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Les neveux d'IG FARBEN: MONSANTo + Bayer = MOBAY

Le 21/09/2016

 

********************http://www.legrandsoir.info/monsanto-bayer-mobay-le-cartel-des-empoisonneurs-contre-la-planete-asian-age.html

19 septembre 2016
 Monsanto+Bayer=MoBay : le cartel des empoisonneurs contre la planète (Asian Age)

Vandana Shiva

L’Inde est embourbée dans une controverse artificielle créé par Monsanto à propos de la première culture génétiquement modifiée, censée avoir reçu le feu vert pour sa commercialisation. Impliquée dans des litiges sur plusieurs fronts, Monsanto tente de contourner nos lois sur les brevets, la loi de protection de la variété végétale, celles sur les droits des agriculteurs, sur les produits de base et sur la concurrence. Elle se comporte comme s’il n’y avait, en Inde, aucun parlement, aucune démocratie, aucune loi souveraine à laquelle elle devrait obéir. Ou tout simplement, elle s’en moque.

Sur un autre terrain, Monsanto et Bayer sont en train de fusionner. Elles ont déjà dans le passé formé une seule entité appelée MoBay (MonsantoBayer)https://en.wikipedia.org/wiki/Mobay, digne héritière du cartel d’empoisonneurs IG Farben. Les participations majoritaires de ces deux entreprises étaient entre les mains des mêmes sociétés d’investissement privées. Le domaine d’expertise de ces firmes, c’est la guerre. IG Farben, moteur économique d’Adolf Hitler et principale source de devises étrangères de l’Allemagne d’avant guerre, était également une machine de renseignements étrangers. Hermann Schmitz était le président d’IG Farben, son neveu Max Ilgner était un directeur d’IG Farben, tandis que le frère de Max, Rudolph Ilgner, dirigeait la branche new-yorkaise comme vice-président de Chemnyco.

Paul Warburg, frère de Max Warburg (du conseil d’administration d’IG Farben), fonda le système de réserve fédéral des USA. Max Warburg et Hermann Schmitz ont joué un rôle central dans l’empire IG Farben. Carl Bosch, Fritz ter Meer, Kurt Oppenheim et George von Schnitzler étaient d’autres dirigeants de l’entreprise. Tous, sauf Paul Warburg, furent jugés et condamnés comme criminels de guerre à Nuremberg.


Les accusés d’IG Farben à NurembergMonsanto et Bayer ont une longue histoire. Elles fabriquaient des explosifs et des gaz toxiques mortels à l’aide de technologies partagées et les vendaient aux deux camps des deux guerres mondiales. Les mêmes produits chimiques étaient achetés par les Alliés et les forces de l’Axe, aux mêmes fabricants, avec de l’argent emprunté à la même banque.

MoBay fournissait les ingrédients de l’Agent orange (acide 2,4,5-T aux dioxines) durant la guerre du Vietnam. Près de 75 millions de litres de défoliants et d’herbicides MoBay furent pulvérisés sur le Sud-Vietnam. Des enfants naissent encore avec des malformations congénitales, des adultes ont des maladies chroniques et des cancers à cause de l’exposition aux produits chimiques de MoBay. La résistance de l’agent orange cobreveté par Bayer et Monsanto a été codéveloppée pendant des décennies. Des guerres étaient menées, des vies perdues, des nations ciselées en terres promises — avec des frontières artificielles profitant à la colonisation et au pillage des ressources — tandis que Bayer et Monsanto vendaient des produits chimiques sous forme de bombes et de poisons, et que leurs frères fournissaient les prêts pour acheter ces bombes.

Plus récemment, Bayer CropScience AG et Monsanto auraient engagé un partenariat à long terme. Ce qui leur donne accès aux herbicides de l’un et de l’autre et donc à une double technologie de résistance aux herbicides. À travers des accords de licences croisées, des fusions et des acquisitions, l’industrie de la biotechnologie devient l’IG Farben de notre temps, avec Monsanto aux commandes.

L’industrie mondiale des produits chimiques et des OGM — Bayer, Dow Agro, DuPont Pioneer, Mahyco, Monsanto et Syngenta — s’est syndiquée sous forme de Fédération de l’Industrie semencière d’ Inde (FSII) afin d’augmenter son pouvoir de nuisance sur les paysans indiens, sur l’environnement et les lois démocratiquement élaborées qui protègent le public et l’intérêt national. Ceci en plus de l’Association des Entreprises de Biotechnologie (ABLE), qui a tenté de s’attaquer au contrôle des prix des semences en Inde mis en place par la loi sur les produits de base n faisant appel à la Haute Cour de justice du Karnakata à Bangalore, qui a rejeté la plainte.

Ce nouveau groupe n’a rien à voir avec « l’industrie semencière », il ne produit pas de semences. Il tente d’étendre le principe du brevet aux produits chimiques afin d’obtenir la propriété de semences, même dans des pays où les brevets sur les semences et les plantes ne sont pas autorisés. Comme en Inde, en Argentine, au Brésil, au Mexique et dans beaucoup d’autres pays.

Toutes les affaires Monsanto en Inde sont liées à sa revendication non-scientifique, illégale et de brevets sur les semences, au mépris des lois indiennes, et à sa tentative d’extorquer des redevances à l’industrie semencière indienne et aux agriculteurs. La FSII est une « réunion de famille séculaire d’IG Farben », un rassemblement d’entités indépendantes et autonomes.

Le cartel chimique familial d’IG Farben a été responsable de l’extermination de gens dans des camps de concentration. Il représente un siècle d’écocide et de génocide, entrepris au nom de l’expérimentation scientifique et de l’innovation. Aujourd’hui, ce cartel d’empoisonneurs porte des habits d’ingénieur génétique et répète ad nauseam le mantra de l’innovation. Les camps de concentration d’Hitler furent une « innovation » dans le domaine du meurtre ; et presque un siècle après, la famille Farben est en train de mener la même extermination, silencieusement, mondialement et efficacement.


L’innovation de Monsanto consistant à extorquer des royalties illégales et à pousser des paysans indiens au suicide est aussi une innovation dans la manière de tuer ni vu ni connu et indirectement. La nouveauté de la méthode d’assassinat ne rend pas le meurtre plus juste. « L’innovation », comme toutes les activités humaines, a ses limites — définies par l’éthique, par la justice, par la démocratie, les droits des personnes et de la nature.

IG Farben a été jugée à Nuremberg. Nous avons des lois nationales pour protéger les personnes, leur droit à la vie et à la santé, ainsi que l’environnement. Les lois indiennes sur les brevets et la biosécurité, ainsi que celle sur la variété végétale visent à contrôler les propriétaires voraces d’entreprises historiquement coupables de crimes contre la nature et l’humanité.

L’industrie se prépare à lancer son nouveau « gène », la moutarde GM (DMH-11). La moutarde GM, promue comme une « innovation » du secteur public, se base sur le système de gènes barnase/barstar pour créer des plantes mâles stériles et sur un gène bar pour la résistance au glufosinate. En 2002, la demande d’approbation par pro-Agro (Bayer) de plantation commerciale de moutarde GM basée sur le même système avait été rejetée.

Bien que bannie en Inde, Bayer trouve les moyens de vendre du glufosinate illégalement aux plantations de thé d’Assam et aux pommeraies d’Himachal Pradesh, dans le nord-ouest de l’Inde. Des revendeurs font passer la vente de glufosinate dans la catégorie « autres » pour contourner la loi. Ces produits chimiques se fraient un chemin jusqu’aux corps de nos enfants sans l’accord du gouvernement. Essentiellement, tous les brevets clés liés au gène bar sont détenus par Bayer CropScience, qui a acquis Aventis Cropscience, elle-même créé à partir des départements de génie génétique de Schering, Rhône-Poulenc et Hoechst. Puis Bayer a fait l’acquisition de Plant Genetic Systems, et a passé un accord de coopération avec Evogene, qui détient des brevets dans le secteur de la cartographie génomique.


Avant qu’une autorisation soit accordée à la moutarde modifiée génétiquement, le problème des limites de la brevetabilité doit être résolu sur la base des lois indiennes, et les brevets sur les plantes, les semences et les méthodes agricoles ne doivent pas être autorisés. Deepak Pental, un professeur à la retraite et développeur d’OGM ne commercialisera pas la semence de moutarde GM. Ses donneurs d’ordre de Bayer/Monsanto/MoBay le feront.

Au vu de notre expérience avec le coton GM, le ministère de l’Environnement et des Forêts envisage d’établir des directives pour l’évaluation socio-économique des variétés OGM proposées, prenant en compte des facteurs comme l’économie, la santé, l’environnement, la société et la culture.

Au cœur de cette évaluation socio-économique, on retrouve le problème des monopoles et des cartels, et de leur impact sur les petits agriculteurs. Bien que les brevets sur les semences ne soient pas autorisés, pendant plus de 15 ans, Monsanto a illégalement extorqué des redevances aux paysans indiens, les piégeant par la dette, et déclenchant ainsi une épidémie de suicides. La guerre de Monsanto contre la piétaille de l’Inde — les paysans — est une guerre menée par la famille IG Farben contre notre famille terrienne.

Vandana Shiva

Version originale : http://www.asianage.com/columnists/poisonous-cartel-gmos-014

Traduit par Nicolas Casaux

»» http://partage-le.com/2016/09/monsantobayermobay-le-cartel-des-empoisonneurs-contre-la-planete-par-vandana-shiva/

 

"L'eau c'est la vie" Les Indiens dans nos têtes

Le 10/09/2016

https://reporterre.net/Aux-Etats-Unis-les-Sioux-se-battent-contre-un-projet-d-oleoduc-geant

 
Aux Etats-Unis, les Sioux se battent contre un projet d’oléoduc géant

10 septembre 2016 / Yona Helaoua (Reporterre)

 

Depuis plusieurs mois, des tribus sioux du nord des États-Unis luttent contre le projet d’oléoduc Dakota Access, qui menace leur approvisionnement en eau et les terres sacrées de leurs ancêtres. Un juge fédéral vient de rejeter leur requête, mais le département de la Justice réclame une suspension des travaux le temps de mener une consultation.

- Washington (États-Unis), correspondance

« Mni wiconi. » Dans la langue des Lakota, une tribu sioux du nord des États-Unis, cela signifie : « L’eau, c’est la vie. » La bataille qui se déroule en ce moment dans le Dakota du Nord a pour point de départ l’eau de la rivière Missouri, mais ses enjeux sont bien plus grands. Elle a démarré il y a quelques mois et a culminé le week-end dernier, quand des manifestants pacifiques ont été attaqués par les chiens d’une société de sécurité surveillant les travaux d’un nouvel oléoduc.

Le combat a commencé le 1er avril. Pour lutter contre le passage de cet oléoduc tout près de la réserve indienne de Standing Rock, plusieurs tribus sioux ont créé, à quelques kilomètres de là, le Sacred Stone Camp, un camp de fortune situé dans la zone de Cannon Ball. Depuis, plusieurs milliers de personnes, dont les représentants de 200 tribus, selon Reuters, sont venues les rejoindre.

Ce nouvel oléoduc à 3,7 milliards de dollars, dont le tracé a reçu une autorisation fédérale, s’appelle le « Dakota Access ». Il a été conçu pour traverser quatre États sur près de 1.900 km, du Dakota du Nord à l’Illinois, avant d’être raccordé à un autre oléoduc pour alimenter les raffineries du golfe du Mexique.

« Dix-huit millions de personnes vivent en aval de cette rivière »

Selon les défenseurs du projet, porté par la société texane Energy Transfer Partners, il s’agirait d’un moyen de transport plus sûr que le train pour un matériau hautement inflammable. Mais, si les habitants de Standing Rock sont inquiets, c’est à cause des inévitables fuites de ce gros tuyau de 76 cm de diamètre censé transporter entre 470.000 et 570.000 barils de pétrole par jour. De quoi menacer l’agriculture et les réserves d’eau potable ainsi que tout un écosystème : des nids d’aigles d’Amérique aux plantes médicinales en passant par la culture du riz sauvage.

« Au départ, l’oléoduc devait traverser la rivière Missouri près de la ville de Bismarck, mais les autorités étaient inquiètes, car une fuite de pétrole aurait souillé l’eau potable de la capitale de l’État. Ils ont donc décidé de déplacer le projet à un demi-mile [moins d’un kilomètre] en amont de la réserve, le long d’une terre volée à la tribu en 1958, et ce sans leur consentement », rappelle, dans une tribune publiée dans le New Yorker, Bill McKibben, fondateur de l’ONG environnementale 350.org.

Quelque dix millions de personnes seraient directement concernées par cet oléoduc, selon Kendall MacKey, responsable de la campagne contre les énergies fossiles chez 350.org, interrogée par Reporterre. « Mais les conséquences ne concernent pas que la réserve, enchérit Kandi Mossett « Eagle Woman », activiste responsable des questions d’énergie chez Indigenous Environmental Network et elle-même membre d’une tribu sioux du nord-ouest de Standing Rock. Dix-huit millions de personnes vivent en aval de cette rivière et seront touchées d’une manière ou d’une autre si le tuyau fuit. Ce qui arrivera, car nous savons que tous les oléoducs, je dis bien tous, finissent par fuir. Le tableau est donc bien plus large, il s’agit de s’orienter vers une économie sans énergie fossile, de protéger l’eau pour les générations futures. »

Alors que la moitié de l’oléoduc a déjà été construite, les Sioux de Standing Rock accusent aussi les travaux de vandaliser des terres considérées comme sacrées ainsi que des lieux de sépulture et de prière.

« Ils ont violé la mémoire sacrée de mes ancêtres »

Face à ces attaques, les activistes de Standing Rock tentent de faire entendre leur voix via une campagne nationale. Une pétition a été lancée et rassemble aujourd’hui près de 300.000 signatures. Plus récemment, le soutien de plusieurs stars d’Hollywood, comme Leonardo DiCaprio, Ben Affleck ou encore Susan Sarandon, a aidé à médiatiser le combat.

Dans le milieu politique, la candidate du Green Party, Jill Stein, s’est rendue sur les lieux cette semaine. Elle fait désormais l’objet d’un mandat d’arrêt pour avoir tagué un bulldozer et empiété sur une propriété privée. Des faits passibles de 30 jours d’incarcération et/ou une amende de 1.500 dollars dans le Dakota du Nord, second producteur national de pétrole après le Texas. « J’espère que le Dakota du Nord va poursuivre les vrais vandales qui détruisent au bulldozer des sites sacrés d’inhumation », a écrit la candidate écolo sur Twitter.

I hope ND presses charges against the real vandals who bulldoze sacred burial sites. #NoDAPL https://t.co/34e6stP5wQ pic.twitter.com/6Hn3LT1500
— Dr. Jill Stein (@DrJillStein) 7 septembre 2016

Grâce à cette médiatisation, des soutiens venus d’Europe, d’Asie ou encore d’Australie affluent vers le camp. « Nous étions environ 4.500 le week-end dernier », estime Kandi Mossett, elle-même sur les lieux depuis un mois. Ce même week-end, la jeune femme a été choquée par le traitement réservé aux manifestants. Alors que les opposants au projet avaient déposé un recours juridique contre le permis de construire, indiquant que des tombes d’ancêtres se trouvaient sur le chemin des pelleteuses, Energy Transfer Partners a tout de même commencé à creuser, samedi 3 septembre.

« Ils ont violé la mémoire sacrée de mes ancêtres », se désole Eagle Woman, rapportant qu’au moins deux tombes ont été profanées. « Les militants n’en croyaient pas leurs yeux, ajoute-t-elle. Ils sont intervenus et ont commencé à pousser les barrières pour arrêter les bulldozers. » Une compagnie de sécurité privée a alors employé l’intimidation pour faire reculer les manifestants : des chiens ont été lâchés, mordant six personnes. Six autres ont été blessées par les forces de sécurité, et 30 personnes ont reçu des gaz lacrymogènes, dont une femme enceinte, rapporte Kandi Mossett. Selon les services du shérif du comté de Morton, trois agents de sécurité ont eux aussi été blessés.

« Ils sont violents et ne s’arrêteront pour rien au monde. Nous non plus »

Les tribus sioux ont alors formulé un recours auprès d’une cour fédérale réclamant une suspension temporaire des travaux. Un juge a émis un premier avis, mardi 6 septembre, suspendant la construction sur la partie Est du site. « Mais c’est sur la partie Ouest que tous les sites sacrés se situent, s’alarme Kandi Mossett. Par chance il a plu ces derniers jours donc les travaux ont été suspendus. » Le juge a rendu un avis plus complet vendredi 9 septembre, rejetant la requête et provoquant la colère des opposants à Dakota Access. Le gouverneur du Dakota du Nord avait d’ailleurs mobilisé la Garde nationale en prévision de ce jugement.

Mais, signe que le dossier devient politique, l’armée ainsi que les départements de la Justice et de l’Intérieur ont ordonné la suspension des travaux jusqu’à nouvel ordre et appellent à une consultation avec les tribus.

Quoi qu’il arrive, les membres du Sacred Stone Camp resteront mobilisés. « Nous serons là aussi longtemps qu’il le faudra, assure Kandi Mossett. Les promoteurs du Dakota Access sont extrêmement agressifs. Maintenant nous savons qu’ils sont violents et qu’ils ne s’arrêteront pour rien au monde. Nous sommes là pour dire que nous non plus. »

Alors que Dakota Access mesure seulement 11 km de moins que Keystone XL, dont l’annulation par le président Barack Obama cette année a été saluée par les associations environnementales, l’interrogation est légitime : pourquoi donc cet oléoduc a-t-il été autorisé aussi rapidement et sans consultation préalable ? Le pipeline a été approuvé cet été par une agence fédérale différente, la U.S. Army Corps of Engineers, qui s’est servie d’une solution de facilité appelée « Permit 12 ». « Cela a permis de fractionner le projet en centaines de petites sections, sans avoir à réaliser d’étude d’impact globale ni de consultation avec les tribus. Le “Permit 12” n’est en général pas utilisé pour les oléoducs, nous sommes dans une sorte de vide juridique », explique à Reporterre Kendall MacKey, de 350.org.

Les activistes en appellent désormais au chef de l’État, qui, de se son propre aveu, souhaite laisser en héritage ses efforts pour l’environnement. « Obama a fait une déclaration très décevante au sujet de l’oléoduc, regrette Kandi Mossett. [1] Lors de sa visite à Standing Rock, en 2009, il avait dit qu’il serait là pour nous, mais ça n’est pas le cas. Il doit s’élever contre ce projet et nous aider à protéger notre culture. » Une manifestation est prévue mardi 13 septembre dans plusieurs villes du pays, dont Washington DC, la capitale.


[1] Le président états-unien, interrogé à la volée lors d’un déplacement au Laos, le 7 septembre, a indiqué qu’il allait se pencher sur la question.


 

 

Les Aménageurs de la vie mutilée

Le 04/08/2016

Source: http://sciences-critiques.fr/tchernobyl-fukushima-les-amenageurs-de-la-vie-mutilee/

« Si la science un jour règne seule, les hommes crédules n'auront plus que des crédulités scientifiques. » (Anatole France)

 Tchernobyl, Fukushima : les aménageurs de la vie mutilée
par Collectif

  • 3 août 2016

 

Proclamant qu’il faut « gérer » sa peur à la suite de catastrophes comme celles de Tchernobyl et de Fukushima, les aménageurs de la vie mutilée, relayés par des représentants d'instances étatiques ou associatives, prétendent réduire à néant toute possibilité de mise en cause de la déraison nucléaire, enjoignant à chacun d’en tirer au contraire parti, plutôt que de se hasarder à en rechercher les responsables et à rendre inhabitées des terres inhabitables.

 

> Cécile Asanuma-Brice, sociologue à la Maison franco-japonaise de Tokyo, auteure de nombreux articles sur la protection de la population après le désastre nucléaire de Fukushima. Jean-Jacques Delfour, philosophe, auteur de "La condition nucléaire. Réflexions sur la situation atomique de l'humanité" (L’Échappée, 2014). Kolin Kobayashi, journaliste et écrivain, auteur de "Le crime du lobby nucléaire international, de Tchernobyl à Fukushima" (Éditions Ibun-sha, 2013). Nadine Ribault, écrivain, et Thierry Ribault, économiste au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), co-auteurs de "Les sanctuaires de l'abîme. Chronique du désastre de Fukushima" (Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, 2012).

Un documentaire consacré aux désastres de Tchernobyl et de Fukushima a été présenté par Arte le 26 avril dernier, lançant une pernicieuse invitation à « vivre avec » la contamination radioactive, « défi » que prétendent, en ces jours sombres, relever les missionnaires de l’accommodation à la vie en zones contaminées par la radioactivité.

L’« Initiative de Dialogue pour la réhabilitation des conditions de vie après l’accident de Fukushima », présentée dans ce film, a été pilotée par de supposés, et néanmoins dangereux experts à l’œuvre à Tchernobyl hier, à Fukushima aujourd’hui, et en France demain.

Puisque la France a dans ses rangs des champions de la réhabilitation post-catastrophe, tels que Jacques Lochard ou Gilles Hériard-Dubreuil, soutenus par la Commission Internationale de Protection Radiologique (CIPR), l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), l’Université médicale de Fukushima ou la Fondation d’extrême droite Sasakawa (alias Nippon Foundation).

Gilles Hériard-Dubreuil a fondé en 2013 le « courant » Écologie humaine, dont le nom reprend une terminologie vaticane, avec Tugdual Derville, porte-parole de « Manif pour Tous », et délégué général de l’Alliance Vita, association d’extrême droite catholique du mouvement pro-vie, qui milite contre l’avortement, contre l’euthanasie et contre le mariage entre personnes de même sexe.

M. Hériard-Dubreuil préside, par ailleurs, le cabinet de conseil Mutadis, sinistrement connu pour son engagement à Tchernobyl, sous subsides européens et internationaux, dans les programmes Ethos (1996-2001), SAGE (2002-2005) et CORE (Coopération pour la réhabilitation des conditions de vie dans les territoires contaminés du Bélarus, 2003-2008), qui prescrivent aux populations, sous couvert d’intentions thérapeutiques et participatives, des recettes d’accommodation à la vie en zones contaminées.

Un des principaux objectifs − atteint − de ces programmes, a été d’évincer du terrain de Tchernobyl les initiatives de protection sanitaire développées par des médecins et des physiciens après l’accident de la centrale, et de ne pas ralentir, en conséquence, la détérioration continue de la santé des populations, faute d’apporter une véritable prophylaxie.

 

 

Les faits de traîtrise de Gilles Hériard-Dubreuil à l’encontre des spécialistes de santé du Belarus ne semblent toutefois pas avoir dissuadé la députée européenne Europe Écologie-Les Verts Michèle Rivasi et l’avocate Corinne Lepage, « antinucléaires » déclarées, de collaborer avec ce dernier, de le nommer « secrétaire » et « expert qualifié » de leur association européenne Nuclear Transparency Watch, qu’elles ont créée et qu’elles président depuis 2013, appelant à rien moins qu’« une implication systématique des citoyens et de la société civile dans la préparation et la réponse aux situations d’urgence nucléaire en Europe », situations dont on aura suffisamment compris qu’elles ne tarderont plus à « survenir ».

Communiquer sur la sûreté nucléaire comme bien commun.

Ainsi, Mmes Rivasi et Lepage, qui ont chargé M. Hériard-Dubreuil de communiquer sur « la sûreté nucléaire comme bien commun » sur le site de leur association, soutiennent inconditionnellement l’initiative pronucléaire européenne RICOMET de développement de stratégies de « communication sur le risque » nucléaire et vantent les mérites des rapports radionégationnistes dont M. Hériard-Dubreuil est l’auteur, rapports à la gloire d’Ethos et de l’accommodation des populations à la radioactivité en situation d’accident nucléaire.

Quant à Jacques Lochard, vice-président de la Commission Internationale de Protection Radiologique (CIPR), et directeur du Centre d'étude sur l'évaluation de la protection dans le domaine nucléaire (CEPN), dont les membres sont le Commissariat à l’Énergie Atomique, Areva, l’IRSN et EDF, il est, lui aussi, un contributeur actif et rusé à la propagation de l’idéologie de la « culture pratique de la radioprotection » à Fukushima, comme à Tchernobyl.

 

CINQ RECETTES EMPOISONNÉES

 

Voici leurs cinq recettes, qui, pour être bien concoctées, n’en sont pas moins empoisonnées de cette mort qui enverra les gens moisir à plat.

1. Inciter chacun à rester vivre dans les zones contaminées, tout en « optimisant » son exposition à la radioactivité à proportion du coût économique et social de sa protection. Ainsi, maximisent-ils le nombre de personnes contraintes de suivre un protocole de contrôle et de mesure permettant de survivre dans la contamination à moindre coût. À défaut de les soigner.

2. Considérer la réalité radioactive comme un problème psychologique. Il s’agit de transformer une réalité scientifique et sociale – la contamination radioactive et ses dégâts –, en phénomène faisant l’objet d’un « ressenti » individuel, lui-même tributaire de l’état mental, ou psychologique, de chacun.

Conforter les gens dans le délire selon lequel ils sont des sujets autonomes dans la gestion de leur contamination alors qu'ils sont prisonniers des rapports techno-sociaux.

Le rapport à la radioactivité ne relèverait ainsi que d’une gestion personnalisée de l’angoisse. À dire d’experts, ce ne serait alors plus la situation de contamination qui serait irrationnelle, mais la perception qu’on en aurait.

3. Recourir à un jargon d’« authenticité », pontifiant et illusoirement concret dans lequel les appels à l’autonomie, à la dignité, à la communauté et à l’humain ne font qu’emprunter à la théologie de pâles reflets de transcendance, afin de mieux assujettir l’individu au fonctionnement, ici du tout radioactif, ailleurs du tout sécurisé.

Or, conforter les gens dans le délire selon lequel ils sont des sujets autonomes dans la « gestion de leur contamination », alors qu’ils savent bien qu’il leur est seulement impossible de ne pas se plier aux rapports techno-sociaux dont ils sont prisonniers, c’est vouer à l’échec toute possibilité d’échappée.

On conditionne les populations à la cogestion du désastre, en les encourageant à stimuler, et a minima à simuler, les réflexes et les comportements induits par les modifications du monde environnant. Cette recherche de l’adaptation parfaite passe par l’intériorisation de toutes les formes de pressions que la contamination radioactive fait naître.

 

 

4. Promouvoir la résilience, nouvel horizon de l’homme adaptable, censé ne compter que sur lui-même et ses insondables capacités de « rebond ». Au nom d’un relativisme pragmatique, d’un primat de « la vie quotidienne », ces médiateurs du désastre insufflent la défiance, voire la décrédibilisation, des connaissances scientifiques les moins contestables, distillent le doute et propagent l’ignorance sur les effets sanitaires de l’exposition durable aux dites « faibles doses » de rayonnement ionisant, tout en déplorant « la montée de la défiance des populations vis-à-vis des différentes sortes d’autorités. »

Insuffler la défiance, voire la décrédibilisation, distiller le doute et propager l'ignorance.

Résilience aidant, c’est à nous qu’ils assignent ensuite la tâche de recoller les morceaux de ce qu’ils contribuent à détruire. Ils préconisent de remplacer les normes de protection par de simples recommandations destinées à faciliter l’action des individus. « Les gens passent ainsi de la résignation à la créativité », s’enthousiasme Jacques Lochard.

Ainsi, chacun n’aurait plus qu’à mobiliser ses propres réserves de résistance à l’irrésistible et devenir « partie prenante » de sa propre irradiation. On reconnaît là le choix de l’État japonais : maintenir les populations sur place et diminuer d’autant, à court terme du moins, le coût d’un accident nucléaire.

5. Banaliser la radioactivité, cet obstacle que l’on apprend à contourner au quotidien dans la recherche de « solutions » immédiates, ponctuelles et individuelles. La radioactivité ne poserait alors problème que dans la seule mesure où les pratiques de vie des habitants les amèneraient à la « croiser » sur le chemin de l’école, du travail, ou de la promenade.

Au Japon, se mène désormais une chasse quotidienne aux hotspots de contamination radioactive, réduits à des incidents facilement résolus en grattant le sol et en stockant la terre dans des sacs poubelle, ou en installant des rideaux de plomb aux fenêtres des chambres d’enfants afin d’« éviter la contamination venant de la forêt. »

Au quotidien, on sait que si on se coupe, c’est bien de se désinfecter. Ça, c’est du pratique. Eh bien, la radioactivité c’est pareil.

Tout lien avec les méprisables concepts universels de menace, de santé, de vie, est dilué, et circonscrit, dans la catégorie des difficultés personnelles – la « sur-inquiétude des mères » –, ou dans celle des contraignantes, mais inévitables, nécessités hygiéniques ou ménagères.

Décidément en guerre avec sa science, M. Lochard nous confiait au cours d’un entretien : « Au quotidien, on sait que si on se coupe, c’est bien de se désinfecter. Ça, c’est du pratique. Eh bien, la radioactivité c’est pareil. »

 

L’IRRATIONALITÉ ET L'EXTRÊME VIOLENCE DU « VIVRE AVEC »

 

Ces aménageurs de la vie mutilée, relayés par Arte et tant d’autres représentants d’instances étatiques ou associatives, telles que Nuclear Transparency Watch de Mmes Rivasi et Lepage, et M. Hériard-Dubreuil, défendent haut et fort l’irrationalité selon laquelle il existerait un entre-deux de la contamination, où l’exposition au rayonnement ne serait dangereuse qu’en principe, mais s’avèrerait inoffensive dans la réalité. Véritable irrationalité, cette extrême violence du « vivre avec » est une insulte aux survivants.

Il s’agirait donc d’endiguer l’horreur de la contamination en la coulant dans les formes pseudo-rationnelles d’un « tous ensemble, nous vaincrons la radioactivité » ? C’est à quoi se vouent ces prêcheurs de soumission en expliquant, sans foi ni loi, qu’on peut échapper au danger en s’y confrontant, qu’on peut gratter la terre, mais en croisant les doigts.

 

Proclamant qu’il faut « gérer » sa peur, ils prétendent réduire à néant toute possibilité de mise en cause de la déraison nucléaire, enjoignant à chacun d’en tirer au contraire parti, plutôt que de se hasarder à en rechercher les responsables.

Il fallait dire ce qu’est l’objectif de ces rédempteurs du « vivre avec », qui n’en paieront pas le prix, eux qui ont choisi d’emplir les hôpitaux de malades plutôt que de rendre inhabitées des terres inhabitables.

Tribune libre collective de :
Cécile Asanuma-Brice, Jean-Jacques Delfour, Kolin Kobayashi, Nadine Ribault et Thierry Ribault

> Photos à la Une et panoramique : logements en ruine dans la ville de Pripiat, à trois kilomètres de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, plusieurs années après la catastrophe du 26 avril 1986. / Crédit CC.

 

Pour en savoir plus...
« Laisser mourir, c'est tuer. Cogérer, c'est co-détruire », 1er juin 2016. Analyse approfondie de Nadine et Thierry Ribault, écrivain et chercheur au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), co-auteurs de Les sanctuaires de l'abîme. Chronique du désastre de Fukushima (Editions de l'Encyclopédie des Nuisances, Paris, 2012.)


 

 

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Un commentaire

  1. Philippe Godard 3 août 2016 à 17 h 09 min Répondre

    Bravo pour cet excellent article, qui montre qu’aujourd’hui comme hier, ou encore plus qu’hier, le mensonge d’État s’érige sans problème en vérité. Certes, les propagateurs des nouvelles vérités officielles (en l’espèce, “on peut vivre heureux à Tchernobyl et à Fukushima”) prennent encore quelques précautions d’usage et, comme le relève le texte, certaines expressions sont très fumeuses (“la sûreté nucléaire comme bien commun” par exemple). Nous n’en sommes donc pas à des expressions aussi catégoriques que “La guerre c’est la paix. La liberté c’est l’esclavage”, etc., du monde d’Orwell. Mais si nous n’en sommes pas là, c’est parce que ce n’est plus la peine de le formuler ainsi ! Dans son roman, Orwell attirait l’attention sur le mensonge de tous les États et sur le fait que le totalitarisme passait aussi ou d’abord par le langage. La société actuelle a contourné ce stade “1984”. Elle a substitué au discours cohérent un “adieu au langage”, comme dirait Jean-Luc Godard, qui n’en est pas moins totalitaire et pas moins inquiétant.
    Le texte montre bien comment l’indécence d’une position cynique peut parfaitement se recouvrir du masque de la bonté la plus dégoulinante et comment l’abjection peut revêtir les couleurs de la charité voire de l’humanisme. Il ne faut pas s’y tromper : le totalitarisme est là, l’ignorance est en effet devenue la force, et bientôt, la guerre risque d’être la paix.


 

 

Nouveaux OGM cachés et quelques actions

Le 25/07/2016

 

Nouveaux OGM Cachés

 

Agribio 13 – Groupement des agriculteurs biologiques des Bouches-du-Rhône
Maison des agriculteurs - 22 avenue Henri Pontier
13626 AIX EN PROVENCE Cedex 1
Tel : 04 42 23 86 59 - Fax : 04 42 23 81 07
agribio13(at)bio-provence.org - http://bio-provence.org

25/05/16

 

-http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-nouveaux-ogm-le-debat-est-manipule-37051.php

 Pour la Science > N°464 - juin 2016 > Réflexions & débats > Entretien 12 min

Nouveaux OGM : « Le débat est manipulé »

« Nouveaux OGM », « OGM cachés », NPBT... Tous ces noms désignent la même chose : de nouvelles techniques d'obtention des plantes et leurs produits. S'agit-il d'OGM ? Le débat fait rage, mais la question est-elle la bonne ?

Entretien avec Yves Bertheau - Propos recueillis par Marie-Neige Cordonnier

Par quelle technique ce maïs a-t-il été obtenu ? Si la Commission européenne décide que les nouvelles techniques de modification des plantes ne nécessitent pas la même procédure de suivi et d'étiquetage que celles produisant les OGM classiques, rien ne le distinguera, sur le plan réglementaire, d'un maïs naturel... Verdict prévu fin 2016.

E. Charpentier et P. Kaldy, CRISPR-Cas 9, l'outil qui révolutionne la génétique, Pour la Science N°456 - octobre 2015.

Depuis quelques années, de nouvelles techniques d'obtention des plantes, rassemblées sous le nom de NPBT (new plant breeding techniques), ont émergé, telles que CRISPR-Cas et les nucléases à doigt de zinc, deux systèmes d'édition du génome mis au point récemment. En 2007, la Commission européenne a engagé une réflexion sur ces nouvelles techniques et leur réglementation : entrent-elles dans le cadre de la législation des OGM (organismes génétiquement modifiés) ou non ? Si tel est le cas, chaque plante produite doit faire l'objet d'une autorisation, après évaluation, et d'un étiquetage. Début 2016 en France, cette question a plongé le Haut conseil des biotechnologies (HCB) dans une crise profonde. L'éclairage d'Yves Bertheau, chercheur Inra au Muséum national d'histoire naturelle et récent démissionnaire du comité scientifique du HCB.

- Pourquoi avez-vous démissionné du HCB ?

 Yves Bertheau : Pour trois raisons. D'abord, il y a eu un détournement de procédure. Le HCB a été créé en 2009 pour « éclairer de manière indépendante le gouvernement sur toutes questions intéressant les OGM ou toute autre biotechnologie ». Habituellement, à la suite d'une saisine ministérielle ou d'une autosaisine, le comité scientifique du HCB émet un avis sur la question soulevée, fondé sur une expertise scientifique, puis le comité économique, éthique et social, l'autre instance du HCB, s'appuie sur cet avis pour émettre le sien sur les aspects socioéconomiques. Or c'est un tout autre scénario qui s'est déroulé au sujet des NPBT.
L'ordre du jour de la séance du 16 décembre 2015 prévoyait une rapide discussion sur une note de synthèse d'un groupe de travail interne au comité scientifique, mis en place trois ans plus tôt pour réfléchir à ces nouvelles techniques. Lors de la séance, on nous a expliqué que cette note devançait une saisine du gouvernement qui devait arriver fin janvier. Mais, peu après, le texte a été transmis au gouvernement sous la forme d'un avis, alors qu'il n'en avait aucun des critères juridiques et de qualité. Ce n'était qu'une note de travail ! Nous avons aussi appris que le comité économique, éthique et social avait reçu ce texte en même temps que nous pour émettre son avis. La saisine, quant à elle, n'est jamais arrivée, pas plus qu'une autosaisine. Nous n'avons donc jamais su ce qui nous était demandé. Mais cela n'a pas empêché le gouvernement de se référer plusieurs fois à cette note, qui conclut, en substance, que plusieurs techniques ne devraient pas faire l'objet d'une étude systématique calquée sur le modèle des OGM.

 - L'avis publié est donc de qualité médiocre ?

Y. B. : Il est très mauvais, c'est la deuxième raison de ma démission. Je ne pouvais le cautionner. Un vocabulaire et un français approximatifs, de nombreuses incohérences, des points cruciaux évacués dans des fiches techniques non fournies... Et enfin, une orientation plus socioéconomique que scientifique. Le groupe de travail n'a apparemment auditionné que des porteurs d'intérêt, qu'il ne nous est même pas permis de connaître. Aucun scientifique au front dans les domaines concernés ne paraît avoir été contacté. Au lieu d'un rapport scientifique, on se retrouve avec un galimatias. Il faut dire que le bureau du HCB, qui nomme les membres des groupes de travail, a choisi de faire majoritairement appel à des personnes ayant un lien avec le développement économique de ces nouvelles techniques, et même pas du secteur végétal. Un comble pour un rapport qui annonce se préoccuper des plantes.

 - Quelle est la troisième raison de votre départ ?

Y. B. : Les fiches techniques n'ont été fournies que mi-janvier, car elles étaient « en cours d'élaboration » en décembre. Bien qu'elles constituent plus des deux tiers de la note, le bureau du HCB n'a proposé aucune séance pour les discuter avant l'envoi du texte au gouvernement. Or ces fiches ressemblent plus à des pages Wikipedia qu'à des documents d'experts scientifiques. Elles se contentent de décrire succinctement les différentes techniques abordées, sans aucun recul. L'ensemble aboutit à une note qui ne traite que de certaines techniques, voire de certaines variantes, parfois seulement dans quelques situations, et qui ne les regarde que par le petit bout de la lorgnette.

 - Quelles techniques ne sont pas abordées ?

 Y. B. : Le problème n'était certes pas simple au départ. Le terme NPBT regroupe de nombreuses techniques qui n'ont pas grand-chose à voir entre elles. Celles fondées sur l'édition du génome à l'aide d'enzymes sont les plus médiatisées, car elles prennent leur essor depuis peu : des enzymes (nucléase à doigt de zinc, nucléase TALEN, système CRISPR-Cas) reconnaissent des séquences spécifiques d'ADN et les coupent pour y insérer ou non un fragment d'ADN. Mais les NPBT incluent aussi les greffes entre greffon OGM et porte-greffe non OGM ou vice versa, ainsi que l'agro-infiltration (une bactérie Agrobacterium tumefaciens injecte de l'ADN étranger dans une cellule végétale, qui le traduit en protéines, puis le détruit) et bien d'autres techniques . Cela donne un ensemble très confus, dont le groupe de travail n'a pas fourni un aperçu exhaustif et surtout compréhensible. Il a par exemple éludé les méganucléases, des enzymes qui reconnaissent et coupent une séquence plus longue et plus rare que les nucléases ou le système CRISPR-Cas. Et concernant l'agro-infiltration, il s'est restreint à son application en milieu confiné, alors que les opérateurs souhaitent l'utiliser en champs, par aspersions aériennes. Il a aussi « oublié » d'autres techniques comme le floral dip (une technique de transformation par trempage des tissus végétaux dans une solution de bactéries).

 -Quelle est la différence entre ces nouvelles techniques et les méthodes utilisées pour obtenir ce que la législation nomme OGM ?

 Y. B. : Selon la directive 2001/18 de la Commission européenne, un OGM est « un organisme, à l'exception des êtres humains, dont le matériel génétique a été modifié d'une manière qui ne s'effectue pas naturellement par multiplication et/ou par recombinaison naturelle ». Et toujours selon cette directive, les techniques qui y conduisent sont les méthodes classiques de transgenèse, c'est-à-dire de transformation du patrimoine génétique d'un organisme en introduisant un gène d'une autre espèce, qu'elle soit apparentée ou non. Ce gène exogène est inséré dans l'organisme cible au moyen de bactéries, d'une micro ou macro-injection, d'une encapsulation ou de bombardements de particules. D'autres techniques non naturelles sont aussi répertoriées dans la directive européenne. Fondamentalement, il n'y a donc pas grande différence entre les techniques nouvelles et les classiques au regard de la définition législative européenne : toutes conduisent à un organisme dont le matériel génétique a été modifié de façon artificielle – un OGM. Et à chaque fois, un fragment d'ADN ou d'ARN est introduit et/ou circule dans l'organisme cible.

 - Pourtant, le groupe de travail penche plutôt vers l'idée que les organismes produits avec les nouvelles techniques ne devraient pas être soumis à la même évaluation que les OGM. Sur quels arguments s'appuie-t-il ?

 Y. B. : Le groupe de travail considère par exemple – ce qui est vrai – que les nouvelles techniques d'édition du génome (CRISPR-Cas, nucléases...) sont plus précises que les techniques classiques, car elles agissent à un endroit donné du génome, choisi au préalable, et non au hasard. Se focalisant uniquement sur la région ciblée et sur certaines variantes des techniques, il avance aussi que ces techniques seraient moins perturbatrices. Pour lui, une plante modifiée avec un gène de la même espèce ou d'une espèce proche n'aurait pas besoin d'une évaluation calquée sur celle des OGM. Cette vision est, au minimum, simpliste ! Le groupe de travail omet ainsi de nombreuses sources de mutations et d'épimutations (modifications épigénétiques). Même si elles sont plus précises, les techniques d'édition entraînent des dommages collatéraux. D'autres portions du génome que celles ciblées sont ainsi modifiées, sans que l'on comprenne toujours pourquoi ou que l'on puisse toujours en prédire l'existence. Ces effets hors cibles n'apparaissaient pas dans la première version de la note, et ne sont à présent évoqués que par le biais des progrès techniques en cours qui visent à les réduire et devraient les rendre insignifiants... un jour. De plus, les effets de la vectorisation des produits utilisés pour la modification des organismes hôtes sont éludés. Or les vecteurs utilisés, qu'il s'agisse de bactéries, de particules ou même d'une micro-injection, sont destructifs comme un bulldozer qui essaierait de venir faire de la dentelle dans votre cuisine : le stress induit laisse des traces incontrôlées, sous forme de mutations et d'épimutations. De même, les effets des systèmes de sélection des cellules transformées sont oblitérés.

 -À propos des greffes, le groupe de travail conclut que « les fruits ou graines de plantes non génétiquement modifiées mais issus de porte-greffes modifiés ne nécessitent pas d'évaluation environnementale ou sanitaire propre ». Le porte-greffe modifié n'a-t-il donc aucun effet sur le greffon ?

 Y. B. : Il peut en avoir ! Lors d'une greffe, des micro-ARN circulent entre le porte-greffe et le greffon et induisent parfois des épimutations dans la plante entière. L'analyse du groupe de travail est ici malhonnête, d'autant plus qu'il ne considère que l'un des deux cas de greffe (porte-greffe modifié et greffon non modifié, et non l'inverse). De même, le groupe de travail occulte l'effet de la régénération des plantes modifiées. D'une part, on ne sait pas régénérer toutes les plantes, et les NPBT, tout comme les techniques d'obtention des OGM classiques, ne serviront qu'aux plantes que l'on sait régénérer. D'autre part, le procédé n'est pas anodin : une fois les modifications produites avec certaines NPBT sur des cellules de feuilles – des protoplastes –, on cultive ces cellules dans un milieu optimisé, en présence de phytohormones qui permettent la régénération d'une plante entière mais induisent des variations génétiques incontrôlées.

 -On entend dire que les plantes obtenues par édition du génome ne sont plus détectables, à cause de l'absence de transgène. Est-ce vrai ?

  Y. B. : C'était un autre argument avancé dans le document de départ du groupe de travail pour justifier le fait que les NPBT ne pouvaient pas entrer dans la même législation que les techniques d'obtention des OGM. Mais le groupe confondait ici détectabilité et identification. Détecter des mutations, on sait faire : il existe toute une liste de méthodes utilisées pour cela, notamment dans le domaine médical, en particulier la LCR (ligase chain reaction) qui permet de détecter une mutation ponctuelle. La vraie question est l'identification de la technique à l'origine de cette mutation. Le groupe n'y avait même pas songé. En trois ans, il n'a pas interrogé l'ENGL, le réseau européen des laboratoires de détection des OGM, un consortium officiel qui traque les OGM connus et inconnus depuis plus de quinze ans.

 - Comment identifie-t-on un OGM inconnu ?

 Y. B. : Si on ne recherche qu'une mutation ponctuelle, on ne peut rien dire sur son origine, naturelle ou artificielle. Mais la traçabilité ne se résume pas à la recherche d'une signature univoque, comme les fragments de bordure d'un OGM classique – des séquences qui encadrent la région modifiée du génome. Il s'agit de rassembler des faisceaux convergents de preuves pour aider les douanes ou la répression des fraudes à prendre une décision dont l'impact économique peut être considérable, comme de renvoyer des tonnes de riz ou de produits dérivés, représentant des millions d'euros, parce que ce riz contient des OGM inconnus et non autorisés. La méthode la plus utilisée, car la moins chère, est la traçabilité documentaire. Quand un semencier vend un produit à un agriculteur, il lui fournit un certificat, que celui-ci transmet à sa coopérative, laquelle en garde une trace que chacun se transmet. L'autre méthode consiste à rechercher des signatures laissées intentionnellement ou non dans le génome des plantes, par exemple par les pétitionnaires – les producteurs d'OGM. Comme ils ont besoin de prouver que tel maïs OGM utilisé par tel agriculteur vient de chez eux, ils peuvent introduire une signature moléculaire dans leurs plantes modifiées : des mutations neutres à certains endroits. Plus généralement, les laboratoires recourent à l'approche dite matricielle, déjà utilisée pour caractériser certains cancers (tous les éléments suspects dans le génome sont rassemblés, et le profil obtenu, analysé au moyen d'outils d'aide à la décision, indique si la plante étudiée est un OGM ou non). Toutes ces méthodes sont applicables aux NPBT. En disant que leur identification est impossible, le groupe de travail se base donc sur un a priori biaisé – tout comme cela a été le cas il y a vingt ans pour les OGM.

 - Les plantes obtenues via des NPBT sont-elles plus dangereuses ?

 Y. B. : On ne peut rien dire de plus que pour les OGM classiques. Seule une étude approfondie au cas par cas et sur le long terme permet d'avoir une idée des effets d'une nouvelle plante, qu'elle soit génétiquement modifiée ou non, sur la santé ou la biodiversité. C'est un peu le sens de l'annexe 1B de la directive 2001/18, qui exclut des techniques OGM la mutagenèse au hasard, car les variétés qui en étaient issues étaient utilisées depuis longtemps. Et c'est dans cette annexe que certains voudraient mettre les NPBT. Mais en omettant de dire qu'on manque de recul sur les plantes produites via ces techniques, comme l'a justement souligné le comité économique du HCB dans son avis.

 - Que préconisez-vous ? Faut-il revenir à la législation de 1997, qui stipulait que tout aliment non consommé de manière courante dans l'Union européenne avant 1997 devait faire l'objet d'un suivi et d'un étiquetage ?

 Y. B. : C'est le minimum qu'on puisse proposer : une période probatoire de dix ans, qui permettrait d'examiner les dossiers de ce que je considère de toute façon comme des OGM, de peaufiner les méthodes et d'en savoir plus sur les mutations et épimutations produites par les NPBT, ainsi que sur leur persistance, afin de les encadrer de la façon la plus stricte possible. Je ne suis pas anti-OGM. Je suis phytopathologiste imprégné de la culture de la station d'amélioration des plantes de Dijon. Notre idée est de nourrir au mieux le monde. Si l'on n'avait pas sélectionné de plantes, le blé mesurerait toujours 2,50 mètres et verserait sous le vent. Il ne s'agit donc pas de revenir aux espèces sauvages et de perdre tout ce que l'on a acquis, mais de permettre la coexistence de différentes formes d'agriculture. Pourquoi l'Europe contraint-elle autant les semences paysannes (constituées de populations plutôt que de variétés pures hybrides), mais cherche-t-elle à autoriser l'utilisation de NPBT sans régulation ? Quelle que soit la technique employée, classique ou nouvelle, les contrôles et le suivi restent indispensables. Surtout, le consommateur doit continuer à bénéficier du libre choix au travers d'un étiquetage approprié.

 - Un monde où coexisteraient des cultures issues des techniques classiques et nouvelles serait-il envisageable ?

  Y. B. : C'est la grande question. De combien de kilomètres séparer ces cultures pour qu'il n'y ait pas de contamination ? Prenez le maïs, l'espèce la plus étudiée à ce sujet. Environ 95 % des grains de pollen tombent dans les 100 premiers mètres. Les 5 % restant, en revanche, partent dans l'atmosphère et fécondent jusqu'à 3 kilomètres. De plus, il faut prendre en compte les incertitudes de mesure liées à l'échantillonnage. Si le seuil d'étiquetage OGM est de 0,9 % du génome de la plante, les filières non OGM (la quasi-totalité de la production européenne) visent un seuil de 0,1 % pour être sûres de ne pas atteindre le seuil d'étiquetage. Et pour obtenir un tel seuil, ce ne sont plus 50 mètres et 3 rangs de maïs non OGM qu'il faut placer entre les cultures OGM et non OGM, mais des kilomètres. Co-Extra, un programme de recherche européen que je coordonnais, a étudié cette question entre 2005 et 2009. Il a ainsi démontré que si l'on prend tous ces aspects en compte, la coexistence ne doit pas être négociée avec son voisin, mais entre des zones de cultures dédiées. Au Portugal, par exemple, les agriculteurs d'OGM se sont regroupés autour de coopératives OGM et ont négocié avec ceux des cultures conventionnelles de constituer autour d'eux des zones tampons de plusieurs kilomètres.

 - Que va-t-il se passer à présent ?

 Y. B. : Le plus grand flou persiste. Par saisine datée du 22 février, mais révélée qu'en avril, le gouvernement a saisi le HCB pour « compléter » le premier rapport provisoire, que je considère donc nul et non avenu, avec quelques points que j'avais soulevés, tels que la traçabilité des plantes obtenues ou leurs risques pour la santé et l'environnement. Le nouveau rapport doit être rendu avant l'été 2016, un délai bien court pour apporter une expertise sur des sujets aussi complexes. Mais je ne me fais pas trop d'illusions, l'enjeu économique pèse trop et les jeux sont faits. La Commission européenne elle-même n'arrive pas à prendre position et a reculé à fin 2016 son avis, qu'elle devait rendre fin 2015, notamment sous la pression américaine, en particulier à cause du Tafta, le projet de zone de libre-échange entre les États-Unis et l'Europe. OGM ou non OGM, la vraie question n'est pas là, mais dans le recul que nous voudrons bien nous accorder sur les techniques utilisées. En d'autres termes, quelle agriculture voulons-nous ? Et c'est au citoyen de répondre. Le rôle du HCB est de lui fournir toutes les informations possibles et imaginables, afin qu'il puisse faire son choix en fonction des avantages et inconvénients. Des informations scientifiques neutres, objectives et nuancées. Il a failli à sa tâche et sort décrédibilisé de cette expertise scientifique « Canada Dry ». Sa gouvernance est à reprendre au plus vite.

 
*******04/07/16 15:58***************objet  Action Faucheurs 3 juillet / St Nazaire
Communiqué de presse

Saint Nazaire, le 3 Juillet 2016 – Ce matin, des Faucheurs Volontaires d’OGM venu-e-s de toute la France ont neutralisé un stock important de tourteau de Soja Round Up Ready (OGM / Pesticides) pour le rendre impropre à la consommation animale. La neutralisation s’est effectuée à l’aide d’eau déversée grâce aux lances incendie situées dans le hangar de stockage. Le Soja transgénique était entreposé dans les silos situés sur le port de Saint Nazaire. Cette action a pour objectif de rappeler que les faucheurs volontaires sont opposés aux importations d’OGM.

> > Le port de Saint Nazaire est le premier port français pour l’importation de matières premières destinées à l’alimentation animale, et le tourteau de Soja est la base de ce trafic. Plus de 1,5 millions de tonnes de soja – en majorité OGM – transite par ce port par an, en provenance quasi-exclusive d’Amérique du Sud. Ce tonnage représente environ 1/3 du Soja OGM importé en France chaque année (4,5 millions de tonnes).

> > En Amérique du Sud, la monoculture du Soja OGM contribue à la destruction des forêts, à l’expropriation des paysans, à la violation des droits humains, à la mise en danger des travailleurs et des riverains des exploitations par l’usage massif des pesticides. En continuant les importations d’OGM, les entreprises d’alimentation animale et l’état français soutiennent les firmes agrochimiques comme Monsanto contre le bien commun et la souveraineté alimentaire des pays.

> > Les consommateurs ne savent pas qu’ils mangent des produits issus d’animaux nourris aux OGM. Nous demandons l’étiquetage de tous les produits alimentaires contenant des OGM afin de garantir aux citoyen-ne-s le droit de savoir et de choisir de manger sans OGM. Nous demandons des études indépendantes sur la toxicité des OGM et des pesticides dans l’alimentation, et sur leurs impacts sanitaires et environnementaux. Nous demandons au gouvernement l’application du principe de précaution par l’instauration d’un moratoire sur les importations d’OGM. Des alternatives sont possibles : développement d’une filière soja non OGM, développement des cultures de protéines végétales.

> > Le collectif des Faucheurs Volontaires continue et continuera ses actions de désobéissance civile non violente pour alerter la société et pour faire cesser les effets désastreux – chez nous, comme en Amérique du Sud – des importations massives de Soja OGM. Ni dans les champs, ni dans les assiettes, les OGM nous n’en voulons pas !

> > Contacts Presse :
 
 
> Quelques articles de presse :

http://blogyy.net/2016/07/03/deux-mille-tonnes-de-soja-ogm-argentin-detruites-a-st-nazaire/

http://m.france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/action-anti-ogm-d-un-collectif-de-faucheurs-volontaires-au-port-de-nantessaint-nazaire-1039903.html#xtref=https://www.google.fr/&

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2016/07/03/97002-20160703FILWWW00054-action-des-anti-ogm-a-nantessaint-nazaire.php

http://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/saint-nazaire-44600/action-anti-ogm-dans-un-entrepot-du-port-nantes-saint-nazaire-4344232

http://7seizh.info/2016/07/03/st-nazaire-deux-mille-tonnes-de-soja-ogm-argentin-detruites/

http://www.saint-nazaire.maville.com/actu/actudet_-montoir-de-bretagne.-des-faucheurs-ogm-detruisent-un-stock-de-tourteaux-de-soja_loc-3010119_actu.Htm

 
*****************http://www.lindependant.fr/2016/07/18/trebes-les-faucheurs-volontaires-ont-passe-la-nuit-sur-le-site-de-monsanto,2230955.php


Trèbes : les Faucheurs volontaires ont passé la nuit sur le site de Monsanto

Le 18 juillet 

Ce lundi matin, à 8 h, ils étaient encore une trentaine de Faucheurs volontaires à occuper le site de Monsanto à Trèbes. Une action initiée dimanche soir, à l'issue de trois jours d'assemblée générale à Foix.

C'est pour signifier leur solidarité avec les opposants argentins à un projet d'usine Monsanto à Malvinas que les Faucheurs ont rallié le site de stockage audois. Au cours de la soirée, notamment marquée par un concert du groupe HK et les Saltimbanks, les Faucheurs français ont pu discuter via Skype avec une des responsables de la lutte en Argentine.

Ce matin, les Faucheurs encore présents sur le site ont notamment empêché l'accès au site d'un camion de livraison. Une façon de dénoncer les actions de la multinationale en Europe, en pointant cette "agro-industrie qui domine le monde et va bientôt le détruire".

Et de rappeler que "la France importe 4,5 millions de tonnes de soja qui vient d'Amérique du Sud. Du soja OGM, arrosé au Roundup, avec lequel on nourrit nos animaux. On est responsable de la modification du système agraire en Amérique du Sud."


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*******24.7.2016********Retour d'AG… Jours de rencontres avec les Faucheurs volontaires

  http://www.ladepeche.fr/article/2016/07/07/2380749-jours-de-rencontres-avec-les-faucheurs-volontaires.html

 Jours de rencontres avec les Faucheurs volontaires
Environnement - En marge de leur assemblée générale
> > La semaine prochaine, les Faucheurs volontaires seront à Foix et à La Bastide-de-Sérou pour trois jours de rencontres organisées en marge de leur assemblée générale. Laquelle se tiendra en Séronais le vendredi 15 juillet.

> > Mais avant cette date, les Faucheurs seront présents sur le festival Résistances, qui débute à Foix ce vendredi. Le collectif participera aux projections de courts-métrages prévues, dans le cadre du Résistances «off», les mercredi 13 (de 14 heures à 15 h 30) et jeudi 14 juillet (de 11 heures à 12 h 30). Des séances suivies de discussions sur les thèmes «Luttes à l'international» (le mercredi) et «Actions et moyens de lutte» (le jeudi).

Dans le festival officiel aussi
> > Enfin, les Faucheurs volontaires participeront également à la rencontre organisée par Résistances, mais dans le festival officiel, autour «De la désobéissance civique appliquée au réel». Un moment d'échanges auquel participera aussi le réalisateur Hervé de Williencourt. Rendez-vous le jeudi 14 juillet, à 17 h 30.

Échanges et concerts à La Bastide-de-Sérou
> > Les Faucheurs prendront ensuite la direction de La Bastide-de-Sérou pour le week-end à l'occasion de leur assemblée générale. Celle-ci débutera le vendredi 15 juillet, à 9 h 30, et permettra de dresser le bilan de l'année écoulée et de faire un point sur «l'actualité OGM».

> > Le public, lui, sera convié, à partir de 14 h 30, à un après-midi autour du dossier, «Des semences paysannes aux semences industrielles manipulées». Cette conférence animée par Patrick de Kochko, membre du réseau semences paysannes (RSP), et des Faucheurs, précédera un diaporama commenté des «Luttes et victoires des Faucheurs volontaires».

> > De quoi emmener le public jusqu'à la soirée festive qui conclura ce troisième jour de rencontres. À partir de 20 h 30, les groupes Grupo Araucaria et Slivo Electric Klub se succéderont sur la scène de l'espace Jean-Nayrou.

> > Ces journées sont bien sûr ouvertes à tous. A noter, cependant, qu'une participation, «libre mais nécessaire», sera demandée pour la journée du vendredi, à La Bastide-de-Sérou.

La Dépêche du Midi
 
 
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Action Monsanto Trèbes (suite de l'AG)...
 
  Dimanche soir 16 Juillet une centaine de Faucheurs(euses) volontaires bloquent et occupent le site de l'usine Monsanto à Trèbes. le collectif a en effet souhaité mettre en lumière les agissements du semencier en Amérique latine. Cette occupation est pour nous un geste fort en soutien aux femmes qui bloquent la construction de la plus grande usine mondiale Monsanto, à Malvinas en Argentine, et ce, depuis 3ans ! Nous souhaitons leur rappeler que le peuple Français est toujours opposés aux OGM qu'ils viennent d'ici ou d'ailleurs, c'est aussi pour ça que les Faucheurs sont aller sur le port de St Nazaire détruire le 2 juillet dernier 3000 tonnes de soja OGM venant d'Argentine, Ce blocage de l'usine de Trèbes a été l’occasion hier soir d'une belle fête, pour célébrer aussi la vie et dire non à toutes formes d'oppressions et violences. Nous avions avec nous comme invité le groupe HK qui a souhaité soutenir cette lutte internationale. Et ce n'est pas sans émotions que nous avons réussi à établir une liaison en direct avec une des Femmes sur le blocage Argentin; sofia Gatica. La centaine de militants à ensuite passée la nuit sur le site et l'occupe toujours à cette heure.(11h Lundi 18 juillet)
Le Collectif des Faucheurs (voir en pièce jointe le communiqué lu en début de blocage)
 
 
> http://france3-regions.francetvinfo.fr/languedoc-roussillon/aude/carcassonne/une-centaine-d-anti-ogm-manifestent-dans-l-usine-monsanto-de-trebes-dans-l-aude-1050467.html

 

http://www.ladepeche.fr/article/2016/07/18/2386663-trebes-les-faucheurs-volontaires-occupent-toujours-l-usine-monsanto.html

http://www.lindependant.fr/2016/07/18/les-faucheurs-volontaires-s-invitent-chez-monsanto,2230883.php

http://www.midilibre.fr/2016/07/18/trebes-les-faucheurs-volontaires-ont-passe-la-nuit-sur-le-site-de-monsanto,1367448.php
 

Sur le site d'inf'OGM :

http://www.infogm.org/5980-ogm-france-occupation-usine-monsanto-trebes?var_mode=calcul
 
 

 

 

l’année du nucléaire

Le 02/07/2016

 

2016 l’année du nucléaire...

 

(Reçu de la coordination www.independentwho.org)

 

 

L’année en cours est propice à remettre le nucléaire au devant de l’actualité. Outre le fiasco des « fleurons » de l’industrie de l’atome, Areva et EDF que l’État doit recapitaliser pour les sauver, nous célébrons les anniversaires des catastrophes toujours en cours de Tchernobyl (30 ans) et de Fukushima (5 ans). Dans ces deux cas la France a une responsabilité et nous avons à rendre hommage aux populations subissant de terribles souffrances. En effet, dans les jours qui ont suivi les explosions des réacteurs, les responsables français de la sécurité nucléaire ont fait pression sur les gouvernements russes et japonais pour minorer la gravité des événements et retarder l’évacuation des populations contaminées en péril. De plus le réacteur N°3 de Fukushima venait d’être chargé avec du combustible au plutonium (MOX) élaboré à Marcoule.

 

 

Une reflexion sur la situation que nous vivons.

Annie et Pierre Péguin, du Collectif Halte Aux Nucleaires Gard (CHANG) et de la Coordination antinucléaire sud-est.

 

30 ans après Tchernobyl, 5 ans après Fukushima, on nous

prépare….à la catastrophe !

 

Autrefois le nucléaire était sûr, depuis peu, et petit à petit on laisse entendre

que la catastrophe est possible. Les installations et les réacteurs vieillissent,

l'argent manque, la sous-traitance est trop présente. De plus le terrorisme nous

expose au risque d’attentat sur un site nucléaire, ou sur un transport de

combustibles radioactifs. L’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) elle même,

inféodée au lobby, prend ses distances et lance des alarmes. La situation est

peut-être plus grave qu’on ne le croit dans un pays verrouillé par le tout

nucléaire électrique et la bombe atomique (mais aussi par le chômage, l'état

d'urgence sécuritaire et le libéralisme triomphant). En Belgique également

l'inquiétude gagne: deux anciens réacteurs fissurés menacent. Quant aux

installations militaires protégées par le secret, on peut s'en inquiéter tout

autant. Pays guerrier, nous risquons de payer cher le fer et le sang que nous

portons en Afrique et au Moyen-Orient.

 

Le danger atomique maintenant avéré, on ne nie pas que nous pourrions avoir à subir les effets d’une catastrophe, et d’ailleurs on nous y prépare. De plus tout est fait pour qu'on ignore les horreurs vécues par les innombrables victimes du complexe militaro-industriel atomique mondial: secret militaire, subordination des médias, trucage des infos, le nucléaire est propre, circulez il n'y a rien à voir…

Les structures internationales chargées de la sécurité nucléaire (la France y est très présente), à la solde des lobbies, veillent à nier que le nucléaire soit mortifère (4.000 victimes de Tchernobyl pour elles, un million pour l'Académie des Sciences de New York par exemple).

 

Mais l'actualité permet de bousculer l'omerta de l'information des grands

médias: catastrophes toujours en cours en Europe de l'est et au Japon où des

millions de personnes condamnées à vivre en zones contaminées en sont

victimes, ; fiasco des « fleurons » de l'industrie de l'atome (chantiers des réacteurs EPR de Flamanville et de Finlande aux coûts faramineux, faillite d'Areva, surendettement d'EDF); concurrence des énergies moins chères en particulier les renouvelables; nécessité pour l’État de dégager discrètement les milliards (nos impôts) nécessaires pour renflouer cette industrie.

On pourrait croire que le nucléaire est condamné, pas sûr du fait de: L'obstination des nucléocrates élevés dans la religion de ses bienfaits et la confiance de nos politiques avides de croissance; la nécessité d'alimenter l'armement atomique gage de la grandeur de la France (nucléaires civil et militaire étant étroitement liés).

 

Aussi, pour faire accepter par la population ce risque terrible, la stratégie du

lobby reste triple :

- Nous convaincre qu’avec 3/4 d’électricité nucléaire, on ne peut pas s’en passer, surtout en en développant l’utilisation massive d’électricité (par le chauffage électrique, la climatisation, et maintenant de la voiture électrique).

- Oeuvrer à ce qu’il n’y ait pas d’alternatives crédibles, on ferme des centrales thermiques, on est à la traîne du développement des énergies renouvelables, de la sobriété et de l’efficacité énergétique.

- Prétendre qu’on peut vivre en zone contaminée, c’est ce que le lobby impose en Biélorussie et au Japon, au mépris de ce que subissent les habitants, et ce pour des générations. Il s’appuie pour cela sur des études menées en Biélorussie financées par l’Europe et la France (Ethos, Core, etc).

 

Les citoyens manifestent, et les gouvernements voisins réagissent : la Suisse

s'inquiète des dangers que fait courir la centrale de Bugey (une plainte est en

cours), l'Allemagne demande l'arrêt de Fessenheim, et le Luxembourg propose

même l’aumône de financer l'arrêt de Cattenom…. La France de plus en plus

isolée dans son choix de la plus mauvaise solution pour faire bouillir l'eau nécessaire à la production d'électricité.

L’Europe pourrait être confrontée au risque nucléaire le plus grave depuis Tchernobyl, et Euratom (L'entité de la Commission européenne qui a pour objectif de promouvoir à tous prix le nucléaire à l'échelle européenne) a fixé des limites particulièrement laxistes sur

les aliments commercialisés en cas d'accident nucléaire. Un règlement scandaleux sera imposé à tous, conçu pour minorer le coût pour les Etats, au détriment de la protection des populations. La Criirad a lancé une campagne de mobilisation contre ces normes ; pour Roland Desbordes une hécatombe se prépare. "Alors que personne n'était prêt en 1986, aujourd'hui on sait, et c'est alors beaucoup plus grave" .

Dans le même temps il est prévu de limiter l’évacuation des zones touchées à 5 kms autour de l’accident, tout simplement parce qu’on n’aurait pas les moyens de prendre en charge les centaines de milliers d’habitants concernés.

L’armée sera chargée de gérer les flux de populations cherchant à fuir, seule solution de survie. De même on ne distribue les pastilles d’iode(1) que dans un rayon de 10kms autour des centrales, alors que les pathologies de la thyroïde dues à Tchernobyl se sont développées à des milliers de kilomètres.

 

Dès maintenant des études indépendantes montrent que l’ADN de tout le vivant est touché et annoncent un nombre effrayant de victimes (2). Les dégâts de l'atome nous permettent d’en parler comme d’un crime contre l’humanité qui devrait être jugé comme tel.

Ce choix mortifère menace la population très dense de l’Europe occidentale, il faut arrêter la production nucléaire d'électricité(3) et renoncer à l'armement atomique.

 

 

(1) Rappelons que les pastilles d'iode n'ont pour but que de saturer la thyroïde avant la

contamination par de l'iode radioactif. Cela ne protège en rien l'organisme contre la multitude

de radioéléments subis en cas de catastrophe. De plus il faut que cet iode soit absorbé avant

d'être touchés par la radioactivité. Autant dire que faute de temps c'est quasi-impossible dans

le rayon de 10 kms. …. D'un accident au coeur de la France, peu de gens échapperont à la

contamination et à ses dégats.

(2)Recommandtions 2003 du Comité Européen sur le Risue de l'Irradiation (CERI)

(3)Outre un programme exigeant de réduction de la consommation d’électricité, il faudra

brûler des hydrocarbures dans les centrales thermiques en attendant que les renouvelables

prennent le relais. La part du nucléaire dans la consommation totale finale d’énergie en France

étant inférieure à 15 % (dans le monde 2 %), l'augmentation d'effet de serre due à l’arrêt serait

modeste -compensable d'ailleurs par des mesures de sobriété.

 

 

 

Et de la lecture :

Nucléaire: la vérité officielle est trompeuse :

La Comédie atomique. L’histoire occultée des dangers des radiations, parYves Lenoir, La Découverte, 320 p., 22 euro

 

dont voici un commentaire intéressant :

 

8 mai 2016 | Par Jade Lindgaard

https://www.mediapart.fr/biographie/jade-lindgaard

 

Les instances internationales de radioprotection, chargées de protéger les populations des dangers de la radioactivité, minimisent les risques et les dégâts des activités nucléaires : c’est ce qu’affirme Yves Lenoir dans un livre, en cette année de double anniversaire de catastrophe

atomique.

 

Quel est le bilan humain exact des accidents de Tchernobyl et de Fukushima ? À cette question, il n’a jamais été possible de répondre.

Parce qu’il est difficile d’isoler les causes de décès et de maladies des personnes. Mais aussi parce que les instances internationales de radioprotection, chargées de protéger les populations des dangers de la radioactivité, n’ont pas mis en place les outils de recherche nécessaires. Plus grave, elles ont fixé des seuils d’exposition « tolérable » aux rayons ionisants supérieurs aux valeurs préconisées par une partie des médecins. Ces valeurs de référence ont été utilisées par les gouvernements lors des catastrophes de Tchernobyl, en 1986, mais aussi de Fukushima en 2011.

 

C’est ce qu’explique Yves Lenoir dans son livre /La Comédie atomique, l’histoire occultée des radiations/ (La Découverte). L’auteur n’est ni épidémiologiste, ni médecin. C’est un ingénieur, expert en déchets radioactifs depuis le lancement du programme électronucléaire français dans les années 1970.

 

Yves Lenoir ne cache pas son opposition à l’usage de l’énergie nucléaire pour ses applications militaires et civiles. Mais en quarante ans de recherches sur les effets des radiations, il a accumulé une quantité impressionnante d’archives, de témoignages et de documents sur les pathologies et les souffrances endurées par les liquidateurs de Tchernobyl, les habitants de sa région, et en particulier les enfants.

– il préside l’association Enfants de Tchernobyl Belarus. C’est le point de départ de son ouvrage, qui tente de remonter le fil de l’occultation de cette tragédie, jusqu’aux plus hautes instances d’une bureaucratie internationale inconnue du grand public.

 

Son livre est une enquête historique détaillée sur la création, puis le fonctionnement en toute opacité, dans une culture persistante de l’entre soi, des instances internationales de radioprotection, placées sous l’égide de l’ONU. Il fait aussi l’hypothèse d’un imaginaire de la radiation, commun aux concepteurs de l’armement nucléaire (depuis le Manhattan Project dans les années 1940) et aux promoteurs de son utilisation en médecine et en production d’électricité. Il s’en explique dans cet entretien vidéo réalisé à Mediapart le 4 mai 2016. https://youtu.be/CasxZrxUNEo.

 

 

 

Et dans le Nouvel Obs, cette chronique d’Anne Crignon

Nucléaire : déni et mensonges d'Etats

http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20160504.OBS9824/nucleaire-deni-et-mensonges-d-etats.html

 

 

Le nucléaire est un danger pour l’humanité. Trois livres bien informés bousculent le mythe de l’atome sous contrôle.

 

Une fois survenue, toute catastrophe nucléaire tend vers l’infini. C’est la morale de Tchernobyl. Des dizaines de milliers de liquidateurs, ces travailleurs chargés de «liquider» les conséquences de l’accident, sont morts. D’autres mourront. Le site posera problème pendant des ­milliers d’années. On invoque «les trente ans de Tchernobyl» comme on célébrerait un événement de l’histoire ancienne, mais trois essayistes prennent la plume contre l’illusion qu’un désastre nucléaire est réparable.

 

L’historienne Galia Ackerman a voyagé dans la zone interdite, et le journaliste Arnaud Vaulerin a rencontré «les humains jetables» de Fukushima, sacrifiés eux aussi. L’ingénieur Yves Lenoir, membre en 1974 et 1975 d’un groupe interministériel sur les déchets radioactifs, publie trois cents

pages méticuleuses sur l’histoire des rayons depuis 1895 et la façon dont les dangers ont été savamment minorés pour servir «l’entrée de l’humanité dans l’âge de l’énergie atomique».

 

L’auteur commence par pilonner la distinction atomique/nucléaire qui fut introduite dans les années 1950 et les esprits pour défaire le lien entre la bombe et l’énergie nucléaire. Les centrales sont bel et bien ­atomiques.

Tout est fait pour le faire oublier, depuis l’accident d’octobre 1957 dans le nord-ouest de l’Angleterre, quand un réacteur de Windscale s’est enflammé, diffusant son iode radioactif jusqu’en Norvège.

 

Pour sauver la réputation de l’atome civil, l’OMS invente alors les cinq piliers de la communication de crise, toujours en vigueur: le déni (accident pas si grave, tout va s’arranger), les mensonges sur la santé (la peur d’avoir été irradié induit plus de maladies que l’irradiation elle-même), le dénigrement de la pensée humaniste, la rétention d’information, la saturation de l’espace médiatique.

 

Du côté de Tchernobyl, aujourd’hui, on court le risque de faire la soupe avec des champignons qui, en France, seraient stockés dans une alvéole bétonnée. Une altération de la fonction cardiaque apparaît, d’autant plus grave que la contamination par le césium 137 ingéré est élevée. L’insolite

est inquiétant. Du blé pousse, d’un genre disparu depuis l’Antiquité.. On voit des oiseaux atteints de cataracte devenir aveugles et mourir de faim.

 

Le mythe de l’atome radieux”

 

En Russie, Ukraine et Biélorussie, les enfants nés quinze ans après l’accident sont fragiles: leurs parents leur ont transmis des systèmes immunitaires affaiblis, et l’instabilité génomique (les erreurs de réplication dans l’agencement des chromosomes) va augmentant, génération après génération. Partout, des chercheurs indépendants font un tout autre constat que celui des institutions de l’orbite onusienne comme la Commission internationale de Protection radiologique (CIPR), qui ont organisé le déni autour de Tchernobyl et tenté de sauver «le mythe de l’atome radieux», pour

reprendre la formule d’Arnaud Vaulerin dans son livre sur Fukushima.

 

Depuis mars 2011, 45 200 nettoyeurs sont passés sur le site. Ils charrient des tonnes de terre pour la mettre dans des sacs, entassés par milliers, et, «jour et nuit, s’efforcent de maintenir à flot ce Titanic atomique en jouant au chat et à la souris avec les sieverts». Un été, l’un d’eux qui étouffait dans sa combinaison à 45 °C a vu deux camarades mourir d’un arrêt cardiaque. Un autre s’est irradié le pénis avec ses gants en allant uriner – pour régler le problème, certains ouvriers portent des couches.

 

Les deux tiers ont un salaire minable, sans rapport avec la dangerosité de la mission, 837 yens de l’heure (6 euros). Huit cents sociétés travaillent sur le site et emploient chaque jour 7 000 ouvriers. Dans «ce Far West de la décontamination», à peine 10% de la main-d’œuvre est formée pour le

nucléaire, tant pis pour le rafistolage. En France, les élus travaillent-ils à prévenir l’accident dans nos centrales vieillissantes ?

 

Traverser Tchernobyl <http://tempsreel.nouvelobs.com/tag/tchernobyl> , par

Galia Ackerman, Premier Parallèle,

 

La Désolation. Les humains jetables de Fukushima

<http://tempsreel.nouvelobs.com/tag/fukushima> , par Arnaud Vaulerin,

Grasset,

 

La Comédie atomique. L’histoire occultée des dangers des radiations, par

Yves Lenoir, La Découverte

 

Rajout Juillet :

http://www.mcca-ain.org/

http://www.nanodata.com/sdn76/

https://burezonelibre.noblogs.org/

 

Tout l'été ça chauffe

http://vmc.camp/

 

 

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