, il n’est pas inutile de noter que la victoire des Al-Saoud au Yémen sera très probablement un énorme désastre pour la population, encore plus douloureux et plus dangereux que la tragédie libyenne, témoin en est le déploiement des bandes de voleurs, de truands et d’extrémistes, dans les régions d’où les Houthis se sont retirés sous la pression des frappes américaines et saoudiennes, en plus de l’apparition de diverses formations militaires appartenant à des agences de sécurité étrangères dans les zones des puits de pétrole, des raffineries et des oléoducs.

 

Traiter de la question du Yémen comme se lancer dans des prévisions à court terme, exige de prendre en compte deux facteurs importants, ou plutôt d’introduire le facteur israélien ; lequel, à mon avis, influe sur la guerre des Al-Saoud au Yémen de deux manières en se présentant sous deux visages :

 

Le premier visage est celui de l’impérialisme euro-américain, et les colonialistes israéliens en sont une facette. Ce visage est évidemment connu et bien présent sur la scène yéménite aux côtés des Pays du Golfe. Ici, il est nécessaire de rappeler que cet impérialisme a construit ses propres bases à Djibouti et au nord de la Somalie, après avoir démantelé l’État somalien et découpé ce qu’ils appellent le « Somaliland » où se trouve, justement, une base israélienne ; la largeur du détroit de Bab el-Mandeb, c’est-à-dire la distance entre la côte yéménite et la côte somalienne, étant d’une trentaine de kilomètres.

 

Le deuxième visage se déduit logiquement à partir du rôle joué au Yémen, par les gouvernements actuels de l’Égypte et de la Jordanie aux côtés des Al-Saoud et aussi des colonialistes israéliens, sur la base d’informations indiquant une présence militaire israélienne à l’entrée du détroit de Bab al-Mandeb et donc, en Somaliland.

Pour exposer les choses telles qu’elles sont, et éviter les polémiques, il faut dire que les raisons de cette méfiance à l’égard des autorités égyptienne et jordanienne repose sur le fait que depuis que ces deux pays ont signé respectivement les Accords de Camp David et de Wadi Araba, ils ont toujours adopté des positions essentiellement favorables à Israël. Ce fut le cas lors des conflits israélo-libanais et israélo-palestiniens, ainsi que du conflit réunissant les États-Unis, la Turquie et l’Arabie saoudite contre la Syrie. Je ne pense pas que nous pourrions nous passer de citer tous ces cas.

 

Source : New Orient News ; le 10/09/2015

 

http://www.neworientnews.com/index.php/2013-08-24-22-19-26/17510-2015-09-10-07-07-21

 

Traduction de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

 

NdT : Suite à la publication de cette lettre, une citoyenne yéménite s’est adressée à Madame Assi en ces termes : « Nous Yéménites, nous vous saluons et vous remercions pour vos paroles de vérité sur le Yémen et les Yéménites. Ci-joint une documentation certifiée de quelques crimes, non de tous les crimes… peut-être sera-t-elle utile ». Un message que Madame Assi a publié aussi.

 

Cette documentation, la voici :

 

https://www.facebook.com/noora.alaqmer/media_set?et=a.650160718454524.1073741838.100003818064162&amp ;type=3

 

 

Note : [*] néologismes obligés dérivés des mots cheikh, pays du Golfe, Frères Musulmans…

 

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http://www.legrandsoir.info/yemen-pour-une-gorgee-d-or-noir.html

 

26 septembre 2015

L’histoire du pays arabe le plus riche du monde en guerre contre le pays arabe le plus pauvre du monde.

Yémen : Pour une gorgée d’or noir

Bahar KIMYONGUR

 

Avions larguant des bombes sur des civils, population exsangue, assiégée et affamée, enfants déchiquetés, routes, ponts, écoles, hôpitaux, zones résidentielles, cimetières, aéroports détruits, patrimoine archéologique dévasté. Non, cette fois, ce n’est pas de la Syrie qu’il s’agit mais d’une nation oubliée, le Yémen.

 

Depuis le 25 mars dernier, le Yémen est agressé et envahi par l’Arabie saoudite, ce pays ami qui nous livre du pétrole et qui achète nos armes.

 

D’après l’ONU, en moins de 200 jours de guerre, le régime wahhabite a tué près de 5.000 fois au Yémen dont près de 500 enfants.

Le nombre de victimes civiles de la guerre du Yémen est proportionnellement supérieur au nombre de civils tués dans la guerre de Syrie.

 

En effet, la moitié des morts sont civils au Yémen pour moins d’un tiers de victimes civiles en Syrie.

Pourtant, personne parmi les humanistes professionnels conspuant Assad n’élève la voix contre le Roi Salmane.

La Syrie s’est vue imposer une guerre par terroristes interposés, une politique d’isolement et de sanctions économiques. En revanche, l’Arabie saoudite reçoit nos salamalecs et nos satisfecits.

"Notre ami le Roi" Salmane ne fait pas que détruire par ses bombes. Il impose un blocus terrestre, maritime et aérien qui selon Médecins Sans Frontières (MSF) tue autant les civils que la guerre. 20 millions de Yéménites risquent en effet de mourir de faim et de soif à cause de la guerre et de l’embargo saoudiens.

 

On a rarement vu une politique de deux poids deux mesures aussi contrastée entre une Syrie qui déchaîne les passions et un Yémen qui laisse de marbre.

 

Cette politique de deux poids de mesures ressemble à un match de boxe entre un poids lourd et un poids mouche où le poids lourd peut frapper le poids mouche sous la ceinture mais pas l’inverse.

 

Le pot de fer contre le pot de terre

 

L’agression saoudienne contre le Yémen revêt une dimension mythique.

C’est l’histoire du pays arabe le plus riche du monde en guerre contre le pays arabe le plus pauvre du monde.

Une fois encore, nous nous sommes soumis à la loi du plus fort.

Nous avons laissé notre ami le Roi Salmane fabriquer une guerre sunnite/chiite au Yémen alors que la plupart des musulmans du Yémen prient ensemble dans des mosquées dépourvues d’étiquette confessionnelle.

 

Nous avons diabolisé et interdit le mouvement rebelle Ansarullah en le qualifiant de "chiite" ou de "houthi" pour faire plaisir à notre ami le Roi Salmane alors qu’Ansarullah est une coalition patriotique qui compte de nombreuses personnalités sunnites comme le mufti Saad Ibn Aqeel ou des formations non religieuses comme le parti Baath arabe socialiste du Yémen.

 

Nous avons exclu Ansarullah des pourparlers de paix alors que le mouvement rebelle négociait avec ses adversaires politiques y compris avec Abderrabo Mansour al Hadi, agent saoudien qui était alors assigné à résidence.

 

Nous avons laissé le Yémen redevenir l’arrière-cour du Roi Salmane alors que cette nation rêvait d’indépendance.

Nous avons détourné le regard quand les hommes de main du Roi Salmane (Al Qaeda et Daech) ont brûlé l’église Saint-Joseph à Aden et bombardé la mosquée chiite d’Al Moayyad à Jarraf.

Nous n’avons pas versé une seule larme pour les enfants du Yémen brûlés vifs par les bombardiers de notre ami le Roi Salmane.

Le Yémen est un pays si lointain que ses réfugiés ne nous atteignent pas.

Le Yémen est un pays si méprisé que ses complaintes ne nous atteignent pas.

 

Si Jean de la Fontaine avait été témoin de la guerre du Roi d’Arabie saoudite contre son misérable voisin, il aurait peut-être repris l’extrait suivant de la fable du pot de fer contre le pot de terre :

"Que par son Compagnon il fut mis en éclats,

Sans qu’il eût lieu de se plaindre".

Voilà près de 200 jours que le mouvement international pour la paix laisse faire le pot de fer contre un pays fragile comme un pot de terre.

C’est comme si un pot de fer nous était tombé sur la tête.

 

Le Yémen d’aujourd’hui, c’est le Vietnam d’hier

 

Durant les années 60 et 70, le Vietnam connut à peu près le même scénario que le Yémen aujourd’hui.

Ngo Dinh Diem était l’homme de paille des USA à l’instar d’Abderrabo Mansour al Hadi.

Le Vietcong (FNL) d’hier, c’est Ansarullah aujourd’hui.

Que le premier ait une coloration communiste et le second soit d’inspiration chiite importe peu. Les mouvements nationalistes vietnamien et yéménite ont tous deux pour objectif l’unification de leur pays et son émancipation du joug étasunien.

 

A l’époque, le mouvement international pour la paix a défendu la résistance du peuple vietnamien sans pour autant être communiste et malgré le fait que le Vietcong était soutenu par l’URSS et la Chine.

Aujourd’hui, le mouvement international pour la paix refuse non seulement de défendre le droit du peuple yéménite à la résistance entre autres sous prétexte qu’il est soutenu par l’Iran et la Syrie mais en plus, il ne défend même plus ce qui constitue sa raison d’être, à savoir la paix.

 

Pas de sang pour du pétrole

 

Il n’y a pas si longtemps, en 1991 et en 2003, les USA ont utilisé le sol saoudien pour mener leur guerre contre l’Irak.

A l’époque, nous étions des millions à crier "Pas de sang pour du pétrole" (No Blood for Oil).

Aujourd’hui, ni l’Empire US, ni l’Arabie saoudite, ni les motifs de la guerre n’ont changé.

Qui plus est, le sang continue de couler pour du pétrole.

Seul le mouvement pour la paix a changé.

Il n’est même plus un mouvement, juste une masse inerte et silencieuse bercée par des illusions comme la "révolution arabe", le "droit d’ingérence" et la "responsabilité de protéger"... à coups de bombes de l’OTAN.

 

Entre-temps, le peuple du Yémen est victime d’une guerre, une guerre qui ne nous est pas étrangère, une guerre bien saignante à laquelle nos gouvernements ont donné leur feu vert pour une gorgée d’or noir.

 

Bahar Kimyongür, 23 septembre 2015

 

Source : Investig’Action http://michelcollon.info/Yemen-Pour-une-gorgee-d-or-noir.html

 

 

Commentaires :

Yémen : Pour une gorgée d’or noir

27/09/2015 à 09:28 par J.J. enfonceur de portes ouvertes

On observe la même complaissance envers le gouvernement turc, à propos de sa gestion des Kurdes et de sa bien faiblarde réactivité vis à vis de daech.

 

Etonnant non ?

 

Ne serait-il pas possible de mettre notre ami le roi Salmane et notre ami le président Erdogan dans le même panier et s’en débarasser au plus vite ?

 

#119292

Yémen : Pour une gorgée d’or noir

27/09/2015 à 15:36 par DePassage

Cette manière d’opposer une agression à une autre essayant pratiquement de nous démontrer que l’un souffrirait plus que l’autre me donne des hauts-le-cœur en ce dimanche matin…

 

Je ferai également remarquer à monsieur Kimyongur qu’il s’agit d’une coalition de pays qui agressent présentement le Yémen dont participe activement les États-Unis (je ne prends pas la défense de l’Arabie saoudite ici, loin s’en faut) et je viens d’apprendre que même Mahmoud Abbas à donné son appuis à cette agression contre le Yémen et qu’il est allé jusqu’à souhaiter une intervention similaire contre Gaza pour renverser le Hamas (1).

 

  1. http://www.info-palestine.net/spip.php?article15331

     

J’ai vraiment des hauts-le-cœur ce matin… et ce n’est pas la bière d’hier, non !

 

#119302

Yémen : Pour une gorgée d’or noir

27/09/2015 à 22:27 par D. Vanhove

L’article ne me semble en aucun cas opposer un conflit à un autre pour nous indiquer que la souffrance des uns serait supérieure à celle des autres... Il nous rappelle simplement - et à raison - que l’information n’est pas traitée de manière identique... et pointe ainsi nos collusions obscènes avec la famille royale saoudienne...

 

Il est donc utile et mérite que nous interpellions nos responsables politiques et nos médias sur la manière dont ils traitent et relatent l’information, ainsi que les choix de nos politiques extérieures...

 

Dans le même ordre, il reste totalement inacceptable que la situation en Palestine subisse le même déni de la part des responsables politiques et médiatiques... comme s’ils avaient "capitulé" devant l’arrogance et le bulldozer sioniste que personne ne parviendrait à arrêter...

 

Aucun responsable politique (et médiatique) venant nous parler du Droit d’ingérence ou des Droits de l’homme ne peut encore être écouté sérieusement tant que durera l’occupation de la Palestine par Israël, et cela depuis plus de 65 ans !

Tout le monde sait ce qu’il en est... et pourtant, pas un de ceux-là n’a le courage de prendre des mesures qui contraindraient Israël à se conformer aux Résolutions de l’ONU et à respecter le Droit international. Au contraire, le gouvernement français semble vouloir légiférer pour interdire de soutenir de manière non-violente (par le BDS - Boycott/Désinvestissement/Sanctions) initié par les Palestiniens eux-mêmes tout mouvement de solidarité citoyenne avec les Palestiniens occupés...

Quant au Président Hollande, il nous parle aujourd’hui de frappes aériennes en Syrie, (que dirions-nous si une puissance étrangère venait frapper la France sous n’importe quel fallacieux prétexte !?), et vend au dictateur égyptien Sissi les 2 portes-avions destinés à la Russie...

 

N’importe quel citoyen peut voir la supercherie et la duplicité de ces manœuvres, et comprend de suite le discrédit immédiat que ces responsables politiques jettent sur eux-mêmes, tant ils baignent dans d’ignominieuses contradictions... au point de ne plus être pris au sérieux et passer pour des menteurs et/ou des incompétents avérés !

 

#119306

 

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http://www.bastamag.net/Amnesty-demande-l-arret-des-ventes-d-armes-a-l-Arabie-Saoudite-suspectee-de

 

 

Amnesty demande l’arrêt des ventes d’armes à l’Arabie Saoudite, suspectée de crimes de guerres au Yémen

 

par Rachel Knaebel 12 octobre 2015

 

Amnesty international accuse l’Arabie Saoudite et les forces de la coalition arabe qui interviennent au Yémen de bombarder délibérément les villes densément peuplées, et donc les populations civiles. Plus de 2000 civils et des centaines d’enfants auraient péri depuis le début des opérations, il y a sept mois. Le royaume saoudien utilise également des bombes à sous-munitions interdites par une convention internationale. Cela ne semble pas empêcher l’Allemagne, les Etats-Unis ou la France de continuer de lui vendre des armes, en violation des traités signés.

Depuis mars 2015, l’Arabie Saoudite mène une opération militaire au Yémen pour contrer les rebelles houthistes et soutenir le gouvernement régulier. Amnesty International avait déjà éalert <https://www.amnesty.org/en/articles/news/2015/05/yemen-scores-of-civilians-killed-and-injured-by-anti-aircraft-fire-and-airstrikes-on-weapons-depots/> avant l’été sur les nombreuses victimes civiles du conflit, touchées à la fois par des tirs de la coalition et par ceux des insurgés houthistes. Le 7 octobre, l’ONG a publié un nouveau rapport <https://www.amnesty.org/download/Documents/MDE3125482015ENGLISH.PDF

> sur les victimes civiles de cette guerre oubliée du Yémen. « Depuis le 25 mars 2015, plus de 4000 personnes ont été tuées dans le conflit yéménite. La moitié d’entre eux sont des civils, dont des centaines d’enfants », rappelle Amnesty. Dans ce ce nouveau rapport, l’ONG documente plus précisément treize bombardements menés par la coalition menée par l’Arabie saoudite [1]. Ceux-ci ont eu lieu entre mai et juillet. Selon l’enquête réalisée sur place par Amnesty, ces frappes ont tué quelque 100 civils, dont plus de 50 enfants.

« J’étais près de la rivière et revenais chez moi quand nos maisons ont été bombardées, à environ 10 heures du matin. Ça a été un massacre », a témoigné à Amnesty Ali Qassem Salah al-Shayba, marchand d’animaux et père de quatre enfants. « J’ai perdu mon fils de quatre ans Hassan, et ma fille de 12 ans Taysir ; ma mère Munawwar, ma sœur Aziza et sa fille de six ans Salsabil ; le fils et la fille de mon frère, Mohammed et Yousea, âgés de neuf et 16 ans, et ma cousine Shama’a et ses trois filles, Atkaf, Zahra et Batul, âgés d’un, trois et six ans. Ma femme et mon autre fils de quatre ans ont été blessés, comme ma nièce de 16 ans. » La famille al-Shayba vivait dans un groupe d’habitation au nord-ouest de la ville de Saada. Le 4 juin, quatre frappes aériennes consécutives ont touché leurs maisons. Onze membres de la famille sont morts, dont huit enfants et trois femmes.

Dans les décombres des habitations, Amnesty a trouvé des fragments de bombes de type MK 80, fabriqué par l’entreprise états-unienne General Dynamics. « Ces bombes ont été systématiquement utilisées par les forces de la coalition saoudienne », précise l’ONG. « Comme pour beaucoup d’autres frappes aériennes de la coalition, il n’y avait pas d’objectif militaire évident sur le site ou dans les environs du lieu touché par ces frappes multiples, dont les victimes étaient toutes des enfants et des femmes », indique le rapport. Selon les conclusions de l’ONG, ce sont les frappes aériennes de la coalition qui ont causé le plus grand nombre de victimes parmi la population civile durant le conflit au Yémen. Le rapport dénonce « le mépris pour la vie des civils » dont fait preuve la coalition militaire conduite par l’Arabie saoudite. Celle-ci « a désigné comme cibles militaires, en violation du droit international, les villes de Saada et de Marran, où vivent des dizaines de milliers de civils ».

Des civils visés par des frappes multiples

« Le fait que de larges zones à forte densité de population soient désignées comme cibles militaires et que des habitations civiles soient ciblées de manière répétée montre que les forces de la coalition ne prennent pas les précautions nécessaires pour épargner les civils, comme l’exige le droit international humanitaire », a éédclar <http://www.amnesty.fr/Yemen> Donatella Rovera, qui a conduit la mission d’Amnesty au Yémen. Selon l’ONG, de nombreuses frappes de la coalition saoudienne sont donc illégales. Certaines pourraient même constituer des crimes de guerre.

Amnesty accuse aussi la coalition d’utiliser des bombes à sous-munitions, également fabriquées par des firmes états-uniennes (Aerojet et Honeywell) : « Les chercheurs d’Amnesty International ont retrouvé les restes de deux types de bombes à sous-munitions, les sous-munitions BLU-97 et leurs disperseurs (CBU-97), et les CBU-105, armes sophistiquées amorcées par capteur. Les bombes à sous-munitions, prohibées par le droit international, dispersent d’innombrables petites bombes sur une large zone. ». L’utilisation des armes à sous-munitions est interdite par une convention de l’ONU depuis 2010.

L’ONG demande l’ouverture d’une enquête internationale indépendante sur le conflit au Yémen. Et appelle à suspendre les transferts d’armes vers l’Arabie saoudite, notamment ceux de bombes, d’avions de chasse, d’hélicoptères de combat et de pièces et composants associés. « Les États qui exportent des armes à l’une des parties du conflit au Yémen sont tenus de veiller à ce que les transferts qu’ils autorisent ne facilitent pas de graves violations du droit international humanitaire », souligne Amnesty.

Comme Basta ! le rappelait en juin (Voir notre article <http://www.bastamag.net/Le-commerce-international-des-armes-est-florissant-a-quand-plus-de-controle-et

>), l’Arabie saoudite est l’un des plus grands importateurs d’armes au monde [2]. Parmi ses plus gros fournisseurs se trouvent les États-Unis et le Royaume Uni, mais aussi l’Allemagne et la France.

Des transferts d’armes prohibées par le Traité sur le commerce des armes ?

L’Arabie Saoudite est le plus gros client des fabricants d’armes français en terme de volume financier des contrats. À lui seul, le royaume saoudien a passé plus de 3 milliards d’euros de commandes en 2014. Entre 2013 et 2014, l’Arabie saoudite a par exemple importé ou commandé à la France des missiles anti-aériens, des canons, des missiles anti-chars ou encore des blindés [3].

Les exportations d’armes vers l’Arabie saoudite se sont-elles poursuivies depuis le début du conflit yéménite ? Oui, si l’on en croit les réponses des gouvernements britannique et allemand aux inquiétudes de leurs parlementaires. Entre le 15 mars et le 1er juillet 2015, le Royaume Uni a approuvé 37 licences d’exportations d’armes à l’Arabie saoudite [4]. En avril 2015, l’Allemagne a de son côté autorisé la vente à l’Arabie Saoudite de diverses composantes d’équipements militaires pour un montant de plus de 12 millions d’euros, selon la érponse <http://dipbt.bundestag.de/dip21/btd/18/048/1804824.pdf

> apportée par le gouvernement allemand à un député de Die Linke (gauche) en mai dernier.

« Tous les États ont la responsabilité légale de contrôler les transferts d’armes et de les prohiber dans certaines circonstances », rappelle Amnesty. L’article 6 du Traité sur le commerce des armes [5], qui est entré en vigueur fin 2014, stipule en effet qu’un État ne doit autoriser aucun transfert d’armes « s’il a connaissance que ces armes pourraient servir à commettre des attaques dirigées contre des civils ou des biens de caractère civil et protégés comme tels ».

Rachel Knaebel

En Photo : des chasseurs européens Eurofighters de l’armée de l’air saoudienne

Lire aussi :

’’éCes pays vendeurs darmes qui profitent bien de linstabilit du monde et du regain des tensions <http://www.bastamag.net/Le-commerce-international-des-armes-est-florissant-a-quand-plus-de-controle-et

>

Notes

[1] Les autres membres ce la coalition sont le Bahreïn, l’Égypte, la Jordanie, le Kuwait, le Maroc, le Qatar, le Soudan et les Émirats arabes unis. Les États-Unis et le Royaume Uni ont fournir un appui logistique et de renseignement.

[2] Le deuxième plus gros importateur au monde sur la période 2010-2014. Voir le rapport <http://books.sipri.org/files/FS/SIPRIFS1503.pdf

> annuel de l’ONG de référence sur la question du commerce des armes, le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI).

[3] Source : base <http://armstrade.sipri.org/armstrade/page/trade_register.php

> de données de SIPRI.

[4] Source <http://www.parliament.uk/written-questions-answers-statements/written-question/commons/2015-06-23/3711> : UK Parliament, Arms Trade : Saudi Arabia : written question-3711.

[5] Voir le texte du Traité ici <https://www.icrc.org/applic/ihl/dih.nsf/xsp/.ibmmodres/domino/OpenAttachment/applic/ihl/dih.nsf/4E2CB179C6AC3272C1257C7D00357FD8/FULLTEXT/TCA-fr.pdf

>

 

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http://www.legrandsoir.info/les-guerres-profanes-de-l-arabie-saoudite-au-yemen.html

 

Les guerres profanes de l’Arabie Saoudite au Yémen

Mohamed BELAALI

 

Octobre 2016

Les massacres de milliers de personnes se poursuivent inlassablement dans l’indifférence quasi-générale depuis l’intervention militaire saoudienne au Yémen en mars 2015. Les États-Unis, la France, le Royaume Uni, les armées du Golfe et les forces égyptiennes notamment participent directement ou indirectement à cette agression armée. « Tempête décisive », nom de cette équipée, est considérée par le Royaume Wahhabite comme une simple opération de maintien de l’ordre dans un pays voisin à l’appel de son président Abd Rabbo Mansour Hadi. Dans les faits, il s’agit d’une véritable guerre qui a fait en une seule année plusieurs milliers de morts principalement des civils et détruit une partie importante de l’héritage culturel et architectural yéménite qui est en même temps patrimoine mondial de l’humanité. Ici comme ailleurs, la religion (chiites contre sunnites) est instrumentalisée pour mieux dissimuler la réalité profane, économique et politique, qui constitue la véritable base de cette terrible guerre.

 

Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) « depuis le début du conflit il y a un an, un peu moins de 9.000 personnes ont été tuées ». Le dernier communiqué de l’ONU parle d’au moins 10 000 morts (1). Mais il y a aussi des morts qui ne sont pas comptés, des morts invisibles en quelque sorte faute de soins dans les hôpitaux ravagés et détruits par les bombardements saoudiens. Aucun lieu n’est épargné par les avions de la coalition : « Elle a frappé, ajoute la même source, des marchés, des hôpitaux, des cliniques, des écoles, des usines, des fêtes de mariage et des centaines de résidences privées dans les villages et les villes, y compris la capitale Sanaa » (2). L’Arabie Saoudite utilise au Yémen des armes fabriquées et vendues par les États-Unis qui sont extrêmement dangereuses pour les civils et interdites par des traités internationaux (3). Rappelons aussi que la France est l’un des pays qui vend le plus d’armes à l’Arabie Saoudite (4).

 

Mais les hommes ne sont pas les seuls à subir la violence de la coalition. Le patrimoine culturel du Yémen est lui aussi pris pour cible. Des zones entières inscrites pourtant au patrimoine mondial de l’humanité sont ravagées par des raids aériens de la coalition (5). Les vieux quartiers de Sanaa, capitale du Yémen et plusieurs fois millénaires, n’ont pas échappé à la violence destructrice des avions américains pilotés par des saoudiens. Désormais l’ancienne ville de Sanaa et Shibam sont classées par l’UNESCO comme patrimoine mondial en péril (6). Ces destructions de l’héritage culturel du peuple yéménite et patrimoine mondial de l’humanité ressemblent étrangement aux crimes perpétrés par l’armée américaine contre l’histoire et la mémoire d’un autre pays qui a vu naître sur son sol de brillantes et splendides civilisations, il s’agit de la Mésopotamie c’est à dire l’Irak d’aujourd’hui ou tout du moins ce qu’il en reste : « C’est sur cette terre que l’écriture et le calcul, entre autres, furent inventés. Mais la Mésopotamie c’est aussi Babylone et ses jardins suspendus (septième merveille du monde), Hammourabi et son code, Nabuchodonosor II et sa conception architecturale etc. etc. » (7). L’impérialisme et ses alliés locaux non seulement sont les ennemis des peuples mais aussi de leur culture, de leur histoire et de leur mémoire.

 

Pour l’Arabie Saoudite, le Yémen n’est que le prolongement de son propre territoire. Les affaires intérieures du Yémen sont les affaires intérieures de l’Arabie Saoudite. Le Yémen doit rester un pays totalement inféodé au royaume wahhabite. On rapporte que sur son lit de mort, l’émir Abdelaziz Ibn Saoud (1880-1953), fondateur de l’Arabie « moderne » avec l’aide des britanniques, disait que « le bonheur du Royaume est dans le malheur du Yémen ». Ce racontar est probablement faux, mais il n’en demeure pas moins significatif et représentatif des relations complexes et conflictuelles entre les deux pays.

 

Précisons d’emblée que le Yémen est la seule république au milieu des monarchies pétrolières riches et puissantes. Le Yémen, appelé autrefois l’« Arabie heureuse » pour sa prospérité, est aujourd’hui l’un des pays les plus pauvres de la planète. Il est relégué, pour son Indicateur de Développement Humain (IDH), aux dernières places par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) (8). Mais le Yémen c’est aussi le détroit de Bab al-Mandab (porte des lamentations en arabe) qui commande l’entrée à la mer Rouge et surtout le Golfe d’Aden qui sépare le continent africain du continent asiatique et constitue de ce fait une voie maritime importante pour les échanges mondiaux. Autant dire que le Yémen représente un intérêt stratégique évident pour l’Arabie Saoudite et bien sûr pour les États-Unis très présents dans la région à travers leurs bases militaires notamment. La position géostratégique et ses nombreuses potentialités ont toujours fait du Yémen un pays convoité par les puissances étrangères et déchiré par des conflits internes entre conservateurs et progressistes qui l’ont rendu instable et difficilement gouvernable. De ce fait le Yémen constitue aussi une source d’inquiétude et une menace non seulement pour le Royaume saoudien mais aussi pour les autres dynasties du Golfe qui redoutent que d’éventuelles révoltes politiques et des revendications démocratiques ne s’étendent à toute la région.

 

Sans remonter loin dans l’histoire, le premier conflit (1926-1934) entre le royaume wahhabite et le Yémen s’est soldé par l’annexion de trois provinces yéménites d’Assir, de Nejrane et de Jizane par l’Arabie Saoudite. Le Yémen n’a jamais renoncé à ses territoires conquis par son puissant voisin du nord. Il fallait attendre les accords de Djeddah de juin 2000 pour trouver un semblant de règlement à ce conflit frontalier (9).

 

En 1962 de jeunes officiers soutenus par Nasser renversent le roi Al-Badre et fondent la République Arabe du Yémen. L’Arabie Saoudite n’a reconnu la jeune république qu’en 1970. Elle ne pouvait supporter ni tolérer cette nouvelle situation d’autant plus que 70 000 soldats égyptiens étaient présents sur le sol yéménite et que Nasser non seulement dénonçait avec force et véhémence la dynastie des Al Saoud, fidèles serviteurs des intérêts anglais et américains dans la région (10), mais il prônait aussi un panarabisme progressiste et laïc. Royalistes soutenus par l’Arabie Saoudite et républicains armés par l’Égypte nassérienne se sont affrontés dans une terrible guerre civile. Progressistes et conservateurs ont ainsi mené une guerre ininterrompue pendant presque une décennie. La guerre a pris fin en 1970 sans réellement apaiser les tensions politiques mais la République a survécu mettant ainsi un terme définitif à un régime particulier vieux de plus de mille ans : l’imamat zaydite? (11).

 

En 1967 le dernier soldat britannique quitte Aden et la République Populaire du Sud Yémen accède à l’indépendance mettant là encore fin à 128 ans d’occupation anglaise. En 1970, la République Populaire est devenue la République Démocratique Populaire du Yémen. Le Yémen est ainsi divisé en deux États antagonistes, l’un au nord l’autre au sud. Mais ces deux républiques sont unies par le même passé et aspirent toutes les deux à construire le même avenir. En mai 1990 les deux États fusionnent pour ne former qu’un seul, la République du Yémen dont le président est Ali Abdallah Saleh un homme aussi habile que cynique. Même si cette réunification est superficielle(en partie encouragée par l’Irak de Saddam Hussein et partage inéquitable du pouvoir entre le Nord et le Sud etc.), l’Arabie Saoudite ne pouvait accepter un Yémen uni. Dès septembre de la même année, l’Arabie Saoudite expulse 800 000 travailleurs yéménites sous prétexte que le Yémen soutient l’invasion irakienne du Koweït. Le Royaume wahhabite s’allie avec les dirigeants sudistes, pourtant se réclamant du marxisme, pour briser cette unité d’autant plus que l’on vient de découvrir des gisements pétroliers prometteurs dans le Sud. En mai 1994 une nouvelle guerre civile éclate entre le Nord et le Sud armé et financé par l’Arabie Saoudite. Ce conflit se termine par la victoire du Nord laissant derrière lui plus de 10 000 morts.

 

En 2011 les soulèvements populaires au Yémen comme dans tout le monde arabe contre les régimes d’un autre âge ont poussé l’Arabie Saoudite, avec l’aval des américains, à intervenir pour briser l’élan formidable des révoltes pacifiques du peuple yéménite dans toute sa diversité. Rappelons pour mémoire que ce soulèvement a réussi à renverser le président Ali Abdallah Saleh au pouvoir depuis 1978. Celui-ci s’est réfugié en Arabie Saoudite le lendemain du bombardement de son palais le 3 juin 2011 par le chef tribal Sadek al Ahmar. C’est également l’Arabie Saoudite qui a soigné dans ses hôpitaux le président gravement blessé et permis enfin son retour au Yémen le 23 septembre de la même année. Et c’est à Riyad que l’accord de transfert de pouvoir entre Saleh et son vice président Abd Rabbo Mansour Hadi a été signé en présence du Roi d’Arabie. Toujours en 2011, le peuple de Bahreïn s’est lui aussi soulevé contre la tyrannie des Al Khalifa au pouvoir depuis plus de trois siècles. La population unie a mené un magnifique combat pacifique contre le despotisme du régime en place. Prises de panique, toutes les monarchies du Golfe avec à leur tête l’Arabie Saoudite et soutenues par les États-Unis ont envahi le petit royaume. La place de la Perle, au cœur de Manama la capitale de Bahreïn et haut lieu de la révolte populaire, a été évacuée dans le sang le 16 mars 2011. Le monument de la Place a été détruit et remplacé par les chars de l’armée saoudienne (12). Aujourd’hui encore, malgré une terrible répression, le peuple de Bahreïn résiste toujours à l’oppression dans l’indifférence absolue des bourgeoisies occidentales.

 

L’écrasement de ces soulèvements populaires par la contre-révolution incarnée par l’Arabie Saoudite avec la complicité de l’impérialisme américain a créé les conditions matérielles propices au développement de l’obscurantisme, du terrorisme et de la guerre civile. C’est dans ce cadre qu’il faut situer la nouvelle guerre du Royaume wahhabite au Yémen.

 

Le triomphe de la contre-révolution a ravivé dans ce pays martyr des divisions sectaires et des rivalités tribales plus ou moins contenues jusqu’alors. Les Houthis (Al-hûthiyûn en arabe), mouvement politique de confession zaydite, un rameau du chiisme, ont toujours été marginalisés sur le plan économique, politique et religieux par Ali Abdallah Saleh. S’estimant stigmatisés et méprisés, les Houthis ont opposé une farouche résistance au pouvoir central notamment depuis la guerre de Saada en 2004 (13). Rappelons que l’ex-président Ali Abdallah Saleh a toujours instrumentalisé la religion par la confessionnalisation des conflits sociaux et politiques pour se maintenir au pouvoir.

 

Profitant du chaos qui règne au Yémen depuis l’écrasement des révoltes populaires, les Houthis s’emparent de Sanaa et obligent le président Abd Rabbo Mansour Hadi, installé au pouvoir par l’Arabie Saoudite, à démissionner mettant de facto un terme à l’accord de Riyad dont ils étaient exclus. L’Arabie et les monarchies du Golfe ne peuvent tolérer l’installation à Sanaa d’un pouvoir qu’elles accusent d’être à la solde de l’Iran. Dans la nuit du mercredi à jeudi 26 mars 2015, l’Arabie Saoudite intervient, une fois encore, au Yémen. Les Houthis sont alors décrits comme des chiites zaydites instrumentalisés par l’Iran contre les gouvernements sunnites chaféites de la région. Les houthis alliés, ironie du sort, à leur ancien ennemi de toujours Ali Abdallah Saleh, sont ainsi réduits à un simple instrument entre les mains de l’Iran. Cette manière de simplifier une réalité particulièrement complexe a été également utilisée à Bahreïn par le Royaume wahhabite pour justifier son intervention militaire dans ce petit pays et mater « ces chiites manipulés par l’Iran ». Dans cette région du monde, l’Arabie Saoudite joue le rôle de rempart contre tout changement démocratique et progressiste.

 

Le Royaume wahhabite se saisit ainsi de la religion pour mieux étendre son influence et sa puissance dans la région. La religion doit être au service des ambitions politiques et des intérêts économiques. L’Islam est ainsi utilisé comme couverture et comme idéologie de légitimation pour, en dernière analyse, perpétuer le pouvoir et les privilèges de la dynastie des Al Saoud.

 

Mohamed Belaali

 

»» http://www.belaali.com/2016/09/les-guerres-profanes-de-l-arabie-saoudi...

 

  1. http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=36847#.V02rspGLSUk

     

Fin août 2016, les Nations Unies ont revu à la hausse le nombre des victime : http://www.aljazeera.com/news/2016/08/10000-killed-yemen-conflict-160830173324902.html

 

(2) op.cit .

 

  1. https://www.hrw.org/fr/news/2016/05/06/yemen-recours-par-larabie-saoudite-des-armes-sous-munitions-de-fabrication

     

 

  1. https://www.mediapart.fr/journal/international/240416/ventes-darmes-lobsession-saoudienne-de-la-france

     

voir aussi : http://controlarms.org/fr/2016/02/26/les-etats-doivent-cesser-de-vendre-a-larabie-saoudite-des-armes-destinees-a-etre-utilisees-dans-le-cadre-du-conflit-au-yemen/

 

 

  1. http://www.lorientlejour.com/article/940026/operation-detruire-lheritage-culturel-du-moyen-orient-.html

     

La ville Saada, fief des Houthis, a été déclarée cible militaire par le porte parole de la coalition.

 

Voir Targiting Saada : https://www.hrw.org/report/2015/06/30/targeting-saada/unlawful-coalition-airstrikes-saada-city-yemen

 

 

  1. http://fr.unesco.org/news/vieille-ville-sana-ancienne-ville-shibam-son-mur-enceinte-yemen-ajoutees-liste-du-patrimoine

     

 

  1. http://www.belaali.com/article-les-ravages-de-la-guerre-imperialiste-en-irak-48981793.html

 

  1. http://hdr.undp.org/sites/default/files/hdr_2015_statistical_annex.pdf

 

 

  1. https://www.senat.fr/ga/ga35/ga35_mono.html

     

 

(10) https://www.youtube.com/watch?v=voUNkFuhg1E

 

 

  1. https://transcontinentales.revues.org/411

     

 

  1. http://www.belaali.com/article-l-intervention-saoudienne-a-bahrein-et-le-silence-complice-des-bourgeoisies-occidentales-69874090.html

     

 

Voir également « Répression et résistance à Bahreïn » : http://www.legrandsoir.info/Repression-et-resistance-a-Bahrein.html

 

  1. https://www.cairn.info/revue-critique-internationale-2010-3-page-137.htm#no274

 

Commentaires:

29/09/2016 à 11:21 par aldamir

« Mon père chevauchait un chameau, je roule en Cadillac, mon fils vole en jet, son fils chevauchera un chameau. »

Proverbe saoudien

 

#127856

02/10/2016 à 14:48 par vagabond

Ils détruisent les berceaux de la civilisation humaine, ils veulent effacer toute trace de l’humain primordial et mettre en place un homme nouveau qu’ils prétendent libérer mais qu’ils enchaînent à leur dieu vénal.

Ils détruisent des oeuvres de beauté qui témoignent du génie artistique et créateur de l’humain, de son histoire, et les remplacent par des prisons de béton où les hommes rompus par leur esclavage quotidien, viennent enfermer leurs horizons.

Tous nos ancêtres sur toutes les terres de cette planète nous ont avertis de ce qui nous attend, ils l’ont exprimé différemment mais le message est le même.

Nous sommes réduits aujourd’hui, malgré notre plus grand nombre, à observer notre fin sans la moindre volonté de résister.

Notre volonté ayant été anesthésiée par notre confort, par la télévision, ce gourou qui nous contrôle, et par des corvées quotidiennes qui n’ont aucun sens la plupart du temps.

C’est bien notre fin à tous, ce n’est pas parce que les victimes désignées appartiennent à ce qu’ils veulent vous faire passer pour des peuples barbares, que cette fin ne nous concerne pas.

Ils effacent l’histoire de l’Arabie bienheureuse, celle du Levant, celle de Sumer, ils s’attaqueront à celle de la Perse pour ne laisser que leur histoire qu’ils ont fabriquée de bouts de chimères et de mythes, à grand renfort d’argent.

 Peut-être serions-nous nettoyés par un nouveau déluge comme ceux dont parlent les anciens ? Souvent, je le souhaite à cette planète.

 

 

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